mardi 10 mai 2011


Battlestar Galactica gagne la finale
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Voilà, c’est fini. On tant ressassé les mêmes mélodies… Battlestar Galactica (BSG pour les intimes) s’est clos sur cet épisode interminable (deux heures et quelque, sans compter les sauts spatio-temporels), à l’image de cette quatrième et ultime saison, un peu longuette elle aussi.

BSG meurt comme elle a vécu : un anti-Lost. Une série ambitieuse, mais mal faite, versus une série parfaite, mais sans aucune ambition.

Mal faite, Battlestar Galactica l’est assurément, from Day One. Sans unité graphique (des épisodes sublimes, d’autres carrément flous), sans dramaturgie solide, sans suivi, le Battlestar de l’Amiral Adama a fini par d’échouer dans les marais des séries. La quatrième saison est à cette image : trop longue, cacophonique, au genre oscillant, à la trame hésitante. Pire, Ronald D. Moore donne parfois l’impression de s’attaquer à l’Himalaya avec un piolet, c’est à ça qu’on reconnaît les cons, ils osent tout.

Dans cette hypothèse, Moore est le plus gros con que la terre des séries ait porté : il ose absolument tout. Le mélo, la bataille spatiale, le combat de rue, la citation dylanienne, le débat philosophique, l’exégèse religieuse, l’herméneutique paléolithique, rien ne l’arrête. Mais voila, BSG a beau être mal faite, mal jouée, brumeuse et trop longue, la série – et ses personnages magnifiques – ont accumulé un tel capital de sympathie qu’on leur pardonne tout.

Ronald D. Moore a aussi le génie, et ce n’est pas du tout négligeable – à l’aune de toute l’histoire de la télé – de proposer une solution très originale à son postulat de départ. Trouveront-ils la Terre ? Beaucoup auraient répondu bêtement à cette question eschatologique. Par un procès (X Files). En pétant le bouzin (Le Prisonnier). La Vie, la Mort et le Reste (Lost).

Non, Moore s’est au contraire creusé la tête pour trouver autre chose, que je vous laisse découvrir. Une conclusion originale, ambitieuse : à l’image de la série, donc. Mieux, il prend son temps pour l’exposer, cette solution, alors que beaucoup aurait torché le final en cinq minutes.

Tout ça pour dire qu’il sera beaucoup pardonné à BSG, qui restera comme un événement, tant télévisuel que SF : une série aura prouvé, après toutes ces années de disette, qu’on peut faire intelligent à la télé, intelligent avec de la science fiction, intelligent avec peu d’argent, et même avec peu de talent. Regarder BSG reste donc un must, quatrième saison comprise.

C’était le Professor Ludovico, reporter embedded à bord du Battlestar Galactica. A vous Caprica…




lundi 9 mai 2011


Le Jour le Plus Long
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films -Pour en finir avec ... ]

Enfant, j’ai trois souvenirs de cinéma : le premier, c’est Les Aventures de Bernard et Bianca, en salle – à Paris ! – avec mon parrain et ma marraine. Ensuite c’est Cléopâtre, à la télé, alors que j’étais censé être couché. Et ensuite, c’est les films de guerre, avec papa, au cinéma de Dourdan.

Probablement qu’il ne se forçait pas trop pour y aller, mais il n’en demeure pas moins qu’il m’a emmené en voir beaucoup : Le Pont de la Rivière Kwai, Les Canons de Navaronne, et Le Jour le Plus Long. C’est à mon tour, maintenant, de montrer le film de Daryl Zanuck, au Professorino. Je ne me force pas trop non plus.

Avouons-le, Le Jour le Plus Long est un film nul. Ce qui passe dans le livre (une suite d’anecdotes tour à tour croustillantes ou émouvantes) ne passe pas du tout en film. Pas de début, pas d’enjeux, pas de fin. Juste un défilé insupportable de cabotinages anglo-américano-franco-allemands.

Et surtout, une belle dose de propagande yankee.

Dans le film, les allemands sont bêtes, disciplinés, et antinazis évidemment (Guerre Froide oblige, il faut se réconcilier avec l’ennemi d’hier, qui gardent maintenant le Rideau de Fer). Les allemands n’ont pas prévu le débarquement, les allemands sont mal organisés, les allemands ne veulent pas réveiller le Führer.

Rien n’est moins vrai, bien sûr. On sait aujourd’hui que les allemands se doutaient d’un possible débarquement en Normandie, mais qu’ils n’y ont pas cru le 6 juin, et que leur objectif principal était de rejeter les alliés à la mer, ce qu’ils ont failli faire. Car contrairement à la légende propagée par les films américains des années 60, les allemands se sont battus avec courage et acharnement. Pendant tout le mois de juin dans le bocage, ils ont infligé de lourdes pertes aux anglais et aux américains, et désorganisant gravement le ravitaillement allié.

