dimanche 29 juillet 2012


Moonrise Kingdom
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

L’été, « C’est le temps des copains, et de l’aventure« , c’est aussi le moment de rattraper l’actualité ciné. On avait raté Moonrise Kingdom, on y va. Et on applaudit des deux mains.

Car Wes Anderson fait partie de ces gens, comme Lars von Trier, Arnaud Desplechin, ou Christopher Nolan, qui, dans des genres totalement différents, croient encore dans le pouvoir magique du cinéma.

C’est particulièrement vrai chez Wes Anderson, car il ne s’accorde aucune facilité. Pour commencer, il jette par dessus bord toute tentation de réalisme. Ses célèbres cadrages « perpendiculaires », ses maisons-maquettes, ses personnages au cordeau, tout est là pour dégoûter a priori le spectateur. Sans parler de son goût pour le pitch bizarroïde, dont on imagine l’inquiétante étrangeté qu’elle doit dégager dans un bureau d’un cadre de la Fox ou de la Warner : « L’action se passe en 1965 sur une île, c’est un jeune scout de 12 ans qui fugue, car il est tombé amoureux de la fille des Bishop (Bill Murray et Frances McDormand seraient parfaits dans le rôle, by the way), sinon je verrais bien Bruce Willis en Chef de la Police et Edward Norton en Chef Scout. Et Harvey Keitel en Commandant Scout… Ça s’appellerait le Royaume de l’Aube ! »

Mais non, Wes Anderson trouve ses acteurs, finance sa reconstitution sixties aux petits oignons, et trouve le temps là-dedans de nous faire rire et de nous émouvoir. Car ce sens de l’absurde, cette fascination du cadre parfait pourrait se révéler stérile, comme chez Jeunet. Mais chez Anderson, tout cela n’est qu’habillage, il y a derrière de vrais personnages, de vraies tragédies, il y a un cœur qui bat derrière cette maîtrise.

Et pour revenir à notre antienne, le cinéma de WA a beau être naïf, Douanier-Rousseauiste, happy-endiste, il n’a rien de gentillet.

Continuez, mon petit Wes, vous irez loin.


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