{"id":5702,"date":"2021-10-27T16:14:15","date_gmt":"2021-10-27T14:14:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5702"},"modified":"2021-10-27T16:14:15","modified_gmt":"2021-10-27T14:14:15","slug":"return-of-the-secaucus-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5702","title":{"rendered":"Return of the Secaucus 7"},"content":{"rendered":"\n<p>Depuis la r\u00e9v\u00e9lation <strong>Passion Fish<\/strong> et <strong>Lone Star<\/strong>, on avait not\u00e9 soigneusement sur notre <em>Palm Pilot<\/em> les films de John Sayles. Le cin\u00e9aste avait \u00e9bloui nos ann\u00e9es 90, la grande \u00e9poque du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant fa\u00e7on Hal Hartley, Steven Soderbergh, ou Harmony Korine.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le cin\u00e9ma de Sayles \u00e9tait invisible : trop am\u00e9ricain pour le cin\u00e9ma \u00ab\u00a0cultiv\u00e9\u00a0\u00bb fran\u00e7ais, trop \u00ab\u00a0cultiv\u00e9\u00a0\u00bb pour les am\u00e9ricains. Pas de DVD, pas de diffusion TV, et rien sur les plates-formes de streaming*.<\/p>\n\n\n\n<p>Et patatras, voil\u00e0 qu\u2019on apprend au d\u00e9tour de <em>Lib\u00e9ration <\/em>que la Cin\u00e9math\u00e8que Fran\u00e7aise organise une grande r\u00e9trospective. On se jette d&rsquo;abord sur <em>AlloCin\u00e9<\/em> &#8211; le site le plus bugg\u00e9 de France depuis <em>Day One<\/em> &#8211; puis on se replie sur le site de la <a href=\"https:\/\/www.cinematheque.fr\/\">Cin\u00e9math\u00e8que\u00a0<\/a>: une vraie r\u00e9trospective, avec toute notre <em>ToDo list<\/em>\u00a0: <strong>The Secret of Roan Inish, The Brother from Another Planet, Baby, It&rsquo;s You, Lianna<\/strong>, et <strong>Return of the Secaucus 7<\/strong>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, on travaille, et on ne peut pas tout voir. Donc priorit\u00e9 est donn\u00e9e au premier film, <strong>Return of the Secaucus 7<\/strong>. Nous voil\u00e0 donc tranquillement install\u00e9 dans la salle quand un f\u00e2cheux s\u2019empare du micro, et l\u2019on se dit qu\u2019on va avoir une demi-heure d\u2019ex\u00e9g\u00e8se oiseuse, mais non.  \u00ab\u00a0<em>Mesdames et Messieurs, je vous demande d\u2019applaudir&#8230; John Sayles\u00a0!\u00a0<\/em>\u00bb. Le Ma\u00eetre \u00e9tait dans la salle ! Prototype du septuag\u00e9naire am\u00e9ricain, cool et \u00e9l\u00e9gant, le Johnny nous narra en dix minutes chrono la gen\u00e8se de son premier film. Simple romancier, sc\u00e9nariste sur les films s\u00e9rie B de Roger Corman, John Sayles avait gagn\u00e9 40 000 $ pour \u00e9crire le <strong>Piranha <\/strong>de Joe Dante. Il les investit sur ce premier film. Lui qui n\u2019avait pass\u00e9 qu\u2019une journ\u00e9e sur un plateau, ses camarades acteurs et techniciens gu\u00e8re plus,  boucl\u00e8rent ce <strong>Return <\/strong>en cinq semaines\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e9videmment la faiblesse \u2013 et tout le charme \u2013 du film. Le montage est abrupt, et parfois hasardeux, l\u2019image 16 mm tr\u00e8s granuleuse, mais voil\u00e0 : John Sayles a quelque chose \u00e0 dire. Un petit sujet qui n\u2019int\u00e9resse plus grand monde aujourd&rsquo;hui\u00a0: la vie, tout simplement. L\u2019\u00e9ternelle histoire <em>coming of age<\/em> d\u2019une bande de trentenaires qui se retrouvent dans une maison de campagne**. L\u2019occasion de comprendre qu\u2019on n\u2019a plus vingt ans, que des choix importants se profilent (le couple, le mariage, les enfants, la carri\u00e8re, devenir chanteur de country ou renoncer \u00e0 ses id\u00e9aux et faire du fric). Et constater l\u2019\u00e9cart qui se creuse avec les copains laiss\u00e9s au bled, devenus garagistes, tandis qu\u2019on fait carri\u00e8re \u00e0 Washington\u2026 Malgr\u00e9 ses acteurs d\u00e9butants***, <strong>Return of the Secaucus 7<\/strong> finit petit \u00e0 petit par nous gagner. \u00c0 la fin, John Sayles a install\u00e9 la petite musique inimitable qu\u2019il va d\u00e9velopper dans une vingtaine de films.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>La plupart des films<\/em> [de John Sayles] <em>sont \u00e0 la pointe des grandes pr\u00e9occupations de reconnaissance sociale, identitaire<\/em>,\u00a0<em>tout en se refusant aux platitudes des discours born\u00e9s, p\u00e9remptoires, du \u00abfilm \u00e0 sujet<\/em>\u00bb\u00bb , constatait Camille Nevers dans son excellent article consacr\u00e9 au cin\u00e9aste dans <em>Lib\u00e9ration. <\/em>\u00ab\u00a0<em>Latinos, Am\u00e9rindiens, noirs, homosexuels, femmes, pauvres, \u00e9trangers, ruraux, les opprim\u00e9s habitent ce cin\u00e9ma en refusant de se laisser fixer sur une seule identit\u00e9 ou une fiction boucl\u00e9e&#8230;\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Rien de plus ? Rien de moins, en tout cas.<\/p>\n\n\n\n<p>*<em> Depuis, certains films sont disponibles sur Amazon et Canal+<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>** On a souvent pr\u00e9tendu que Lawrence Kasdan s\u2019en \u00e9tait inspir\u00e9 pour son <strong>Big Chill<\/strong>, ce que le cin\u00e9aste a toujours ni\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>*** L\u2019occasion de d\u00e9couvrir les d\u00e9but de Gordon Clapp (le Medavoy de <strong>NYPD Blue<\/strong>) ou David Strathairn (qui va devenir l&rsquo;acteur f\u00e9tiche de Sayles, puis faire carri\u00e8re sur le tard : <strong>Good Night, and Good Luck, Lincoln, The Expanse<\/strong>\u2026)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis la r\u00e9v\u00e9lation Passion Fish et Lone Star, on avait not\u00e9 soigneusement sur notre Palm Pilot les films de John Sayles. Le cin\u00e9aste avait \u00e9bloui nos ann\u00e9es 90, la grande \u00e9poque du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant fa\u00e7on Hal Hartley, Steven Soderbergh, ou Harmony Korine. 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