Ça, évidemment, Le Jour le Plus Long n’en parle pas, tant il se concentre sur l’enfilage de perles, c’est à dire les actions héroïques isolées. Ainsi les français (Bourvil, Jean-Louis Barrault, George Wilson) sont résistants et concons, les anglais, courageux mais un peu coincés, les écossais têtes brûlées, les portugais sont gais, les espagnols sont gnols…. et les américains… courageux et cools. On mâche du chewing gum, on balance des vannes (John Wayne, Mitchum), et surtout : on n’attache pas son casque !! Sommet de la coolitude ! Si j’ai appris quelque chose dans les cinquante semaines que j’ai passé dans cette vénérable institution qu’est l’armée francaise, c’est qu’on attache son PUTTTTAAIN de casque !

Moralité, le gratin d’Hollywood passe trois heures à mettre son casque, enlever son casque, ramasser son casque, remettre son casque… Rires garantis…

Passez donc votre chemin, même si, comme moi, la nostalgie vous y a poussé.




dimanche 8 mai 2011


Zack et Miri Tournent un Porno
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Avec Zack et Miri Tournent un Porno, c’est encore l’occasion pour le CineFaster de s’interroger sur les mystères de la psyché américaine. Encore plus ici, apparaît le paradoxe entre hypersexualité et puritanisme, le duo infernal qui semble irriguer le cinéma américain et, partant, la société US. Ce n’est pas un scoop de dire que si la violence est omniprésente dans le cinéma US, à un niveau quasi pornographique, le sexe y est cruellement absent. (Voir ci-dessus, chronique à venir)

Pitchons Zack et Miri Tournent un Porno : deux colocs : un canon laser, Miri (Elisabeth Banks), et un gros nounours, Zack (Seth Rotgen) se partagent un misérable appartement près de Pittsburgh, et tentent, en vain, de joindre les deux bouts, dans toutes les acceptations possibles. Mais évidemment, ils sont amis, et même si Zack entreprendrait bien Miri, elle ne rêve que de retrouver son amour de collège.

Deux événements vont résoudre tous leurs problèmes : 1/ lors de la Fête des Anciens, ils retrouvent l’ex amour de Miri… Qui est gay ! Pire, star du porno gay. 2/ Miri se fait filmer en petite culotte, à son insu, par deux ados. La vidéo fait évidemment le tour du Net. Aussitôt dit, aussitôt fait, profitons de cette nouvelle et involontaire célébrité, tournons nous aussi un film de fesses pour payer les factures ! Mais est-ce si facile de s’exposer, surtout qu’évidemment, ces deux-la s’aiment, et vont le découvrir ?

Jusque là, le film est une friandise : Kevin Smith est à son meilleur, dans la description chaleureuse de ses losers de la cote Est, une misère américaine qu’il connaît et décrit si bien, à la Springsteen. Smith sait écrire des dialogues réalistes et saignants, graveleux et drôles, il dépasse tout le monde dans ces cas-là. Il sait aussi être subtil quand il le faut. Une sorte de John Hughes pour adulte.

Mais les valeurs américaines, telles la gravitation universelle, le rattrape pile à ce rte apogée, et le film ne fera plus que descendre la pente. Effaré devant tant d’audace, (frontal nudity et F Word), Smith recule. Zack et Miri Tournent un Porno devient alors gnangnan. Si on s’aime, on fait l’amour : rien à voir avec le sexe, donc. Le film devient sage comme ses héros et donc très ennuyeux. Il reste quand même de beaux moments et de belles performances d’acteurs, et Banks comme Rotgen ont de beaux jours devant eux.

Kevin Smith, quant à lui, reste un talent incroyablement gâché : depuis le formidable Clerks, découvert grâce aux Weinstein Brothers (producteurs fidèles, jusqu’à ce Zack et Miri Tournent un Porno), le Jersey Boy n’a fait que gâcher son talent : Mallrats, Silent Bob Strike Back, Jersey Girl, ahurissant mélo avec Jennifer Lopez et Ben Affleck. Seules subsistent quelques scènes de Dogma et un diamant noir : Méprise Multiple, sur les amours contrarié d’un dessinateur de comics (Ben Affleck) et son équivalent lesbien (la merveilleuse Joey Lauren Adams). Chasing Amy, en toute logique, n’est disponible qu’en téléchargement illégal.




