mercredi 25 décembre 2013


All is Lost
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Pas besoin de trop se forcer pour aller voir All is Lost. Si, comme moi, vous avez été nourri des récits d’Alain Gerbault (A La Poursuite Du Soleil) ou de Tabarly, c’est naturellement le Théorème de Rabillon qui s’applique. Vous en connaissez beaucoup, vous, des films sur la voile (à part le récent En Solitaire) ? De plus, All is Lost est réalisé par notre chouchou JC Chandor, déjà l’auteur de Margin Call encensé ici, donc on y va.

Le pitch est ici minimaliste. Un septuagénaire sans nom, « Our Man », est réveillé au petit matin par un bruit sourd. Son voilier vient d’être percuté par un container à la dérive*. A partir de là, Our Man va enchaîner les mésaventures : pannes radio, tempêtes, plus d’eau potable… le film est en fait une ode à l’humanité, à notre incomparable sens de la survie, et notre capacité à résister aux pires difficultés.

Le coup de génie est évidemment de prendre un vieillard (Redford) dans ce rôle : on s’inquiète beaucoup plus que pour Ashton Kutcher. L’autre bonne idée est de dépouiller cette histoire de tout pathos. On ne saura rien de Our Man, s’il a des enfants quelque part, des amis ou une femme… Our Man au début du film envoi un message désespéré mais à qui ? Au spectateur ? On voudrait vibrer pour lui mais on ne peut pas, puisqu’on ne sait rien de lui, et qu’aucune corde sensible nous est tendue…

C’est la faiblesse du film ; on est excité par le traitement anti-Hollywoodien de All is Lost, mais, en même temps, on voudrait un peu de chair scénaristique, façon Seul au Monde ou Into The Wild.

Et la fin déçoit également, même si elle est magnifiquement traitée : pour un film qui se la joue aussi réaliste, il fallait aller jusqu’au bout de ce film jusqu’au-boutiste.

* C’est d’ailleurs le seul lien que l’on pourra faire avec le précédent film de JC Chandor : ces containers de baskets qui polluent l’Océan Indien, ces porte-containers gigantesques et sans âme qui passent dans le noir sans nous voir, n’est-ce pas l’autre face du capitalisme absurde que dénonçait déjà Margin Call ?


Un commentaire à “All is Lost”

  1. CineFast » A Most Violent Year écrit :

    […] ? Comment survivre au naufrage quand on est dans le bateau (Margin Call) ? Quand on est LE bateau (All is Lost) ? Ou qu’on croit être le seul capitaine de ce bateau (A Most Violent Year) […]

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