À chaque fois, je remets ça
À chaque fois, ça recommence
Rien ne change, c’est ce que chantait Catherine Ringer. Rien ne change non plus dans la feuille de route du biopic. Reconstitution parfaite, acteurs énormes (Russell Crowe, Rami Malek), seconds couteaux vus chez les meilleurs (Mad Men, Halt and Catch Fire, For All Mankind…), chef op de luxe (Dariusz Wolski) et manuel du scénario en guise de viatique.
C’est-à-dire : créer des enjeux dans un film qui n’en a pas. Les nazis sont la pire des racailles, ils seront tous pendus haut et court, il n’y a pas photo. Donc il faut donc créer un faux enjeu, de faux personnages, pour créer une fausse identification, outil indispensable pour raconter une histoire. Et c’est là qu’on entre dans l’innommable, au rayon du cinéma des idiots, de Giannoli à Jimenez.
Faire d’Hermann Göring un gars relativement sympathique, s’apitoyer sur les malheurs de sa femme et de sa gentille petite fille, dans une guerre qui a fait soixante millions de morts, c’est obscène. Rien à voir avec le Hitler de La Chute, qui rendait le führer humain, mais détestable.
Dans le système très éprouvé du biopic, on met évidemment dans la balance, de façon ultra pédagogique, les images des camps d’extermination. Bien sûr, James Vanderbilt n’est pas antisémite. Ça ne l’empêche pas d’être un Idiot de Cinéma. Et quand il s’essaie à faire du Rob Reiner en copiant la scène finale Des Hommes d’Honneur « You can’t handle the truth », il lui manque un scénariste, car les dialogues sont pitoyables. Pour un gars qui a écrit Zodiac, c’est dommage.
Nuremberg est un donc un magnifique docudrama, parfait pour une soirée « Devoir de Mémoire » sur France 2.
Mais de film, il n’y a pas.