vendredi 6 mai 2011


Apocalypse, enfin Now!
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Pour en finir avec ... ]

J’ai failli attendre, comme disait Napoléon ou Louis XIV à je ne sais plus qui. Mais voilà : Apocalypse Now!, pas Redux, est enfin disponible ! Le chef d’œuvre de Coppola, le seul, l’unique, et aussi l’unique objet de mon ressentiment, car l’auteur du Parrain nous a joué une mauvaise farce. Voyant son ex-ami George Lucas (ex-ami, depuis que Coppola s’est foutu de sa gueule en créant, dans Apocalypse Now! – justement -, le personnage du foutraque Colonel Lucas, joué par… Harrison Ford), son ex-ami, disais-je, se faire des Etoiles Noires en platine avec son Star Wars’ Director’ cut, Coppola décida d’en faire autant avec son diamant vietnamien.

Las ! Ce diamant était déjà très pur, et difficile à tailler (ce qui n’était pas compliqué avec Star Wars : gnark ! gnark!) Apocalypse Now! Redux fut donc la daube que l’on sait : complexité pour rien (le monologue lourdement explicatif de Brando, in extenso), élargi sans raison (les scènes interminables dans la plantation française), changeant même de sens (Willard devenant un sympathique voleur de surf), bref une perversion totale de l’équivalent cinématographique du Voyage au Bout de la Nuit.

Pour vingt quatre malheureux euros (ça fait combien en francs, mademoiselle Le Pen?), vous disposerez donc d’un Blu-ray d’Apocalypse Now! Redux (vous pouvez l’offrir à quelqu’un qui n’aime pas le cinéma), un livre sur « les secrets du tournage » (idem), et surtout deux trésors absolus : Apocalypse Now!, l’unique, et Heart of Darkness, a Filmmaker Apocalypse, le seul veritable making of que je connaisse, réalisé par madame Coppola elle-même. Un doc à ne rater sous aucun prétexte : l’infarctus de Martin Sheen, les délires de Brando, Coppola baisant les Playmates, l’équipe qui carbure au défoliant, tout y est.

Seul problème : je n’ai pas de Blu-Ray.




jeudi 5 mai 2011


La phrase du jour
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens ]

Christoph Waltz, acteur génial d’Inglourious Basterds et du Village Français, interviewé dans Libé sur De l’Eau pour les Éléphants, descend en flamme les making of : « Quel que soit le spectacle, il ne faut pas montrer les coulisses. Jamais. Ce n’est pas l’affaire du spectateur. Il faut que cela reste un secret. Je ne regarde jamais les bonus d’un DVD. D’ailleurs, j’appelle ça les «malus»… »

On est d’accord.

A ajouter à une longue litanie, peu écoutée malheureusement, des contempteurs de Making Of : Kubrick, qui expliquait ne pas donner d’interview pour ne pas devenir un médiateur entre l’œuvre et son public, Lynch, qui dit « filmer ses rêves, et rien d’autre » (une bonne façon de se foutre du monde), ou la phrase immortelle de Cathy Deneuve, que l’on questionnait sur ses conflits avec Lars von Trier sur Dancer in the Dark : « On ne demande pas à une danseuse si elle saigne des pieds. »

On t’aime, Catherine.




mercredi 4 mai 2011


Grease
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

Le croirez-vous ? Je n’ai pas vu Grease à sa sortie ! Trop occupé à découvrir le jeu de rôle, Star Trek et Stanley Kubrick, je n’avais pas une minute à moi en 1978. Et j’ai comblé cette terrible lacune hier soir. Sentence du Professorino : « Ça a pas l’air de te plaire, Papa ! »

Tu m’étonne John ! Voir des acteurs vulgaires chanter du pseudo rock fifties alors que sur mon disque dur m’attend Zack et Miri tournent un Porno, il y a de quoi rager.

Rien à garder dans ce navet dont on a du mal à imaginer qu’il fut un véritable phénomène générationnel, le disque tournant en boucle dans les boums.

Ce qui devrait mettre un peu d’humilité à ceux qui croient dur comme fer qu’Avatar sera toujours aussi génial dans vingt ans.

Patience.




lundi 2 mai 2011


Scream 4
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Ça avait mal commencé : Champs Elysées dégueulasses (bouteilles de coca, clodos, la Plus Belle Avenue du Monde parait-il ?), l’UGC Georges V à l’avenant : chiottes cassées et odeur de melon pourri dans la salle, quasi vide en ce dimanche après-midi, pour Scream 4.

