vendredi 7 octobre 2016


Peaky Blinders
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Comment se mettre à dos ses amis ? En regardant Peaky Blinders, une série recommandée à la fois par Notre Agent au Kremlin, Karl Ferenc Scorpios, et Rillettes du Mans.

Ce n’est pas le pitch qui cloche (l’histoire d’une famille de gangsters qui cherche à devenir un opérateur respectable de paris hippiques dans la riante Angleterre de 1919), ce n’est pas le casting, entre Cillian Murphy, toujours beau à tomber, (La Jeune Fille à la Perle, Batman, Red Eye, le Vent se Lève, Sunshine, Inception), Annabelle Wallis encore plus belle que la Jane Seymour des Tudors, ou notre chouchou nineties, Sam Neill toujours aussi bon depuis Calme Blanc, Jurassic Park, L’Antre de la Folie, Les Tudors, etc.) Ce n’est pas l’image somptueuse, avec des moments qu’on n’oubliera pas, comme ce cheval blanc qui traverse les hauts-fourneaux de Birmingham. Ce n’est sûrement pas la musique, avec la main rouge de Nick Cave, chanson fétiche du Professore, qui sert de comptine atroce quand nos héros déambulent dans les slums de Birmingham*.

Non, ce qui nous empêche d’apprécier pleinement Peaky Blinders, ce sont ses dialogues. Tout, dans la série, est expliqué par un dialogue. L’héroïne veut venger son père tué par l’IRA : son patron le dit. Elle trahit par amour : elle dit « j’ai trahi par amour »…

Steven Knight, le créateur de ces Blinders, aurait pu dans le premier cas, montrer une photo de la tombe du père, et dans le second, un beau regard triste de miss Wallis aurait suffi à nous aider à déchiffrer ses sentiments (chose assez facile, en vérité, puisqu’elle venait de faire l’amour avec le garçon en question). Mais non, tout est dit. Tout doit être dit. Comme si le spectateur n’était pas assez intelligent pour comprendre.

Contrairement à la leçon de maître Hitch, qui « aurait préféré que rien ne soit dit… »

Ou ce que vous trouverez dans n’importe quel manuel de scénario : « Show. Don’t tell. »

*Take a little walk to the edge of town
Go across the tracks
Where the viaduct looms
Like a bird of doom
As it shifts and cracks
Where secrets lie in the border fires
In the humming wires
Hey man, you know
You’re never coming back
Past the square past the bridge
Past the mills, past the stacks
On a gathering storm comes
A tall handsome man
In a dusty black coat
With a red right hand


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