samedi 9 janvier 2016


8 Salopards : la pornographie de la violence
posté par Professor Ludovico dans [ Les films -Les gens -Pour en finir avec ... ]

Ce mercredi sur Europe 1, Bruno Cras chroniquait le dernier de Tarantino, 8 Salopards. « Au contraire de ses films passés, » disait-il en substance, « ces 8 Salopards-là sonnent totalement creux : c’est la pornographie de la violence. De la violence, sans aucun sens. Rien que de la violence »

Violence sans conscience n’est que ruine de l’âme, comme dirait l’autre…

C’est bien, on progresse.

Depuis longtemps, nous avons critiqué ce vide intersidéral qui habite les films du génie cinématographique de Knoxville, Tennessee. Depuis Kill Bill, en fait, mais ça s’applique à tous ses films*. Dans Kill Bill, la séquence de combat dans la neige était à couper le souffle, mais quel message véhiculait-elle ?

A l’époque (et toujours aujourd’hui), dès que nous prononçons le mot message, ou morale, les interlocuteurs sortent le revolver. Les sourcils se dressent, et les regards grimpent au plafond.

Pourtant l’art, c’est ça. Pire, ça a toujours été ça. La recherche du beau n’est pas une fin en soi, même si c’est ce qui guide l’artiste au moment de son geste. Non, l’artiste a toujours quelque chose à dire, une idée à faire passer. La grotte de Lascaux, ce n’est pas le papier peint de M. et Mme Cro Magnon, c’est la transmission d’une idée, d’une histoire. Le Sacre de Napoléon, de David, c’est la démonstration du pouvoir impérial. Et c’est également un client à honorer. Laurent de Medicis ou Napoléon Bonaparte. Ou tout simplement Mme Michu qui vient voir Bienvenue chez les Chtis. Car même dans ce film – où l’on peut difficilement prêter à Danny Boon des intentions intellectualisantes – il y a un message : faisons fi de nos préjugés et de nos différences : marseillais ou lensois, nous sommes tous humains. Et ces gens du nord, ils ont dans leurs yeux le bleu qui manque à leur décor…

Mais il n’y a jamais eu un atome de cela chez Tarantino. Dans son âme de cinéphile enfant, il n’a jamais grandi. Il est d’ailleurs notable qu’à son âge (53 ans), il n’ait ni femme ni enfants**. Même à Hollywood, c’est une singularité. Mais un enfant ne peut pas avoir pas d’enfant. Certains trouvent ça touchant ; on peut trouver ça terrifiant.

Tarantino, lui, a eu pour son noël 1992 le plus beau cadeau qui soit : le cinéma. Et depuis, il joue avec : « aujourd’hui, on dirait qu’on ferait un film de guerre, et la jolie projectionniste, elle se battrait contre les nazis. Ou alors on ferait un western, et il y aurait un super sudiste méchant mais Django, il est fort, et vengerait tout le monde. Ou alors, on prendrait des filles canons, et elles se vengeraient avec des voitures … »

On s’amuse, bien sûr, pendant les films de Tarantino. Mais que nous disent ces films ? Rien. Ils ne nous touchent pas. Depuis toujours. Et il est temps que la critique s’en rende compte.

*À l’exception notable de Jackie Brown
** « Je n’ai ni femme ni enfants, mais je ne regrette rien, le cinéma en vaut la peine. » Interview très instructif à Paris Match


7 commentaires à “8 Salopards : la pornographie de la violence”

  1. Ostarc écrit :

    Alors à 53 ans il faudrait avoir femme et enfants, sinon c’est louche, voir amoral ! Et une montre de marque à 50 ans, aussi ? Ça dérape pas un peu chez le professeur si néfaste ?

  2. Professor Ludovico écrit :

    Vous m’avez mal compris, cher Ostarc. Je ne suis pas du tout sur le terrain de la morale, mair siur celui du cinéma. Je tente le rapprochement avec son célibat et son absence d’enfant (car c’est assez rare à Hollywood, même si l’on divorce beaucoup) et son oeuvre que je trouve immature. Mais ce n’est pas une loi, évidemment.

  3. Ludo Fulci écrit :

    Où est le bouton avec le pouce pointé vers le haut 🙂 ?

  4. Ludo Fulci écrit :

    « Pornographie de la violence … », « Ils ne nous touchent pas ». Rien que ça. Ta critique me posait un problème, mais je n’arrivais pas à mettre les mots dessus. C’est maintenant un peu plus clair. Du moins, vais-je essayer.

    Un critique qui expose son point de vue, c’est délectable.
    Un critique qui impose son point de vue, c’est détestable.