C’est dans ce genre de situation que l’angoisse taraude le CineFaster : et si Scream 4 était une daube intégrale ? Je vois bien ce qu’a d’incongru ce genre de phrase pour le non-geek : un film avec un numéro derrière, c’est forcément tout pourri, c’est pas du cinéma… D’aucuns, facétieux, pourrait même reprendre ma critique précédente de l’excès de reboot superheroïques.

Mais avec Scream, rien n’est moins vrai. Dès le premier opus, on voit qu’on est dans un cinéma « à l’ancienne » : certains plans peuvent durer plus de trente secondes, les acteurs ont de vrais textes, et les interprètent correctement, même si le propos n’est pas de disserter des origines gréco-latines de l’occident chrétien.

Mieux, les deux sequels étaient pas mal, réussissant à apporter une vrai suite, donnant raison à leur propre parodie (Scary Movie) : les meilleures trilogies sont en trois épisodes.

Que peut apporter le quatrième opus, dans ce cas ? Eh bien, beaucoup. Poursuivant dans la veine « meta » (« How much « meta » can you take? », demande même remarquer Courtney Cox à un moment), Scream 4 réussit à la fois à reproduire le même schéma (des petites filles riches, fans de films d’horreur, se font agresser par un vrai maniaque) tout en l’enrichissant d’une nouvelle couche de réflexion sur les années 2000. Car même s’il y a toujours ces pauvres petites filles riches, esseulées, aux parents absents, divorcés mais pleins de fric, beaucoup de choses ont changé depuis les années 90 à Woodsboro. Une décennie que Wes Craven se paye même le luxe de ringardiser dans son propre film. « So nineties! », fait remarquer une des blondes, qui finira évidemment empalée sur un bowie knife. Tout va plus vite aujourd’hui, avec les webcam, les smartphones, Facebook et la téléréalité. On croit que ces technologies nous protègent, or elles n’ont aucune influence, car le meurtrier les utilise aussi. Mais surtout, elles n’étanchent pas notre abyssal besoin de reconnaissance. Sidney (Neve Campbell, de plus en plus belle, et qui prouve que son talent est monstrueusement sous exploité) en fera l’amère expérience. Malgré le livre qu’elle a écrit pour prévenir le mal, la roue continue de tourner, toujours dans le même sens.

L’autre atout de Scream, c’est sa qualité cpnstante. Avec toujours la même équipe (Craven aux manettes, Kevin Williamson au scénario), les Screamers ont pris leur temps (4 films en 15 ans), mais continuent de produire des scénarios de qualité, des dialogues comme il faut, et des acteurs excellents…

Alors oubliez le chiffre 4, et allez jubiler devant les nouvelles aventures de GhostFace… Je vais juste chercher des popcorn, je reviens dans une minute…

Ah merde, le truc qu’il ne fallait pas dire.




samedi 30 avril 2011


Inflation du nylon
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Pour en finir avec ... -Séries TV ]

Abondance de biens ne nuit pas ? Je ne suis pas sûr ! Par exemple, prenez le déluge actuel de films de superhéros : déjà vus, prêts à sortir ou en préparation… Thor est sorti cette semaine (dirigé par Kenneth Branagh, tout un symbole !), et on nous prévoit Captain America, les Avengers, un prequel aux X Men,un troisième Batman « Nolan », un premier Superman « Snyder » et même une nouvelle franchise Spiderman

Personne ne nous force, me direz vous… Mais sincèrement, cette programmation m’écœure (ou simplement m’éloigne) du cinéma. J’ai l’impression d’être dans un fast food où l’on me propose que quatre produits distincts : comédie américaine « Un Gars, Une Fille« , film d’animation avec des animaux « Rango&Rio, les Cars de l’Age de Glace« , film français « J’irais manger quelque part si tu ne m’embrasses pas » et… film de super héros.

Je n’ai jamais aimé les superhéros. Tandis que mes copains se jetaient sur Strange, un cousin imprimeur m’amenait des pelletées de Pif Gadget. Et dans Pif, il y avait certes Pif et Hercule, Placid et Muzo, mais surtout Glop! Glop! : Hugo Pratt, La Ballade la Mer Salée. Je ne veux pas frimer, je lisais aussi Battler Britton, et ses spitfires en flammes au dessus de la Manche.

