{"id":751,"date":"2010-06-19T16:28:48","date_gmt":"2010-06-19T14:28:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=751"},"modified":"2012-08-26T12:51:55","modified_gmt":"2012-08-26T10:51:55","slug":"certains-laiment-chaud-et-marylin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=751","title":{"rendered":"Certains l&rsquo;Aiment Chaud&#8230; Et Marylin"},"content":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai vu <strong>Certains l&rsquo;aiment chaud <\/strong>il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, et je n&rsquo;avais pas \u00e9t\u00e9 transcend\u00e9. J&rsquo;aime bien Jack Lemmon, pourtant, j&rsquo;appr\u00e9cie Tony Curtis, et je v\u00e9n\u00e8re Billy Wilder (<strong>One, Two, Three, Sunset Boulevard, La Gar\u00e7onni\u00e8re, Sp\u00e9cial Premi\u00e8re<\/strong>). J&rsquo;aime aussi Marilyn, et je reconnais qu&rsquo;elle a fait des bons films (<strong>Rivi\u00e8re sans Retour<\/strong>). Mais <strong>Certains l&rsquo;Aiment Chaud <\/strong>ne m&rsquo;a pas fait rire.<\/p>\n<p>Aussi \u00e9tait je dubitatif quand l&rsquo;ami Michel m&rsquo;a propos\u00e9 de lire <em>Certains l&rsquo;Aiment Chaud&#8230; Et Marilyn<\/em>, le livre de souvenirs de Tony Curtis. Je n&rsquo;aime pas les autobiographies, reconstitutions a posteriori, bas\u00e9es souvent sur des souvenirs parcellaires et subjectifs.<\/p>\n<p>Rien de tout cala dans <em>Certains l&rsquo;Aiment Chaud&#8230; Et Marilyn<\/em>. Peut-\u00eatre parce qu&rsquo;au cr\u00e9puscule de sa vie (85 ans), Tony Curtis n&rsquo;a plus rien \u00e0 perdre, ni \u00e0 prouver. Il se contente donc de raconter ses souvenirs, sans pr\u00e9tendre dresser un portrait exact de l&rsquo;Hollywood des ann\u00e9es 50. De plus, deux fois amant de Marilyn (avant, et pendant Certains l&rsquo;Aiment Chaud), Curtis fait preuve d&rsquo;une r\u00e9elle tendresse et empathie pour la femme, ce qui rend sa critique de l&rsquo;actrice d&rsquo;autant plus cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>Car l&rsquo;Hollywood qu&rsquo;il d\u00e9peint &#8211; m\u00eame ce n&rsquo;est pas une r\u00e9v\u00e9lation &#8211; est saisissant. Marilyn est alors la pin-up de l&rsquo;Am\u00e9rique, elle d\u00e9poussi\u00e8re le puritanisme ambiant, et ouvre la portes des sixties. Mais la star en veut plus. Mari\u00e9 depuis peu avec l&rsquo;\u00e9crivain Arthur Miller, elle s&rsquo;est mise en t\u00eate de devenir une vraie com\u00e9dienne et prend des cours \u00e0 <em>l&rsquo;Actors&rsquo; Studio<\/em>. Premi\u00e8re pique de Curtis : \u00ab <em>S&rsquo;il vous faut vous rem\u00e9morer le jour o\u00f9 votre petite s\u0153ur vous a piqu\u00e9 votre beurre de cacahu\u00e8te pour jouer cette sc\u00e8ne, c&rsquo;est que vous n&rsquo;avez rien \u00e0 faire devant un cam\u00e9ra !<\/em> \u00bb Et Curtis d&rsquo;expliquer le r\u00f4le mal\u00e9fique des Strasberg, en permanence derri\u00e8re Marilyn : \u00ab <em>Avant eux, elle marchait sur la corde raide en souriant au dessus du pr\u00e9cipice. Apr\u00e8s les Strasberg, elle ne voyait plus que le pr\u00e9cipice.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Curtis raconte alors que si le tournage d\u00e9bute bien, il s\u2019enlise rapidement dans les caprices de Marilyn, capable d\u2019encha\u00eener des plans s\u00e9quences sans probl\u00e8me, mais incapable de jouer les sc\u00e8nes les plus simples : 46 prises pour dire quatre mots \u00ab <em>O\u00f9 est ce bourbon ?<\/em> \u00bb, 81 pour ouvrir une porte en disant \u00ab <em>Bonjour, je suis Sugar ! <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ces anecdotes-l\u00e0  que l&rsquo;on peut comprendre les rapports qui ont fait et font toujours Hollywood : Marilyn ne sait pas son texte, arrive dix heures en retard sur le plateau, ne trouve plus le chemin du studio, mais jamais, au grand jamais, elle ne sera vir\u00e9e. Car c&rsquo;est elle, la Star la plus bankable du moment. Car comme l&rsquo;explique Billy Wilder : \u00ab <em>J&rsquo;ai une tante qui est actrice \u00e0 Vienne. Elle est jolie, s\u00e9rieuse, toujours \u00e0 l&rsquo;heure, ne pose jamais aucun probl\u00e8me. Mais au box office, elle vaut seize centimes.<\/em> \u00bb Tout est dit, Hollywood plie devant l\u2019argent, comme il l\u2019a fait devant Chaplin, mary Pickford, puis Elisabeth Taylor, Francis F. Coppola, ou aujourd&rsquo;hui Jennifer Anniston ou Angelina Jolie. Tant que vous rapportez de l\u2019argent, pas de probl\u00e8me. Mais si jamais vous n\u2019en ramenez plus\u2026 <\/p>\n<p><strong>Certains l&rsquo;Aiment Chaud <\/strong>se finira dans le drame, en retard, hors budget, et avec la fausse couche de Marilyn, les insultes entre Miller et Wilder, et sortira dans le chaos. La critique sera mitig\u00e9e, mais la censure laissera passer, \u00e0 la grande surprise de Wilder, les acteurs travestis, les sc\u00e8nes ouvertement sexuelles, et les tenues os\u00e9es de Marilyn. Le film d\u00e9butera tout doucement, pour devenir, gr\u00e2ce au bouche \u00e0 oreille, le 3\u00e8me succ\u00e8s de l\u2019ann\u00e9e derri\u00e8re <strong><a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=230\">Ben Hur <\/a><\/strong>et une com\u00e9die d\u00e9sormais oubli\u00e9e. <\/p>\n<p>Car la post\u00e9rit\u00e9 a fini par couronner le film, m\u00eame sans l\u2019aval du Professor : \u00ab <em>Personne n&rsquo;est parfait ! <\/em>\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai vu Certains l&rsquo;aiment chaud il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, et je n&rsquo;avais pas \u00e9t\u00e9 transcend\u00e9. J&rsquo;aime bien Jack Lemmon, pourtant, j&rsquo;appr\u00e9cie Tony Curtis, et je v\u00e9n\u00e8re Billy Wilder (One, Two, Three, Sunset Boulevard, La Gar\u00e7onni\u00e8re, Sp\u00e9cial Premi\u00e8re). J&rsquo;aime aussi Marilyn, et je reconnais qu&rsquo;elle a fait des bons films (Rivi\u00e8re sans Retour). 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