{"id":67,"date":"2006-02-28T23:33:31","date_gmt":"2006-02-28T21:33:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=67"},"modified":"2009-02-25T21:53:26","modified_gmt":"2009-02-25T19:53:26","slug":"pile-et-face","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=67","title":{"rendered":"Pile et face"},"content":{"rendered":"<p>J\u2019ai vu, \u00e0 deux semaines d\u2019intervalles, deux films aux exacts oppos\u00e9s de la production cin\u00e9matographique actuelle : <strong>Fauteuils d\u2019Orchestre <\/strong>et <strong>Walk The Line<\/strong>. Pas de suspense inutile : deux \u00e9checs !<\/p>\n<p>Mais deux \u00e9checs int\u00e9ressants comme dirait Luc Besson, qui pr\u00e9tendaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque du <strong>Grand Bleu <\/strong>ne voir que des mauvais films, pour \u00ab apprendre \u00bb. La m\u00e9thode ne me semble pas mauvaise et je vous incite donc \u00e0 aller voir ces deux films, pour les raisons oppos\u00e9es ci-dessous. <\/p>\n<p>Il y a de chaque c\u00f4t\u00e9 les travers habituels de ces cin\u00e9mas nationaux : le film fran\u00e7ais a un sc\u00e9nario mais c&rsquo;est film\u00e9 en amateur. Le film am\u00e9ricain est parfait techniquement, mais n\u2019a pas de sc\u00e9nario.<\/p>\n<p>Regardons cela en d\u00e9tail : dans <strong>Fauteuils d\u2019orchestre<\/strong>, une jeune femme provinciale (C\u00e9cile de France, toujours aussi bien) va d\u00e9couvrir le petit milieu de l\u2019avenue Montaigne. Coup de chapeau \u00e0 Danielle Thompson : ce traitement d\u2019un quartier au travers d\u2019une galerie de personnages (le riche collectionneur, le pianiste d\u00e9pressif, l\u2019ouvreuse) comme celui-l\u00e0 aurait vite pu tourner \u00e0 la farce UMP, ou \u00e0 la caricature \u00e9paisse. Il n\u2019en est rien. C\u2019est un film choral, comme on dit, mais n\u2019est pas Robert Altman qui veut.  Si le propos est relativement subtil, la mise en sc\u00e8ne ne l\u2019est pas. C\u2019est pas compliqu\u00e9 : y\u2019en a pas ! Les acteurs ne sont pas dirig\u00e9s (\u00e0 cet \u00e9gard, la contre performance de Dupontel est \u00e0 mettre au d\u00e9bit de Mme Thompson ; il aurait pu faire des merveilles, si on l\u2019avait dirig\u00e9). Mais ce n\u2019est pas tout : ce n\u2019est pas cadr\u00e9, ce n\u2019est pas mont\u00e9, pour reprendre le mot de Tomer Sisley, c&rsquo;est le cin\u00e9ma fran\u00e7ais : \u00ab Coupez ! Coupez ! c&rsquo;est de la merde , on la garde ! \u00bb Les acteurs font leur num\u00e9ros : quand c&rsquo;est bien cast\u00e9 (Brasseur, Rollin, de France), \u00e7a passe. Ils font leur show et \u00e7a correspond au personnage. Mais quand c&rsquo;est le fils Thompson en jeune prof amoureux, ouille ouille ouille\u2026 <\/p>\n<p>A l\u2019exact oppos\u00e9 se trouve <strong>Walk the Line <\/strong>: film\u00e9 \u00e0 la perfection par James Mangold (qu\u2019on a connu plus inspir\u00e9 sur <strong>Copland<\/strong>), l\u2019objectif est d\u2019enterrer avec les honneurs le Johnny Halliday ricain, \u00e0 savoir Johnny Cash. Pour ceux, qui comme le professeur, go\u00fbtent les paroles sal\u00e9es de ce chanteur country, il y avait de quoi faire : coca\u00efnomane, d\u00e9pressif, taulard, l\u2019id\u00e9al. C\u2019\u00e9tait sans compter le marketing et la l\u00e9gende qui entoure Cash depuis sa mort l\u2019an dernier. D\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique, l\u2019affaire est pli\u00e9e : produit par son fils, bas\u00e9 sur son autobiographie, \u00e7a va pas casser des pattes \u00e0 un canard d\u00e9prim\u00e9 par la grippe aviaire\u2026 On enfile donc les perles pendant deux heures, le tout n&rsquo;\u00e9tant que pr\u00e9texte \u00e0 lancer les chansons du ma\u00eetre : une sc\u00e8ne r\u00e9sume le propos. Les acteurs sont tr\u00e8s beaux, jouent tr\u00e8s bien, l\u2019Am\u00e9rique des ann\u00e9es 50-60 est rendu \u00e0 la perfection, mais, mal\u00e9diction du <em>biopic<\/em>, il n\u2019y a rien pour nous faire fr\u00e9mir : on sait ce qui va se passer\u2026 <\/p>\n<p>A quand Dani\u00e8le Thompson sur la bio de Johnny ? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai vu, \u00e0 deux semaines d\u2019intervalles, deux films aux exacts oppos\u00e9s de la production cin\u00e9matographique actuelle : Fauteuils d\u2019Orchestre et Walk The Line. Pas de suspense inutile : deux \u00e9checs ! 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