Tout ça pour dire que je suis un cas assez unique chez les quadra : un réfractaire à la nostalgie en nylon. J’aimais bien L’Araignée en dessin animé, donc j’ai bien aimé le premier Spiderman de Sam Raimi. Mais pour le reste, le concept d’un type qui se déguise en justaucorps bien moulant m’a toujours paru absurde. Mettre un masque pour cacher son identité tout en choisissant une cape bien flashy, et, en général, d’un goût douteux, ma toujours laissé dubitatif… sans parler de cette propension à vouloir sauver le monde parce qu’on a un trauma familial (père tué, mort sur Krypton, ou dieu du Valhalla)…

Très logiquement, j’ai aimé les films destructeurs de cette mythologie : Incassable de Shyamalan, ou Hancock, de Mr Berg : pourquoi as-tu quitté le projet Dune, mon petit Peter ?? Oui, pourquoi ? Pour faire un autre film de Superhéros ?

Parce que le drame est là, en fait : Hollywood se mord la queue en tournant toujours les mêmes films, alors que des milliers de sujets géniaux attendent une adaptation ; Dune, confié à un tâcheron, Lovecraft, toujours pas de film à l’horizon, et les centaines de chefs d’œuvre de la SF toujours pas adaptés : le Cycle des Epées de Leiber, Elric de Moorcock, Ubik, de K. Dick, Demain les Chiens, de Simak, Les Monades Urbaines, de Christopher Priest, l’Orbite Déchiquetée de Brunner, les Princes d’Ambre de Zelazny, et à peu près tous les Frank Herbert…

Non, le cinéma Hollywoodien, depuis l’éclosion de Spielberg-Lucas à la fin des années soixante-dix, a décidé de ne s’adresser qu’au gosse qui est en nous.

C’est bien dommage.

*Hier soir, mon ami Philippe m’a proposé en avant première de voir Le Trône de Fer, la saga brillante de George Martin adaptée par HBO. Visuellement, scénaristiquement, ce pilote est une réussite : ambitieux et pédagogique à la fois, pour un livre aux intrigues multiples, complexes, et adultes. Un prototype de cinéma adulte inenvisageable désormais sur grand écran.




vendredi 15 avril 2011


Les premiers Kubrick en salle !
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

A ne pas manquer : les premiers films de Stanley Kubrick sont en salle : Le Baiser du Tueur L’Ultime Razzia, Les Sentiers de la Gloire et Spartacus sont visibles au Champo.

Même si ces films sont faciles d’accès (DVD ou diffusion télé), leur diffusion en salles est rarissime : c’est pour ma part, la première fois que je les vois dans ces conditions.

Le Baiser du Tueur est le plus dispensable : polar pré-godardien, caméra à l’épaule dans le New York des années 50, est un peu ennuyeux, même s’il annonce les futures figures de style du Maestro.

L’Ultime Razzia est beaucoup mieux, polar Hollywoodien classique, dans le milieu des courses, bien écrit et bien joué (par l’immense Sterling Hayden)

Mais si vous ne devez en voir qu’un, c’est évidemment Les Sentiers de la Gloire, charge acide sur la Guerre de 14, et l’un des plus grands rôles de Kirk Douglas, qui n’en manque pourtant pas…

D’ailleurs, j’y vais ce soir…

Le Baiser du Tueur
L’Ultime Razzia
Les Sentiers de la Gloire
Spartacus

Le Champo
51 rue des Ecoles
75005 Paris




mercredi 13 avril 2011


Morning Glory
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Selon la perspective, Morning Glory, c’est tout bon ou tout mauvais.

Si vous êtes dans un bon jour (comme le Professore), si vous aimez la rom-com*, si vous trouvez Rachel McAdams toute choupinette, vous ne vous ennuierez pas à Morning Glory. D’abord parce que le sujet renouvelle un peu le genre : Kathy, jeune femme plein d’allant et d’énergie, est chargée de remonter l’audience défaillante de la Matinale d’une chaîne de troisième zone. Elle ne trouve rien de mieux que de recruter le plus grand journaliste de sa génération, Mike Pomeroy (Harrison Ford). Problème : il est au placard depuis des siècles, et partant, un poil grincheux.

Comment réussir dans la vie, plaire à maman, dresser l’ours mal léché et tomber amoureuse de Patrick Wilson (la Chouette des Watchmen), c’est la question, un peu tradi, à laquelle répond Morning Glory.

C’est aussi tout le problème : c’est tellement tradi que si vous êtes de mauvais poil, ou tout simplement (comme Mme La Professore) lassée des minauderies des héritiers trentenaires d’Hollywood (Rachel McAdams, Anne Hatahaway, Isla Fischer, rayez les mentions inutiles), vous verrez alors toutes les coutures de Morning Glory, son moule millimétré destiné à produire du soap à la chaîne (Confessions d’une Accro du Diable qui s’Habille en Prada à Notting Hill…), et cette enième bluette vous barbera.

A vous de voir, donc.

*La comédie romantique, faites un effort pour vous mettre à la page, SVP…