lundi 14 juillet 2008


Paris
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

« Un voyage, m’avait un jour expliqué un gérant de bed & breakfast* québécois, c’est un rêve. Vous rêvez de quelque chose, et si vous trouvez ce rêve en arrivant, alors votre voyage est réussi. Si vous n’aimez pas le Canada, c’est que vous n’avez pas trouvé ce que vous êtes venu chercher. »

Dans Paris, de Cédric Klapisch, on vient bien sûr pour la même raison. Voir, avec les yeux du plus parigot de nos cinéastes, la Ville-Lumière. Or, la carte postale (Moulin Rouge, Tour Eiffel…) n’est présente que sur l’affiche. L’intrigue pourrait aussi bien se dérouler à Grenoble ou à Lille. Et si on en ressort mi-chèvre mi-chou, c’est parce que le film dont on avait rêvé n’est pas au rendez vous.

Sur le papier, tout est bon : des sous, un casting de rêve (Luchini, Viard, Cluzet, Binoche), et Klapisch, pas toujours génial mais jamais mauvais.

Mais là, comme d’habitude avec les gros budgets*, Klapisch s’emmêle les pinceaux. Il court trop de lièvres à la fois : deux drames (Romain Duris et sa une transplantation cardiaque, un accident de la route), deux comédies (Luchini amoureux, Karin Viard qui recrute), et toute une série de vies qui défilent…

Mais où est le propos du film ? Paris, ville de contrastes ? Bof ! Rien sur le Paris bourgeois, du XVI° ou du VIII°. Paris, royaume de la mixité sociale ? Le sujet est effleuré et parfois de manière ridicule (les amourettes ouvrières-top model de Rungis, et pas affronté… Seul l’épisode du travailleur immigré tire son épingle du jeu, car elle apporte sa partie de conclusion au film… Sans propos, sans morale, le film est plaisant, mais pas génial. On ne suit qu’un véritable drame (celui de Duris, qui joue pourtant toujours aussi mal), on guette les performances d’acteurs (Binoche super, Viard géniale, mais quasi inutile, Luchini qui… luchinise à vide)

Moralité, n’est pas Shorts Cuts qui veut ! On a déjà vu mieux (Code Inconnu, de Haneke, Chacun Cherche son Chat, de Klaspisch, ou même, plus à droite mais mieux tenu : Fauteuils d’Orchestre.

Cela dit, le film n’est pas désagréable, il se laisse voir.

C’est tout, et c’est déjà pas mal…

*Il faudra un jour que je vous raconte ça : les méfaits du cinéma americain sur le cerveau dérangé du Pr Ludovico…

** Remember Peut Etre


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