{"id":615,"date":"2010-02-22T13:25:52","date_gmt":"2010-02-22T11:25:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=615"},"modified":"2010-02-22T13:25:52","modified_gmt":"2010-02-22T11:25:52","slug":"un-conte-de-noel-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=615","title":{"rendered":"Un Conte de No\u00ebl (2)"},"content":{"rendered":"<p>No\u00ebl, c&rsquo;est l&rsquo;occasion de revoir <strong>Un Conte de No\u00ebl<\/strong>, l&rsquo;un des meilleurs, si ce n&rsquo;est le meilleur, film d&rsquo;Arnaud Desplechin.<\/p>\n<p>Pourquoi No\u00ebl ? Parce que le film en parle, et que c&rsquo;est une f\u00eate de famille, et que Desplechin, comme \u00e0 son habitude, fait sa f\u00eate \u00e0 la famille.<\/p>\n<p>Une famille un peu particuli\u00e8re, il est vrai. Le p\u00e8re, Abel, (Jean-Paul Roussillon, soixante-dix ans) est mari\u00e9e \u00e0 une \u00ab jeunette \u00bb, Junon (Catherine Deneuve). Ils ont eu dans les ann\u00e9es soixante un fils, Joseph, atteint d&rsquo;une leuc\u00e9mie foudroyante. Ils ont fait un autre fils (Henri, formidable Mathieu Amalric) dans le seul but d&rsquo;obtenir du placenta qui permettrait de sauver Joseph. Las ! Celui-ci meurt \u00e0 6 ans. Henri, \u00ab <em>d\u00e9sormais inutile <\/em>\u00bb (sic) car il y a Elizabeth, la s\u0153ur, et d\u00e9sormais l&rsquo;a\u00een\u00e9e. Puis il y aura aussi Ivan, farfadet jazzy, gai et gentil (Melvil Poupaud)<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de cette histoire, un autre drame frappe la famille Vuillard : Junon est tr\u00e8s malade. Elle est atteinte d&rsquo;une maladie tr\u00e8s grave, et seule une greffe &#8211; tout \u00e0 fait incertaine &#8211; peut la sauver. Bizarrement, et c&rsquo;est l\u00e0 toute l&rsquo;incompr\u00e9hension que peut susciter le film de Desplechin, Junon et son mari prennent cela avec une certaine l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, et, pour le moins, un sens de l&rsquo;humour ac\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est ne pas comprendre que cette histoire est mythologique, et, pour une fois qu \u00e7a a un sens, une v\u00e9ritable tragi-com\u00e9die grecque. Comme chacun sait, les dieux descendent parfois de l&rsquo;Olympe pour vivre parmi nous. Leurs aventures nous aident \u00e0 comprendre nos propres vies, c&rsquo;est le but aussi de ce \u00ab conte \u00bb de No\u00ebl.<\/p>\n<p>Car au travers de cette histoire banale (la maladie, l&rsquo;amour, les conflits familiaux), Desplechin va tisser une toile virtuose et inhabituelle.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord les dieux de cette histoire ne se comportent pas comme dans la vraie vie ; ils disent tout ce qu&rsquo;ils pensent : \u00ab <em>Je ne t&rsquo;ai jamais aim\u00e9 <\/em>\u00bb dit la m\u00e8re a son fils; \u00ab <em>Ton fils est bancal <\/em>\u00bb dit le p\u00e8re \u00e0 sa fille. Le tout sans col\u00e8re, et au milieu d\u2019une phrase. Les dieux peuvent tout se permettre.<\/p>\n<p>Servi par sa bande habituelle (et s\u00fbrement parmi les meilleurs com\u00e9diens fran\u00e7ais (Amalric, Hippolyte Girardot, Deneuve, Roussillon), Desplechin d\u00e9roule ses th\u00e9matiques : la bourgeoisie \u00ab \u00e9clair\u00e9e \u00bb, la famille, lieu de bonheurs comme de conflit, la folie, la maladie, la mort.<\/p>\n<p>Mais au contraire de ses concurrents fran\u00e7ais (y\u2019en a-t-il ?), c&rsquo;est fait avec invention (faux raccords, flash-back th\u00e9\u00e2traux, plans face cam\u00e9ra, effet de caches fa\u00e7on cin\u00e9ma muet, et surtout avec \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;humour.<\/p>\n<p>La Professorinette ne s\u2019y est pas tromp\u00e9e : on lui avait propos\u00e9 de jeter un coup d&rsquo;\u0153il, elle est rest\u00e9e jusqu&rsquo;au bout&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>No\u00ebl, c&rsquo;est l&rsquo;occasion de revoir Un Conte de No\u00ebl, l&rsquo;un des meilleurs, si ce n&rsquo;est le meilleur, film d&rsquo;Arnaud Desplechin. 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