    Tu n’aimes pas le film de genre. Soit. Est-ce pour autant que le film de genre ne peut pas être aimé ? As-tu regardé le Django original, le Inglorious Bastards original ?

    Les films doivent véhiculer un message ? Ah bon, 1ère nouvelle. Hitchcock, Melville, Spielberg, Oury ou Lautner véhiculent/aient un message dans leurs films ? Quel est le message dans Vertigo, Jaws, La Grande Vadrouille, les Tontons Flingueurs ou le Cercle Rouge ? Aucun. Ces films n’ont pas d’autre ambition que de nous divertir.

    Et tu sais ce que disait Desproges …

    « Un critique du film, dont je tairai le nom afin qu’il n’émerge point du légitime anonymat où le maintient son indigence, écrivait dans un hebdomadaire dans lequel, de crainte qu’ils n’y pourrissent, je n’enfermerais pas mes harengs, un critique de film, disait-je, écrivait récemment, à propos, je crois, d’un film de Claude Zidi, deux points ouvrez les guillemets avec des pincettes : C’est un film qui n’a pas d’autre ambition que de nous faire rire. Je dis merci.

    Merci, sinistre ruminant pour l’irréelle perfection de ta bouse, étalée comme un engrais prometteur sur le pré clairsemé de mon inspiration vacillante.

    Qu’on me comprenne. Je ne plaide pas pour ma chapelle. D’ailleurs, je ne cherche pas à vous faire rire, mais seulement à nourrir ma famille en ébauchant ici, chaque jour, un grand problème d’actualité : ceci est un chronique qui n’a pas d’autre prétention que celle de faire manger.

    Mais qui es-tu, zéroflapi, pour te permettre de croire que l’humoriste est sans orgueil ? Mais elle est immense, mon cher, la prétention de faire rire. Un film, un livre, une pièce, un dessin qui cherche à donner de la joie (à vendre de la joie, faut pas déconner), ça se prépare, ça se découpe, ça se polit. »

    Pour ma part, et ça n’engage que moi, je considère que Tarantino est un amoureux du cinéma de genre, un cinéma que j’aime (film d’horreur, giallo, la Hammer, Romero, Fulci, Argento, Franco Nero, Fabio Testi …) et auquel il rend hommage en mettant sa touche personnelle. Et en +, c’est cadeau, il donne souvent aux acteurs de beaux rôles parmi les moins consensuels de leur filmographie : Brad Pitt, Leonardo DiCaprio, Samuel L. Jackson peuvent le remercier. Et les « sortis de leur retraite » Kurt Russel et Pam Grier encore +.

    Ses films sont vides de sens ? Peut-être.

    Violents ? L’exagération de cette violence, qui ne t’a pas choqué dans Kingsman par exemple (la scène dans l’église), la rend presque comique. La vraie violence « pornographique » est pour moi celle qui met mal à l’aise, comme chez Gaspard Noe (Irréversible), Pasolini (Salo) ou Peckinpah (Straw Dogs). De la violence plus réaliste.

    Autre point : est-ce que être resté un cinéphile enfant est une tare ? Est-ce honteux pour un adulte de regarder des Disney ou des Miyazaki ? D’ailleurs dans le cas de Tarantino, on parlera(it) plutôt de cinéphile adolescent, avec le plaisir coupable de la découverte de choses interdites jusque là : les filles, la violence, les injures …

    Bref, sans être fan hardcore, j’aime le cinéma de Tarantino et il me touche parce que c’est le seul à ma connaissance à avoir promu le cinéma de genre à Hollywood, qui plus est dans la période ultra-consensuelle qui pèse sur toute la culture mondiale (halte à la violence, halte à la provocation, halte à l’audace … que ce soit au cinéma, dans la musique, dans l’humour) … et auprès de Monsieur et Madame Michu (même Romero ou Argento au sommet de leur carrière n’y sont, à ma connaissance, pas parvenus). Et c’est surtout le seul qui me dit à travers ses films « eh, toi tu aimes ce genre de films ??? ». Bref, un dialogue fantasmé entre 2 adolescents.

  5. Professor Ludovico écrit :

    Cher Ludo,

    Votre réponse détaillée mérite évidemment quelques éléments de réponse.

    Tu voudrais imposer un point de vue (Quentin Tarantino mérite qu’on s’intéresse à son apologie du cinéma de genre) ; mais je ne te déteste pas pour autant, va ! Le débat, c’est fait pour ça.

