{"id":6849,"date":"2025-02-04T17:17:11","date_gmt":"2025-02-04T16:17:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6849"},"modified":"2025-02-04T17:34:37","modified_gmt":"2025-02-04T16:34:37","slug":"un-parfait-inconnu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6849","title":{"rendered":"Un Parfait Inconnu"},"content":{"rendered":"\n<p>C&rsquo;\u00e9tait le projet casse-gueule de l&rsquo;ann\u00e9e, un biopic sur Bob Dylan. L&rsquo;oxymore totale pour le Ludovico\u00a0: associer <em>The Last American Poet<\/em> Robert Zimmermann et notre Chouchou Chalamet au t\u00e2cheron James Mangold. Rappelons \u00e0 toutes fins utiles, pour \u00e9duquer les foules (et au passage le Professorino, jeune dylanien en devenir), que Mangold n\u2019a fait qu&rsquo;un bon film dans sa vie : <strong>Copland<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais voil\u00e0, la magie du grand Bob entre en action. Si Dylan 1964 \u00e9tait un sale petit con, Dylan 2025 a plus le sens de l&rsquo;humour que la plupart de ses coll\u00e8gues de la <em>rock industry<\/em> et leurs ayants-droits. Il a laiss\u00e9 faire ce film, pas franchement \u00e0 sa gloire*. On verra donc toutes les saloperies devenues l\u00e9gendaires de la geste dylanienne, mais dont on n\u2019\u00e9tait pas trop s\u00fbr qu\u2019elles apparaitraient dans une potentielle hagiographie biopiquienne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A Complete Unknown<\/strong>, c\u2019est l\u2019anti Parcours du H\u00e9ros : les mensonges sur la biographie, le marchepied folk, les amours\/largages opportunistes, l\u2019ambition musicale, mais surtout l\u2019ambition d&rsquo;\u00eatre libre, \u00e0 tout prix. On croisera donc les personnages de cette grande saga, qui ne dure que quatre ans (1961-1965) mais qui reste la p\u00e9riode la plus int\u00e9ressante de Dylan. Comment un gars de Hibbing, Minnesota, fils d\u2019un marchand d\u2019\u00e9lectrom\u00e9nager, fan de rock&rsquo;n&rsquo;roll, a pu se transformer en faux hobo jongleur de cirque, chanteur folk, puis <em>protest singer<\/em> incendiaire en pleine crise des missiles de Cuba, pour finalement sortir de la chanson \u00e0 texte et devenir\u2026 rien d&rsquo;autre que lui-m\u00eame. <\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement que Dylan est l\u00e0. Car James Mangold, le cin\u00e9aste, lui, est absent. L&rsquo;histoire ne sera racont\u00e9e qu\u2019au travers des chansons**. Aucun cin\u00e9ma ne sera inject\u00e9 dans ce film. Quand Pete Seeger, le mentor folk, d\u00e9couvre que l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve va d\u00e9passer le ma\u00eetre, Mangold est incapable de laisser installer ce plan sur les yeux bleus, magnifiques et tristes, d&rsquo;Edward Norton\u2026*** La cam\u00e9ra devrait rester sur Seeger, sur cette \u00e9motion confuse qui le gagne, entre l\u2019arriv\u00e9e de ce qu&rsquo;il d\u00e9sire si ardemment \u2013 la renaissance du folk \u2013 et l\u2019av\u00e8nement de quelque chose qui va le renverser, comme un tsunami.<\/p>\n\n\n\n<p>A plusieurs reprises, on va ainsi v\u00e9rifier ainsi que Mangold, n&rsquo;est pas les fr\u00e8res Coen d\u2019<strong><a href=\"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=2839\">Inside Llewyn Davis<\/a><\/strong>. Sur les <em>love stories<\/em>, de Joan Baez \u00e0 Suze Rotolo****, Mangold ne sait que faire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut dire, il est vrai, qu&rsquo;il suffit de se laisser porter par son com\u00e9dien-coproducteur, Chalamet, extraordinaire comme \u00e0 son habitude. A vingt-neuf ans, le Tim a tout&nbsp;: la fragilit\u00e9, la force, la col\u00e8re, la douceur. Son interpr\u00e9tation &#8211; voix nasillarde et gestes m\u00e9prisants &#8211; d\u00e9passe de loin la simple imitation du Bob\u2026 Comme une vieille veste de daim sur un portemanteau, le film est enti\u00e8rement sur les \u00e9paules de l&rsquo;acteur.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est le paradoxe <strong>A Complete Unknown<\/strong>, un film qu&rsquo;on a ador\u00e9 voir. <\/p>\n\n\n\n<p>Et qu&rsquo;on n&rsquo;a pas sp\u00e9cialement envie de revoir.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>*Bowie a refus\u00e9 <strong>Velvet Goldmine<\/strong> et <strong>Stardust<\/strong>, les Stones avaient refus\u00e9\u2026 <strong>Stoned<\/strong>, et <strong>Bohemian Rhapsody<\/strong> a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement valid\u00e9 par ce qui reste de Queen.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>**Floril\u00e8ge&nbsp;:<br \/>Dylan largue une fille : \u00ab&nbsp;Go away from my window\u2026&nbsp; \u00bb<br \/>Dylan quitte la sc\u00e8ne folk : \u00ab It\u2019s all over now baby blue&nbsp; \u00bb<br \/>Dylan s&rsquo;en va&nbsp;: \u00ab&nbsp;so long, it\u2019s been good to know you \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>***Ce qui v\u00e9rifie l\u2019adage de Karl Ferenc : il n&rsquo;y a pas de mauvais film avec Edward Norton, qui r\u00e9alise peut-\u00eatre ici sa plus grande performance. Bonne conscience de gauche, un peu ben\u00eat et d\u00e9pass\u00e9 par les \u00e9v\u00e8nements, mais qui tente de mettre tout le monde d&rsquo;accord dans un monde qui explose.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>****Rebaptis\u00e9e <\/em><em>Sylvie Russo<\/em> <em>\u00e0 la demande expresse de Dylan, car selon lui \u00ab\u00a0Suze n\u2019avait pas demand\u00e9 cette vie\u00a0\u00bb. Elle est par ailleurs d\u00e9c\u00e9d\u00e9e\u2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;\u00e9tait le projet casse-gueule de l&rsquo;ann\u00e9e, un biopic sur Bob Dylan. L&rsquo;oxymore totale pour le Ludovico\u00a0: associer The Last American Poet Robert Zimmermann et notre Chouchou Chalamet au t\u00e2cheron James Mangold. 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