{"id":6058,"date":"2022-07-15T10:26:26","date_gmt":"2022-07-15T08:26:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6058"},"modified":"2022-07-15T10:51:25","modified_gmt":"2022-07-15T08:51:25","slug":"les-nuits-de-mashhad","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=6058","title":{"rendered":"Les Nuits de Mashhad"},"content":{"rendered":"\n<p>Une ville tentaculaire, la nuit. Un justicier solitaire qui tue des prostitu\u00e9es. Des flics et des juges corrompus. Une journaliste qui tente de faire \u00e9clater la v\u00e9rit\u00e9. Non, nous ne sommes pas dans le <em>Quatuor de Los Angeles<\/em> de James Ellroy, mais dans l\u2019Iran de l\u2019ann\u00e9e 2001. <strong>Les Nuits de Mashhad<\/strong> est un polar nerveux, exceptionnellement film\u00e9 par le chef op\u00e9rateur Nadim Carlsen, et mis en musique, encore plus exceptionnellement, par Martin Dirkov. Deux quasi-inconnus, mais qui travaillent avec le r\u00e9alisateur, Ali Abbasi, depuis ses premiers films (<strong>Shelley, Border<\/strong>, et bient\u00f4t <strong>The Last of Us<\/strong>)\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 2000 et 2001, le vrai Saeed Hanaei a voulu nettoyer la ville sainte de Mashhad en tuant 16 prostitu\u00e9es. Dans le film, on suit d\u2019abord un personnage fictif, Rahimi (Zar Amir Ebrahimi), une journaliste qui tente d\u2019imposer son enqu\u00eate dans un monde d\u2019hommes (journalistes, flics, et juges) extr\u00eamement misogynes. Convaincue de la corruption des \u00e9lites, elle pense que les autorit\u00e9s couvrent le meurtrier, qui fait \u00e0 leur place un travail de \u00ab&nbsp;salubrit\u00e9 publique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est en tout cas ce que pense le meurtrier (Mehdi Bajestani, extraordinaire), ma\u00e7on de son \u00e9tat, p\u00e8re de famille respectable le jour, mais tout \u00e0 sa qu\u00eate purificatrice la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film pourrait devenir ennuyeux dans cette partie, car il filme avec une certaine complaisance trois meurtres&nbsp;: un peu de hors champ n\u2019aurait pas fait de mal. Mais le film bascule vraiment dans sa derni\u00e8re partie, dans la description gla\u00e7ante de l\u2019environnement social et culturel dans lequel le tueur \u00e9volue. Ancien combattant, il b\u00e9n\u00e9ficie de la solidarit\u00e9 de sa famille, de ses amis, et de la population, contente que l\u2019on d\u00e9barrasse la ville sainte de ces drogu\u00e9es qui d\u00e9vergondent les hommes. Les corrompus, on le voit, ne sont pas forc\u00e9ment ceux que l\u2019on croit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 <strong>La Loi de T\u00e9h\u00e9ran<\/strong> ou aux film d\u2019Asghar Farhadi, le film n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 sur place* et n\u2019a pas &#8211; c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire &#8211; l\u2019aval des autorit\u00e9s iraniennes. Au contraire, elles ont d\u00e9nonc\u00e9 une tentative de d\u00e9stabilisation de la France, qui a plac\u00e9 ce film en comp\u00e9tition \u00e0 Cannes, et a r\u00e9compens\u00e9 son actrice principale**. Pour autant, le film est assez fin sur les implications politiques de l\u2019affaire. Le gouvernement religieux ne peut pas laisser faire, mais il est pris en tenaille par la morale tr\u00e8s rigoureuse qu\u2019il a lui-m\u00eame impos\u00e9e. Comment s\u2019en sortira-t-il&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut aller voir le film pour le savoir\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>*Le film est tourn\u00e9 en Jordanie, pas la meilleure amie de l\u2019Iran. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>**C&rsquo;est \u00e9videmment Mehdi Bajestani, le tueur, qui aurait d\u00fb recevoir un prix, mais on n&rsquo;est jamais d\u00e9\u00e7u par la Palme des Alpes Maritimes.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une ville tentaculaire, la nuit. Un justicier solitaire qui tue des prostitu\u00e9es. Des flics et des juges corrompus. Une journaliste qui tente de faire \u00e9clater la v\u00e9rit\u00e9. Non, nous ne sommes pas dans le Quatuor de Los Angeles de James Ellroy, mais dans l\u2019Iran de l\u2019ann\u00e9e 2001. 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