dimanche 2 novembre 2008


Demonlover
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

Assayas, c’est une sorte de caricature Inrocks : musique de Sonic Youth, narration cyberpunk, mise en scène lysergique, et casting beautiful people (Connie Nielsen, Chloe Sevigny, Gina Gershon).

Eh bien bizarrement, la premier moitié du film est séduisante, dans sa description glacée du capitalisme moderne : business class, Evian, et amphétamines. On finit par trouver crédible (et terrifiant) le golden boy Charles Berling, et ces histoires de rachat de sites pornos japonais.

Mais la deuxième partie enfonce inexorablement le film : rebondissements incompréhensibles, violence injustifiée, et conclusion moralisatrice à deux balles (qui vit de l’épée périt par l’épée). Pire, on découvre l’incroyable naïveté d’Assayas sur son sujet (le porno SM, c’est pas bien !)

Ce film n’a que 6 ans, et il est déjà vieux…




dimanche 2 novembre 2008


Coluche, l’Histoire d’un Mec
posté par Professor Ludovico dans [ Brèves de bobines -Les films ]

Antoine de Caunes est un garçon sympathique, mais ce n’est pas un cinéaste. Son film est sympathique lui aussi, mais ce n’est pas du cinéma. C’est plutôt une suite d’images, au demeurant bien faites, une « illustration » de cette période particulière de notre histoire où un seul comique fit peur à toute notre classe politique. Est-ce la fonction du cinéma que d’ « illustrer » ? Sûrement pas.

On a l’impression, parce que le film est bien fait, bien joué, que de Caunes n’est pas allé assez loin, qu’il aurait pu creuser les thèmes qu’il aborde (Coluche manipulé par le PS, Coluche abandonné par sa femme pour ses excès, Coluche le comique face au sérieux de la politique). Il y avait là des potentialités, mais elles ne sont pas exploitées. Dommage.




samedi 1 novembre 2008


Le « pauvre » cinéma français face à l’Ogre Américain
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Pour en finir avec ... ]

Il est une légende française bien répandue, et qu’il nous plait beaucoup à CineFast de démolir : celle du pauvre cinéma français, qui manque traditionnellement de moyens, face au bulldozer américain, qui lui « aurait tout ». Comme si le cinéma n’était qu’affaire de gros sous ! On le sait, pour n’observer que la planète Hollywood de notre petit observatoire, que c’est déjà faux : un Lynch de 15M$ vaut souvent mieux que trois blockbusters à 100M$. C’est l’équation que cherche à résoudre au quotidien les executives d’Hollywood ; trouver la formule, le coup sûr ! Julia Roberts+George Clooney+le réalisateur qui monte+le mec des effets spéciaux de matrix+la BO de Britney Spears, ben oui, mais ça marche pas ; quoiqu’on en dise, le cinéma reste un art, avec son lot de ratés, et aussi sa magie.

Juste deux chiffres pour illustrer ce faux débat (© FrameKeeper) : deux films sortis en 1995 : à ma droite, Usual Suspects, blockbuster américain virtuose, superbe musique, comédiens excellents, action, suspense. A ma gauche, Le Garçu, de Maurice Pialat, drame intime à la française, Depardieu, Géraldine Pailhas, et une cuisine et une salle de bains.

Budgets : Usual Suspects 6M$, Le Garçu, 10M€.

Je ne comparerai pas les box offices respectifs, parce qu’évidemment, ce n’est pas le même cinéma, la même ambition, le même public. Disons simplement que Usual Suspects est, et reste un énorme succès public et critique, et que Le Garçu fut un succès critique et un échec public. On peut même dire que c’est un film quasi oublié aujourd’hui, ce qui n’est pas le cas de tous les Pialat. Mais là n’est pas la question : derrière l’argent, où est le travail ? La créativité ? Avec 6M$, la production des Suspects tire le meilleur de cet argent, en termes de talents : scénariste, décorateur, musicien, acteurs… mais où sont les 10M€ du Garçu, à part dans la poche de Gérard ?

Ce qui est intéressant, ici, ce n’est pas un échec, mais bien que les moyens existent dans le cinéma français, il y a de l’argent, et notamment l’argent de l’Etat, notre argent. La question, c’est comment est-il employé ? Qu’en fait-on ? Pour éviter, à l’avenir, l’argent fainéant, comme ici…

PS Dans la série « Les Chiffres Qui Font Plaisir », il y a aussi ça.




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