    Ça commence mal :
    « Tu n’aimes pas le film de genre ». Soit tu n’as pas bien lu CineFast (je sais que c’est parfaitement le contraire) Soit tu es de mauvaise foi (ce qui est possible). Ici, on ne fait que ça, défendre le film de genre. Peut-être pas ceux que tu maîtrises parfaitement (Giallo, la hammer…), etc.), mais CineFast n’est pas vraiment le repaire du cinéma intello qui empoisonne les festivals. Faire l’apologie du film de genre, c’est, je te l’accorde, c’est que sait parfaitement faire QT. Malheureusement, il ne fait que ça ; c’est ma critique de Tarantino, et, à vrai dire, LA SEULE.

    « Les films doivent véhiculer un message ? Ah bon, 1ère nouvelle ».

    Non, ils ne doivent pas, mais ils le font. Même quand ils prétendent ne pas le faire. L’auteur (Michael Bay, au hasard), ne prétend pas délivrer un message. C’était même la feuille de route des productions Simpson/Bruckheimer que je chéris tant. Pourtant, ses films délivrent un message, involontairement, ou non. C’est exactement ce que nous défendons ici, à CineFast. Ces films américains, qu’on dit stupides et vulgaires, ont quelque chose à raconter. Et parfois même, leur auteur n’y a même pas pensé.

    Je reprends tes exemples :
    Par exemple, on pourrait dire que Vertigo montre qu’il n’est pas très bon de vouloir sculpter une femme à son image, de vouloir qu’elle ressemble absolument à son désir…

    Jaws : la promotion immobilière, les intérêts commerciaux finissent par mettre en danger la population…

    La Grande Vadrouille : on a beau être con (Bourvil), on est parfois plus courageux que les gens puissants (de Funès)…

    Les Tontons Flingueurs : l’art contemporain est une fumisterie…

    Etc. Etc.

    Si ces films n’ont pas d’autre ambition que de nous divertir, comme tu le dis, ils embarquent dans la soute d’autres significations, voulues ou non. Bien sûr, les Tontons Flingueurs n’est pas un film sur l’art contemporain, mais ce passage-là est évidemment voulu, écrit dans ce sens-là. Lautner met toute son énergie à dire précisément ça.

    Maintenant quand tu regardes l’œuvre de Tarantino, où trouves-tu quelque chose de semblable, même d’aussi ténu que dans les Tontons Flingueurs ou la Grande Vadrouille ? Nulle part. Il n’y a rien. Sauf dans Jackie Brown, qui n’est pas pour rien le film détesté des tarentiniens. Parce que là, c’est un film qui dit ce que c’est d’être une femme, plus très belle, plus très jeune, et qui doit s’en sortir…

    Sur Desproges, ta longue citation (que j’ai prise un peu pour moi) ne fait que me renforcer dans l’opinion que mon héros des années 80 n’était pas si fin que ça… Même si je comprends son énervement sur les comiques, toujours sous-estimés par la critique (il faudrait d‘ailleurs un césar de la comédie), sa charge est grossière.

    « Pour ma part, et ça n’engage que moi, je considère que Tarantino est un amoureux du cinéma de genre, un cinéma que j’aime (film d’horreur, giallo, la Hammer, Romero, Fulci, Argento, Franco Nero, Fabio Testi …) et auquel il rend hommage en mettant sa touche personnelle. »
    Ca je suis d’accord, évidemment. Tarantino est quelqu’un qui aime profondément le cinéma, et ça doit être génial de discuter avec lui.

    « Et en +, c’est cadeau, il donne souvent aux acteurs de beaux rôles » : pareil ! Je dirais même tout le temps. Quand un QT passe à la télé, je suis scotché et je regarde souvent la scène en entier, rien que pour la performance d’acteur. C’est le film entier que je ne peux pas regarder.

    « L’exagération de cette violence, qui ne t’a pas choqué dans Kingsman par exemple (la scène dans l’église), la rend presque comique. La vraie violence « pornographique » est pour moi celle qui met mal à l’aise, comme chez Gaspard Noé (Irréversible), Pasolini (Salo) ou Peckinpah (Straw Dogs). De la violence plus réaliste. »

    C’est LA que nous ne sommes pas d’accord. Comment peut-on trouver acceptable que la violence ne mette pas mal à l’aise ? Qu’on soit heureux de voir une femme découper en morceaux à coups de sabre ? Qu’on trouve ça comique ? Moi je n’ai rien contre la violence au cinéma, mais j’espère bien qu’elle va me dégouter, cette violence ! J’adore Scorcese, j’adore de Palma, Coppola, Hitchccok, mais à aucun moment je me dis que la violence est géniale. Ça me procure des sentiments (c’est ce qu’on demande à une œuvre d’art) mais ces sentiments sont une profonde répulsion. On comprend Tony Montana qui mitraille tout le monde à la fin, mais on n’est avec lui pas parce que c’est comique, mais bien parce que c’est tragique.

