{"id":7277,"date":"2026-06-25T18:08:00","date_gmt":"2026-06-25T16:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=7277"},"modified":"2026-06-25T15:18:27","modified_gmt":"2026-06-25T13:18:27","slug":"disclosure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=7277","title":{"rendered":"Disclosure"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une premi\u00e8re partie ph\u00e9nom\u00e9nale, une deuxi\u00e8me partie dans la guimauve Spielbergienne : ceux qui ont vu <strong>A.I. Intelligence<\/strong> <strong>Artificielle <\/strong>seront en terrain connu. Spielberg avait r\u00e9ussi un \u00e9tonnant pastiche de Kubrick, puis sombr\u00e9 en deuxi\u00e8me mi-temps chez Disney\u00a0: Pinocchio, la F\u00e9e Bleue etc. Ici c&rsquo;est pareil, mais on commence plut\u00f4t par une le\u00e7on au cin\u00e9ma, Hitchcock chez les <strong>X-Files<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant deux heures, Spielberg cache son jeu avec jubilation. De quoi parle-t-on\u00a0? Qui est qui\u00a0? Pas le moindre <em>alien <\/em>en vue, le kid de Cincinatti ne d\u00e9voile ses cartes qu\u2019une \u00e0 une, et joue plut\u00f4t sur les clins d\u2019\u0153il appuy\u00e9s aux fans de Mulder et Scully, des Petits Gris, de la Zone 51. Un petit gars (Josh O&rsquo;Connor) a d\u00e9tourn\u00e9 des fichiers top secrets de la <em>Myst\u00e9rieuse Organisation<\/em> dont il faisait partie. Des <em>Hommes en Noir<\/em>, pilot\u00e9 par le terrible Noah (Colin Firth), partent \u00e0 sa poursuite, tandis qu\u2019une pr\u00e9sentatrice m\u00e9t\u00e9o du Kansas (Emily Blunt) se met \u00e0 <em>parler en langues<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Spielberg-Hitchcock est totalement \u00e0 son affaire. <em>Show, don\u2019t tell<\/em>, <em>McGuffin<\/em>, h\u00e9ros qui sauve quelqu&rsquo;un qui veut sa mort, tout \u00e7a fonctionne pile poil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et arrive la sc\u00e8ne des pianos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s une course-poursuite dont Spielberg a, depuis <strong>Duel<\/strong>, le secret du <em>fun<\/em>, le cin\u00e9aste fait atterrir ses h\u00e9ros dans un wagon\u2026 rempli de pianos. Ils sont quand m\u00eame forts, ces Am\u00e9ricains, pourquoi mettre des pianos l\u00e0 o\u00f9 un t\u00e2cheron aurait mis des caisses\u00a0? Un indice\u00a0? Une m\u00e9taphore\u00a0? Mais c&rsquo;est l\u00e0 que le film bascule. Emily Blunt, qui jusque-l\u00e0, jouait parfaitement la Blonde-Carri\u00e9riste-Qui-A-Une-R\u00e9v\u00e9lation, se met \u00e0 jouer mal. Et quand un acteur se met \u00e0 d\u00e9jouer, c&rsquo;est toujours un signe. On ne croit plus au sc\u00e9nario*, les r\u00e9pliques qu\u2019on vous propose sonnent faux, les indications du metteur en sc\u00e8ne ne sont pas claires\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir de l\u00e0, <strong>Disclosure <\/strong>ne va faire que s\u2019enfoncer dans le kitsch.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a toujours eu deux Spielberg, l\u2019enfant et l\u2019homme mature, les deux capables de d\u00e9rapages cons\u00e9quents. Soit entre films de valeur variable (<strong>Amistad\/La Liste Schindler<\/strong>) soit au milieu du film (<strong>AI<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec <strong>Disclosure<\/strong>, Spielberg revisite pourtant ici son th\u00e8me f\u00e9tiche\u00a0; la rencontre du troisi\u00e8me type par l\u2019am\u00e9ricain moyen, en butte \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat comploteur. Il a r\u00e9ussi par trois fois, en mode s\u00e9rieux (<strong>Rencontres<\/strong>), merveilleux (<strong>E.T.<\/strong>), ou terrifiant (<strong>La Guerre des Mondes<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais l\u00e0, rien ne va. Ni le propos, ni la mise en sc\u00e8ne, ni les acteurs, ni m\u00eame la direction artistique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Spielberg part d\u2019une id\u00e9e simple\u00a0: si l\u2019on apprenait qu\u2019une autre civilisation existe dans l\u2019univers, l&rsquo;humanit\u00e9 serait \u00e0 nouveau pacifique et unie**.