{"id":6285,"date":"2023-04-28T11:21:53","date_gmt":"2023-04-28T09:21:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6285"},"modified":"2023-04-28T11:32:39","modified_gmt":"2023-04-28T09:32:39","slug":"donjons-dragons-lhonneur-des-voleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6285","title":{"rendered":"Donjons &amp; Dragons&nbsp;: L\u2019Honneur des Voleurs"},"content":{"rendered":"\n<p>N\u00e9 du croisement improbable de la litt\u00e9rature de <em>Fantasy* <\/em>et du wargame napol\u00e9onien avec figurines, ce loisir \u00e9tait &#8211; quand nous l\u2019avons d\u00e9couvert au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 \u2013 dans sa plus tendre enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>On cr\u00e9ait un personnage sur une feuille de papier, en lui attribuant des caract\u00e9ristiques chiffr\u00e9es (sa force, son intelligence\u2026), et on partait explorer des \u00ab&nbsp;<em>donjons&nbsp;<\/em>\u00bb, sa plus simple expression ludique. Explorant virtuellement un ensemble de couloirs souterrains, nous y tuions \u00e0 coup de d\u00e9s le plus de monstres possibles\u2026 40 ans plus tard, le Jeu de R\u00f4les a bien \u00e9volu\u00e9. Comme toute forme d&rsquo;art, il a m\u00fbri. Des dizaines d\u2019univers, des centaines de sc\u00e9narios, bien plus subtils qu\u2019une simple exploration de souterrains, ont \u00e9t\u00e9 produits et jou\u00e9s. Et aujourd&rsquo;hui, on incarne un personnage, on lui donne un pass\u00e9, des dilemmes moraux&nbsp;: c&rsquo;est un v\u00e9ritable personnage de fiction\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce que ne fait pas &#8211; somme toute &#8211; <strong>Donjons &amp; Dragons<\/strong>, le film. Au-del\u00e0 d&rsquo;\u00eatre un patchwork kitsch particuli\u00e8rement laid, <strong>L\u2019Honneur des Voleurs<\/strong> est une histoire ultra classique, sans personnages ni \u00e9motions. Des voyous \u00e0 la ramasse, pitch\u00e9s en une phrase (le p\u00e8re de famille n\u00e9gligent, la barbare en rupture de ban\u2026) se retrouvent \u00e0 lutter contre un mal antique qui veut d\u00e9truire l&rsquo;humanit\u00e9\u2026 <em>aka <\/em>le sc\u00e9nario Copytop des studios hollywoodiens (Marvel &amp; Co.) depuis des ann\u00e9es\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan visuel, pas mieux. En cela, le film respecte le mat\u00e9riau original&nbsp;: D&amp;D a toujours \u00e9t\u00e9 graphiquement atroce. Cinq \u00e9ditions et quarante ans plus tard, il est toujours aussi laid&nbsp;: guerriers cheveux en brosse de quarterbacks texans, sorci\u00e8res MILF peroxyd\u00e9es, ch\u00e2teaux dessin\u00e9s par Disney\u2026 Normal pour un pays qui n\u2019a jamais vu de ch\u00e2teaux forts&#8230; Le film fait de m\u00eame en m\u00e9langeant all\u00e8grement des Marie-Antoinette, des Martin Luther et des \u00e9p\u00e9es antiques \u00e0 la <em>Conan le Barbare<\/em>&nbsp;: tout \u00e7a est, pour les am\u00e9ricains, est m\u00e9di\u00e9val&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le pire reste \u00e0 venir&nbsp;: l\u2019omnipr\u00e9sence du fan service, m\u00eame pour le fan qu&rsquo;est le Professore. Que le film cite visuellement des monstres (<em>Mimic, Displacer Beast, Cube G\u00e9latineux<\/em>\u2026), ou des objets magiques iconiques (Bag<em> Of Holding , Horn Of Beckoning Death, Helm Of Disjunction<\/em>\u2026) fait plaisir. Mais le fan service sature litt\u00e9ralement les dialogues. Un <em>name dropping<\/em> totalement insupportable&nbsp;: Mordenkainen, Neverwinter, Baldur\u2019s gate, etc., on cite m\u00eame des r\u00e8gles du jeu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela donne l\u2019impression d&rsquo;un g\u00e2chis (qui n&rsquo;est pas immense, parce qu&rsquo;on n\u2019en attendait pas grand-chose), mais un g\u00e2chis tout de m\u00eame. C&rsquo;est mieux que le premier film de 2000, bien s\u00fbr, mais \u00e7a reste tr\u00e8s loin de <strong>Game of Thrones<\/strong>, ou m\u00eame de licences plus kitsch comme <strong>The Witcher<\/strong> ou <strong>Conan<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est dommage, car il y avait de la mati\u00e8re. D\u2019une part, la partie comique est assez r\u00e9ussie, avec 2 ou 3 sc\u00e8nes cultes, et toute une s\u00e9rie de blagues t<em>ongue-in-cheek <\/em>pour initi\u00e9s\u2026 Mais doublement dommage car <em>Donjons &amp; Dragons<\/em>, le jeu, aurait pu s\u2019appuyer sur les sc\u00e9narios qui servaient de support \u00e0 nos parties. Ces \u00ab&nbsp;modules&nbsp;\u00bb proposaient de belles aventures, mille fois plus originales que la lutte \u00e9ternelle contre le grand m\u00e9chant**\u2026 Hasbro n\u2019avait qu\u2019\u00e0 se baisser pour les ramasser&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><em>*Le Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien, le Cycle des Ep\u00e9es de Fritz Leiber, Elric de Michael Moorcock, Conan le Barbare de R.E. Howard, Terremer, de Ursula Le Guin\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>** The Sinister Secret of Saltmarsh, o\u00f9 un repaire de pirates m\u00e8ne \u00e0 complot d\u2019homme-l\u00e9zards<br \/>Castle Amber, o\u00f9 l\u2019on explore la maison hant\u00e9e d\u2019une antique famille<br \/>The Secret of Bone Hill\/The Assassin\u2019s Knot, o\u00f9 l\u2019on explore une ile pleine de myst\u00e8res et o\u00f9 l\u2019on r\u00e9sout un meurtre \u00e9trange<br \/>The isle of Dread, o\u00f9 l\u2019on explore une ile peupl\u00e9e d\u2019antiques cr\u00e9atures<br \/>Expedition To The Barrier Peaks, un donjon qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre\u2026 un vaisseau spatial<\/em><br \/><em>etc.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Chronique publi\u00e9e \u00e9galement sur <a href=\"https:\/\/planetarrakis.wordpress.com\/\">Planet Arrakis<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 du croisement improbable de la litt\u00e9rature de Fantasy* et du wargame napol\u00e9onien avec figurines, ce loisir \u00e9tait &#8211; quand nous l\u2019avons d\u00e9couvert au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 \u2013 dans sa plus tendre enfance. 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