{"id":6479,"date":"2023-11-10T12:14:59","date_gmt":"2023-11-10T11:14:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6479"},"modified":"2023-11-10T12:16:01","modified_gmt":"2023-11-10T11:16:01","slug":"killers-of-the-flower-moon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6479","title":{"rendered":"Killers of the Flower Moon"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab <em>Des hommes on peut dire ceci, qu&rsquo;ils sont ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, fuyards devant les p\u00e9rils, et avides de gains\u2026<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On ne sait pas si Martin Scorsese a lu Nicolas Machiavel mais ces Tueurs de la Lune aux Fleurs ne raconte que \u00e7a :&nbsp; comment l&rsquo;humanit\u00e9 ne change pas, comment l&rsquo;humanit\u00e9 ne changera jamais\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on va voir un Scorsese, on sait qu&rsquo;il y a un style Scorsesien : montage virevoltant, violence d\u00e9brid\u00e9e (mais non d\u00e9nu\u00e9e de morale), et <em>Gimme Shelter<\/em> \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais ici, on va de surprise en surprise : Martin Scorsese semble avoir pris son temps pour raconter cette histoire d\u2019indiennes Osages \u00e9pous\u00e9es, puis assassin\u00e9es m\u00e9thodiquement, afin de s&#8217;emparer de leurs terres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Non seulement le film est long (3h30), mais le rythme aussi. Pourtant on ne s\u2019ennuiera pas une seconde. La violence, cantonn\u00e9e \u00e0 sa clinique description, n\u2019en sera que plus atroce, et plus surprenante \u00e0 chaque fois. C&rsquo;est comme si Martin avait litt\u00e9ralement laiss\u00e9 tomber son costume de Scorsese. Sans aucune affectation stylistique, se cantonnant \u00e0 de simples champs-contrechamps, \u00e0 des plans fixes, rien ne viendra contrarier la description, lente mais implacable, de l&rsquo;avidit\u00e9 et de la b\u00eatise*.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est un Leonardo DiCaprio des grands jours qui arrive, la m\u00e2choire serr\u00e9e, \u00e0 Fairfax, Oklahoma. Ernest, v\u00e9t\u00e9ran de la Guerre 14, a l&rsquo;air b\u00eate \u00e0 manger du foin, mais son oncle King Hale (De Niro) est intelligent pour deux ; il l&rsquo;accueille et le conseille sur son int\u00e9gration dans cette communaut\u00e9 si particuli\u00e8re, o\u00f9 les Indiens sont ultra riches et les blancs, pauvres, travaillent pour eux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Scorsese va alors lentement d\u00e9ployer son complot criminel. La b\u00eatise d\u2019Ernest devient tragique. L&rsquo;avidit\u00e9 de King Hale, cach\u00e9e derri\u00e8re une apparente bienveillance, se r\u00e9v\u00e8le, et l\u2019on est pris par surprise, comme Mollie, l\u2019\u00e9pouse Osage d\u2019Ernest, et nous nous mettons \u00e0 vivre dans la peur\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Or le cin\u00e9ma, c&rsquo;est justement vivre ce que les personnages ressentent. Rarement Scorsese aura atteint ce niveau d&#8217;empathie. Il le tiendra jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, et r\u00e9v\u00e8lera, en clin d\u2019\u0153il, \u00e0 quel point il est tomb\u00e9 amoureux de son sujet\u2026*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un de ses plus grands films, assur\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>* Soulign\u00e9e par la tr\u00e8s belle musique &#8211; omnipr\u00e9sente mais discr\u00e8te &#8211; de son ami de toujours, feu Robbie Robertson, ex-leader de The Band<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>** Qui est pour moi un des rares rat\u00e9s du film, car il fait sortir le spectateur du film\u2026 &nbsp;<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Des hommes on peut dire ceci, qu&rsquo;ils sont ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, fuyards devant les p\u00e9rils, et avides de gains\u2026\u00bb On ne sait pas si Martin Scorsese a lu Nicolas Machiavel mais ces Tueurs de la Lune aux Fleurs ne raconte que \u00e7a :&nbsp; comment l&rsquo;humanit\u00e9 ne change pas, comment l&rsquo;humanit\u00e9 ne changera [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-6479","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-films"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6479","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6479"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6479\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6481,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6479\/revisions\/6481"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6479"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6479"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6479"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}