dimanche 1 novembre 2009


Démineurs
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Kathryn Bigelow a un parcours exceptionnel à Hollywood : femme réalisatrice (il y en a peu), de films d’action à gros budget (il y en a très peu), qui ont tous un petit supplément d’âme. Kathryn Bigelow est unique, avec un parcours jusqu’ici sans faute. Il fallait bien un jour trébucher. C’est chose faite aujourd’hui avec Démineurs, un film le cul entre deux chaises, un film de guerre très fort, et qui pourtant n’émeut pas…

Voulant rompre avec le modèle Hollywoodien qui lui avait pourtant réussi (Point Break, K-19), les stars hard-boiled qui avait fait son succès (Harrison Ford, Jamie lee Curtis, Patrick Swayze), une certaine façon classique de filmer (Le Poids de l’Eau), Kathryn Bigelow s’égare avec Démineurs, qui sacrifie à la mode de la caméra portée, du film sans histoire, des personnages aux motivations vagues. On veut se la jouer cool, avec un sujet hot, et on ennuie son monde.

Il y a pourtant la matière, et les thématiques favorites de madame Bigelow : des mecs virils (quoi de plus couillu qu’un démineur ?) risquent leur vie en Irak, pour une guerre qu’il ne comprennent pas, et pour sauver des gens qui ne les comprennent pas. Pourtant, ils en redemandent, car, comme le dit pompeusement le générique : La Guerre est une Drogue. Toute ressemblance avec la guerre du Vietnam, mais surtout les films sur le Vietnam, n’est pas fortuite.

Car la génération actuelle n’arrive pas à trouver le film qui définira une génération : Jarhead surfait sur Apocalypse Now et Full Metal Jacket, et Voyage au Bout de l’Enfer, sans jamais vraiment choisir. Démineurs fait de même, dans un style pseudo journalistique…

Côté motivation des personnages, on ne saura rien, sinon que « La Guerre est une Drogue ». L’arrivée d’Evangeline Lilly en femme à soldat au dernier tiers du film, n’apportera aucun éclairage sur les motivations du sergent James (ce que Jarhead essayait de faire, en revanche…)

Au final, le film se laisse voir, mais on attendait mieux de Madame Point Break.


Un commentaire à “Démineurs”

  1. CineFast » Zero Dark Thirty écrit :

    […] ce défi pourtant que relève Bigelow, qui depuis Démineurs réinvente son cinéma. Après avoir été le parangon d’un cinema hard-boiled avec un cerveau […]

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