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Repr\u00e9senter cette id\u00e9e est une gageure, et \u00e9videmment, Spielberg \u00e9choue. Son cin\u00e9ma, si muscl\u00e9 les deux premi\u00e8res heures, devient une barbe \u00e0 papa \u00e9c\u0153urante de bons sentiments, incarn\u00e9 par des acteurs qui n\u2019y croient plus, dans une imagerie de pub Coca pour No\u00ebl, avec petits renards et cerfs en CGI d\u2019une mochet\u00e9 absolue. Mais le pire reste \u00e0 venir avec le fameux <em>Disclosure Day<\/em>. On pense alors \u00e0 tous les mauvais films qui ont eu cette id\u00e9e consternante\u00a0: la r\u00e9v\u00e9lation finale via une clef USB projet\u00e9e sur grand \u00e9cran, qui confond les m\u00e9chants pour toujours et les obligent \u00e0 se rendre, pieds et poings li\u00e9s***.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme dirait Raymond Domenech, on voit pourtant des belles choses. Le propos sur l\u2019empathie, qui serait l\u2019arme fatale des E.T., est plut\u00f4t bien esquiss\u00e9, tout comme l\u2019id\u00e9e \u00e9cologiste que l\u2019humanit\u00e9 doit se r\u00e9concilier avec la Cr\u00e9ation. Spielberg lance cette piste (jusque dans ses affiches)\u00a0: peut-\u00eatre que les E.T. sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, sous forme de cerfs, d\u2019oiseaux, de renards\u2026 Il y ajoute &#8211; et cela ne cesse d\u2019\u00e9tonner le Professore Ludovico &#8211; un message religieux, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, catholique\u00a0! Un sujet d\u2019autant plus rare que les Catholiques sont une minorit\u00e9, souvent attaqu\u00e9e par le cin\u00e9ma am\u00e9ricain\u00a0(<strong>Da Vinci Code<\/strong>). L\u00e0, Margaret, l\u2019h\u00e9ro\u00efne qui a la R\u00e9v\u00e9lation est atteint de glossolalie (touch\u00e9 par le Saint Esprit, qui prend, on le sait, la forme d\u2019un\u2026 oiseau)\u00a0; un des personnages principaux est catholique, ex-bonne s\u0153ur, se plante un crucifix dans la main pour r\u00e9sister \u00e0 l\u2019emprise de Noah. Son mentor, S\u0153ur Maura l\u2019encourage (et partant, le spectateur) \u00e0 embrasser la Cr\u00e9ation de Dieu qui englobe \u00e9videmment la vie Extra-Terrestre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce propos, int\u00e9ressant, troublant, aurait en r\u00e9alit\u00e9 suffit, sans n\u00e9cessiter la fameuse <em>Disclosure<\/em>. Et on aurait pu finir par la derni\u00e8re sc\u00e8ne, toute aussi chr\u00e9tienne, exhortant \u00e0 <em>entendre le Message<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Listen\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">* <em>Un de plus grands sc\u00e9naristes actuels \u00e0 Hollywood, qui a travaill\u00e9 avec les plus grands (Spielberg, De Palma, Fincher, Sam Raimi) sur leurs plus grands films (<strong>Jurassic Park, L&rsquo;Impasse, Mission impossible, Snake Eyes, Panic Room, Spider-Man<\/strong>\u2026) mais aussi sur les mauvais Indiana Jones (<strong>Le Royaume du Cr\u00e2ne de Cristal, Le Cadran de la Destin\u00e9e<\/strong>)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">** <em>Pour \u00eatre franc, on pensait \u00e7a \u00e0 quinze ans en lisant Chroniques Martiennes. Qu&rsquo;un gars de quatre-vingts ans pense toujours \u00e7a fait un peu de peine&#8230; Comme dans <strong>2012<\/strong>, il est notable que seul le Grand M\u00e9chant a les pieds sur terre\u00a0: lui est beaucoup plus circonspect sur l\u2019humanit\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">*** <em>Et comble de la connerie, il essaie de nous faire pleurer sur de pauvres E.T. injustement tortur\u00e9s dans la Zone 51\u2026 On touche le fond. \u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une premi\u00e8re partie ph\u00e9nom\u00e9nale, une deuxi\u00e8me partie dans la guimauve Spielbergienne : ceux qui ont vu A.I. Intelligence Artificielle seront en terrain connu. 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