mercredi 13 mai 2026


Conclave
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Ralph finesse. On oublie – parce qu’il est discret – que Ralph Fiennes est un très grand acteur. On sait qu’il a commencé comme la pire ordure au monde, le terrible Amon Göth dans La Liste Schindler, un rôle qui aurait tué bien des carrières. Mais depuis, il a tout fait, ou presque : Le Patient Anglais, John Steed dans le très mauvais remake de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, un tueur en série dans Dragon Rouge, Voldemort ou Hadès, bossé chez James Bond ou Wes Anderson, joué un réalisateur très affecté chez les Coen dans Ave César

Ici, il campe un cardinal compassé dans Conclave. Un « administrateur », selon ses propres termes, chargé, à la mort du souverain pontife, d’assurer le conclave qui va désigner son successeur.

Le film reconstitue avec réalisme cette opération. Edward Berger, qu’on a connu moins fin dans le remake de A l’Ouest Rien de Nouveau, pilote dans un classicisme de bon aloi cette adaptation du livre de Richard Harris. Il suit les méandres de cette élection si mystérieuse, ces 103 cardinaux servis par quelques bonnes sœurs qui doivent élire le nouveau pape en restant confinés pendant des jours dans la Chapelle Sixtine. Chacun prétend ne pas vouloir accéder à la candidature suprême et pourtant rêve de devenir le nouveau vicaire de Christ.

Fiennes incarne parfaitement ce cadre sup du catholicisme, tiraillé entre sa foi vacillante et ses compétences de diplomate, assurant avec un rare sens moral la mission qui lui a été confiée.

Le thriller monte lentement, car même confinés, l’extérieur, le monde est là, et il intervient dans les débats : sexualité, islamisme, progressisme et traditionalisme…

Tout cela est assez passionnant, jusqu’à la surprise finale, qui gâche un peu le plaisir en violant la Loi d’Olivier. La fameuse loi qui dit que l’auteur ne peut pas être le Dieu omniscient de son univers. En effet, aucun indice n’est laissé au spectateur qui permette de deviner le final. D’où l’impression (même si moralement, c’est une belle fin) de s’être fait un peu escroquer…