On cherchait un successeur à Michael Bay, et on l’a peut-être trouvé dans la personne de Chad Stahelski, ancien cascadeur de Matrix reconverti cinéaste fluorescent par la grâce de Keanu Reeves.
On a fini par se résoudre, sous le doux lobbying des Hellogeekettes, à regarder premier épisode de la franchise. Question de crédibilité cinématographique pour le Professore Ludovico.
On n’est pas déçu : John Wick est magnifique, beau et con à la fois, comme un bon Michael Bay. Le pitch à lui seul est digne de Pétrarque : le pauvre John vient de perdre sa femme, elle lui avait offert un chien avant de mourir. Un voyou russe lui vole sa bagnole et tue le chien. Deux bonnes raisons de se venger, et c’est parti pour une heure trente-sept minutes de bastons chorégraphiés, fusillades dantesques et cascades de bagnole. Ça sent pas le Bourdieu, ni la morale à deux balles…
Tout cela est éclairé comme la Sainte Chapelle par Jonathan Sela, avec une DA de toute beauté ; ambiance vertes, bleues, violettes, parsemées ici et là de taches de couleur. Tout simplement magnifique.
Mais le vrai génie de John Wick, c’est de savoir où il habite ; sa force, d’être pile au niveau où il prétend être : pas un film prétentieux, mais bien un pur divertissement totalement assumé.
Ça donne immédiatement envie de voir la suite.