    « Autre point : est-ce que être resté un cinéphile enfant est une tare ? Est-ce honteux pour un adulte de regarder des Disney ou des Miyazaki ? »
    Je ne crois pas avoir dit ça… ce que je dis, c’est que Tarantino n’a rien à dire (ou en tout cas, il a autant à dire qu’un ado). Or ce qui peut être charmant chez un ado qui n’a pas d’expérience est assez troublant chez un quinqua. Quand Keith Richards, mon héros par ailleurs, raconte aujourd’hui en rigolant que ses enfants vivaient au milieu des seringues et qu’il n’en conçoit, lui, aucun remords, je suis consterné pour lui… pourtant je comprends ses déclarations pro drogue des années soixante. C’était un jeune homme, alors…

    « C’est le seul à ma connaissance à avoir promu le cinéma de genre à Hollywood, qui plus est dans la période ultra-consensuelle qui pèse sur toute la culture mondiale (halte à la violence, halte à la provocation, …) »
    Euh… Larry Clark, Gaspard Noé, Game of Thrones, Walking Dead, Versailles, Breaking Bad, Very bad Trip, Bang Gang, Lars von Trier, Skins, … ??? Tout ce que propose QT, c’est la vengeance. Un point de vue très américain où l’on applique la loi du talion : on a connu des points de vue plus provocateurs…

    Donc je pense que l’on se trompe de constat. Ce n’est pas la provocation qui manque aujourd’hui ; mais au contraire la critique. Il n’y a plus aucune émission critique à la télé, qui se contente d’assurer la promo des films ; les critiques sont régulièrement blacklistés des projections (Besson et al.), etc.

    Ce qui est assez idiot, parce que la critique ne peut pas « imposer son point de vue ». Si ça avait été le cas, Titanic et les Chtis n’aurait pas eu autant de succès, et Terrence Malick ferait des millions d’entrées…

    Donc je ne vois pas très bien le sens que ça a de taper sur la critique. Taper sur les films, oui. Sur les cinéastes, les acteurs, aussi. Tout spectateur est un critique en puissance. C’est sa liberté de spectateur d’avoir son avis sur ce qu’il voit. Mais critiquer la critique ? Tu aimes Eric Neuhoff du Figaro ou tu le détestes, mais il fait la même chose que toi, il aime ou n’aime pas les films.

  6. Ludo Fulci écrit :

    Débattons, débattons.

    Sauf erreur, et là c’est là, tout l’enjeu du débat, je n’impose pas mon point de vue. Je le donne. Pas de « il faut aimer Tarantino, il faut aimer le film de genre ». Pas plus de « nous » (qui est ce « nous » à Cinefast ? pourquoi pas « je » ? Et dans certaines tournures de phrase, quand tu dis « nous », je me sens concerné). Je dis juste « j’aime le film de genre et j’aime Tarantino » et me sens concerné par une critique qui me dit « pourquoi il ne faut pas aimer Tarantino ». Pire encore, je ne dis même pas pourquoi j’aime le film de genre (et donc pas pourquoi il faut l’aimer) et sous-entend que c’est peut-être le sentiment d’un ado attardé. Mais compte tenu de la popularité de Tarantino, il y en a beaucoup des ados attardés.

    Ensuite, point sur lequel nous serons d’accord, nous n’avons pas la même définition de « film de genre », plus restrictive chez moi. Dont acte. Je reformule « tu n’aimes pas ce type de films ». Mieux ?

    « Les films ne véhiculent pas de message mais le font quand même, sauf chez Tarantino ». Il faut une sacrée mauvaise foi pour donner du sens à la Grande Vadrouille (on est d’ailleurs proche de l’argument fallacieux puisque tu transformes le pitch en message) et pas aux films de Tarantino. Et d’ailleurs petite maladresse, tu le donnes toi-même le sens : la Vengeance. L’idée motrice des films de Tarantino (pas méga-originale je te l’accorde mais est-ce que le sens donné aux films précités l’est + ?) est que la Violence appelle la Violence, que la Vengeance transforme les doux agneaux en loups assoiffés de sang, les gentils en méchants.

    La Violence réaliste ou en mode surenchère, je ne discute pas : nous n’avons pas le même point de vue et je ne vais pas chercher à t’imposer le mien.

