jeudi 9 novembre 2017


Stranger Things, saison 2
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Nouvelle crise de schizophrénie du CineFaster : on se jette comme la vermine sur le bas clergé sur Stranger Things, et on se repaît de notre dose quotidienne. Mais une fois fini, on n’a de cesse d’en pointer les innombrables défauts. Car il s’agit bien de cela : une série addictive mais faible, à l’exécution parfaite mais d’une faible originalité.

Les frères Duffer ont à l’évidence appris par cœur les manuels de Spielberg, Donner, de Palma, Carpenter, mais ils peinent à avoir le début d’une idée. Cette saison deux a une intrigue et une seule, qui ressemble beaucoup à celle de la première saison. Les personnages sont fossilisés dans leurs stéréotypes, la mère courage pleurnicheuse, les enfants indomptables, le flic frustre*. Il y a bien une ouverture – un instant mystérieuse – avec Maxine, mais qui ne mène finalement à rien.

Il reste néanmoins la perfection de l’exécution, la musique, les acteurs, la déco, et ce doux parfum de nostalgie eighties, talkies-walkies et Donjons&Dragons, promenades à vélo et cabanes dans la forêt yvelinoise, et le Commissariat à l’Energie Atomique de Bruyères-le-Chatel comme siège possible de l’Empire du Mal… C’est ce business de la nostalgie qui pilote Stranger Things, et seulement cela.

Si, comme l’a révélé la dernière séance de spiritisme menée par le Professore Ludovico au cœur de la forêt rambolitaine, Stranger Things devait durer 11 saisons, il va falloir songer à se trouver un scénariste.

* Sans parler d’un épisode (et d’un personnage) complètement ratés, qui sentaient le Trumpisme à plein nez comme le Framekeeper sent le Brocciu, et dont le message frôlait dangereusement les meilleures pages de la Loi du Talion.


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