{"id":5441,"date":"2019-10-03T12:42:37","date_gmt":"2019-10-03T10:42:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5441"},"modified":"2019-10-03T12:42:51","modified_gmt":"2019-10-03T10:42:51","slug":"ad-astra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5441","title":{"rendered":"Ad Astra"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ad Astra<\/strong> est l\u2019exemple m\u00eame du film ambitieux, mais mal r\u00e9alis\u00e9. \u00a0Des ambitions,  <strong>Ad Astra<\/strong> en a plein, et notamment celle d&rsquo;\u00eatre un contrepoint pessimiste de <strong>2001<\/strong>. Dans les deux films, l\u2019humanit\u00e9 cherche des fr\u00e8res extraterrestres qui partageraient sa solitude au coeur des infinitudes glac\u00e9es. <strong>Ad Astra<\/strong> y ajoute une qu\u00eate \u0153dipienne du p\u00e8re, en superposant intelligemment la solitude familiale du h\u00e9ros (un fils, mauvais mari) et celle du p\u00e8re  disparu aux confins du syst\u00e8me solaire (mauvais mari, mauvais p\u00e8re)\u00a0\u00e0 la solitude ontologique de l\u2019homme dans l\u2019univers. <\/p>\n\n\n\n<p>James Gray met au service de cela son talent, c&rsquo;est \u00e0 dire\nune magnifique r\u00e9alisation, des acteurs sensibles et un background SF tr\u00e8s\nr\u00e9aliste. Mais ce qui p\u00eache chez Gray, et ce qui p\u00eache toujours, c\u2019est le vraisemblable*.\nPourquoi, par exemple, aller sur Mars pour envoyer un message&nbsp;? Pourquoi\npasser sous un lac alors qu&rsquo;on peut rejoindre \u00e0 pied cette fus\u00e9e&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle ici le <em>cin\u00e9ma adolescent<\/em>, c&rsquo;est \u00e0 dire un cin\u00e9ma qui ne r\u00e9fl\u00e9chit pas, mais se soumet tout entier \u00e0 ses d\u00e9sirs. On fait la sc\u00e8ne sur Mars parce que \u00e7a fait de belles sc\u00e8nes atterrissage et de vie coloniale, on fait la sc\u00e8ne du lac, car elle permet une belle m\u00e9taphore, avec ce fil \/ c\u00e2ble auquel l\u2019astronaute s\u2019accroche\u2026 Entre-temps, le spectateur, lui, a d\u00e9croch\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autre grand probl\u00e8me d\u2019<strong>Ad Astra<\/strong>, c\u2019est l\u2019accumulation de r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9philes, rapidement insupportables. Le d\u00e9cor est celui de <strong>2001<\/strong>, l\u2019ambiance est celle de <strong>Solaris<\/strong>, et la structure est celle d\u2019<strong>Apocalypse Now<\/strong> : aller chercher le P\u00e8re\/le colonel Kurtz devenu fou, non pas au Laos, mais sur Neptune. On retrouve le briefing fa\u00e7on CIA, avec \u00e9valuation psychologique, les informations parcellaires, transmises en cours de route, la pagode\/navette qu\u2019on veut inspecter et qu&rsquo;il ne fallait pas inspecter\u2026 Jusqu\u2019\u00e0 certains bouts de dialogue (\u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est votre mission, mais c&rsquo;est mon vaisseau\u00a0<\/em>\u00bb, \u00ab\u00a0<em>Si j\u2019avais des types comme \u00e7a, nos probl\u00e8mes seraient finis depuis longtemps<\/em>\u00a0\u00bb, etc.)<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est la mal\u00e9diction du cin\u00e9phile&nbsp;; au bout d\u2019un\ncertain nombre de films, le cin\u00e9ma se r\u00e9p\u00e8te\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste n\u00e9anmoins un final, tr\u00e8s r\u00e9ussi\u00a0: Brad Pitt revenu d\u2019entre les morts, chang\u00e9 \u00e0 tout jamais, gigantesque, et humain \u00e0 la fois. <\/p>\n\n\n\n<p>* <em>C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le probl\u00e8me de <a href=\"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=190\">La Nuit Nous appartient<\/a>\u00a0: un gangster devenait un flic du jour au lendemain, parce que papa travaillait dans la police.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ad Astra est l\u2019exemple m\u00eame du film ambitieux, mais mal r\u00e9alis\u00e9. \u00a0Des ambitions, Ad Astra en a plein, et notamment celle d&rsquo;\u00eatre un contrepoint pessimiste de 2001. Dans les deux films, l\u2019humanit\u00e9 cherche des fr\u00e8res extraterrestres qui partageraient sa solitude au coeur des infinitudes glac\u00e9es. Ad Astra y ajoute une qu\u00eate \u0153dipienne du p\u00e8re, en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-5441","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-films"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5441"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5443,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5441\/revisions\/5443"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}