    « Ce qui peut être charmant chez un ado qui n’a pas d’expérience est assez troublant chez un quinqua » : que dire de Lucas ou JJ Abrams avec Star Wars ? Ne donnent-ils pas une vision régressive ou simpliste de la SF (les bons, les méchants …). Bref le message de Star Wars est-il + élaboré que celui de Django ou Inglorious ?

    Comparer la popularité de Tarantino avec celle de « Larry Clark, Gaspard Noé, Game of Thrones, Walking Dead, Versailles, Breaking Bad, Very bad Trip, Bang Gang, Lars von Trier, Skins, … » est … audacieuse. Je pense que seul Tarantino existe vraiment à Hollywood ou chez Madame Michu, ce qui ne veut pas dire que les autres références ne sont pas de qualité. Mais HBO, Canal+ ou le cinéma indépendant ne boxent pas dans la même catégorie que Tarantino (en termes d’audience). Tiens d’ailleurs, au passage, quel est le message de Game of Thrones ? Si tu en trouves un, tu en trouveras forcément un chez Tarantino.

    « je ne vois pas très bien le sens que ça a de taper sur la critique » : je ne tape pas sur LA critique, ni-même sur UN critique, simplement sur une critique, pas forcément aussi bonne que celles produites habituellement par son auteur. Quand on a connu « Heroes », on goûte assez peu Zeroes (1987, « Never Let Me Down »). Et que fait cet auteur lorsqu’il dit « Et il est temps que la critique s’en rende compte. » ? Ne critique-t-il pas lui-même LA critique ?

    La critique ne peut pas imposer son point de vue ? J’ai pourtant eu le sentiment que c’est ce que ta chronique cherchait à faire (pour une fois).

  7. Professor Ludovico écrit :

    Cher ludo (deux),

    Je vois qu’on n’est pas loin et je m’en réjouis, même si ça m’étonne pas beaucoup.

    « Je reformule « tu n’aimes pas ce type de films ». Mieux ? »
    Oui : « Le Professor ne connait pas bien ce type de films. »

    « Tu transformes le pitch en message. »
    Oui, parce que ce pitch est un message. Il dit quelque chose, transporte une forme de morale (je sais, c’est un gros mot) et on peut trouver cette morale gnangnan. Essaie de transformer un pitch de Tarantino en message, tu n’y arriveras pas.

    « L’idée motrice des films de Tarantino est que la Violence appelle la Violence, que la Vengeance transforme les doux agneaux en loups assoiffés de sang, les gentils en méchants. »
    Eh bien oui, tout à fait, et Tarantino ne semble pas avoir de point de vue là-dessus. Pire, je pense qu’il trouve ça bien ! Les scènes de vengeance sont toujours jouissives chez lui. Contrairement à Scorcese, il ne dit pas que c’est mal… Eh bien je trouve que cette idée est lamentable, scandaleuse et immorale. Et ça m’étonne que tu trouves ça bien…

    « Que dire de Lucas ou JJ Abrams avec Star Wars ? Ne donnent-ils pas une vision régressive ou simpliste de la SF (les bons, les méchants …). »
    Au moins il y a un message, très moralisateur, comme dans les contes de fées. Ils proposent des valeurs : « La rébellion, la démocratie, c’est bien. La dictature, c’est mal ». On peut être pour. Ou contre. On peut trouver très ras des pâquerettes (c’est mon cas), mais on a la possibilité d’avoir un avis dessus.

    « Comparer la popularité de Tarantino avec celle de « Larry Clark, Gaspard Noé, Game of Thrones, Walking Dead, Versailles, Breaking Bad, Very bad Trip, Bang Gang, Lars von Trier, Skins, … » est … audacieuse. »
    Je répondais à « la période ultra-consensuelle qui pèse sur toute la culture mondiale » Ce consensus n’existe pas.

    « HBO, Canal+ ou le cinéma indépendant ne boxent pas dans la même catégorie que Tarantino (en termes d’audience) »
    Sûrement : ils touchent 100 fois plus de monde !

    « Tiens d’ailleurs, au passage, quel est le message de Game of Thrones ? »
    La soif de pouvoir rend fou. La justice devrait être exercée par ceux qui décident des peines. Les femmes sont capables de gouverner. L’esclave doit se rebeller… Et je t’économise ma théorie sur Game of Thrones, métaphore des USA en déroute, où une superpuissance qui vient de perdre son roi (son leadership), est menacé par une catastrophe écologique (réchauffement is coming), tandis que des hordes de sauvageons veulent passer le Mur (sa frontière mexicaine) et que la révolte du tiers monde gronde de l’autre côté de l’océan et attend Oussama ben Khalessi.

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