Les grands films meurent aussi. Qu’est-ce qu’il reste de Sabrina, soixante-dix ans après ? Pas grand-chose. Un Billy Wilder feignant, avec pourtant la crème de l’époque : Bogart, Holden et bien sûr Audrey Hepburn.
L’intrigue déjà ne tient pas la route, trop mollement traitée par Wilder. En gros, une histoire de Cendrillon 50s. Audrey Hepburn est la fille du chauffeur d’une grande famille de richards de Long Island. Elle est amoureuse du cadet (Holden), un playboy qui enchaîne les mariages et ne la regarde même pas. La jeune ingénue tente de se suicider, mais finit par aller à Paris pour (sic) apprendre la cuisine. Elle revient transformée en icone de l’élégance parisienne. Le bon vieux temps où la France rayonnait !!
Le playboy tombe immédiatement amoureux d’elle. Pas de chance, on est à l’aube d’un mariage qui arrange les affaires de la famille : en gros, le roi du vitrage épouse l’héritière du roi du plastique.
L’ainé, que rien n’intéresse à part diriger l’entreprise familiale (Bogart), prend l’affaire en mains. Il se dévoue pour sortir la belle et la réexpédier manu militari à Paris. Evidemment, in the process, il tombe amoureux d’elle.
Comédie amère ? Tragi comédie sociale ? Billy Wilder ne sait pas trop où il habite (c’est son dernier film à la Paramount, ceci expliquant peut-être cela) et les acteurs mâles cachetonnent, tandis qu’ Audrey Hepburn tente de jouer. Nous tenons cette information de Notre Dame de Nazareth : a-t-elle jamais interprété un grand rôle ? A part My FairLady, dans le panthéon personnel du Professore Ludovico, on ne voit pas. Elle tient sa place, mais uniquement grâce son incroyable beauté, son charme discret, et le modernisme de son look (entourée de grands couturiers et bijoutiers) qui l’érige en icône de la mode.
Elle l’est encore aujourd’hui. Il y a pire comme destin.
