{"id":5405,"date":"2019-08-30T14:00:20","date_gmt":"2019-08-30T12:00:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5405"},"modified":"2023-06-28T13:37:26","modified_gmt":"2023-06-28T11:37:26","slug":"once-upon-a-time-in-hollywood","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5405","title":{"rendered":"Once Upon a Time in Hollywood"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Rien de chang\u00e9 sous le soleil de Tarantino : \u00e0 nouveau, un\nfilm moralement r\u00e9pugnant, et une quantit\u00e9 inimaginable de talent g\u00e2ch\u00e9 \u00e0 tous\nles \u00e9tages.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien de chang\u00e9 non plus \u00e0 la critique fran\u00e7aise&nbsp;: Quentin Tarantino, comme Woody Allen ou Clint Eastwood, a la Carte&nbsp;: il beau d\u00e9fendre dans ses films des positions que Trump ne d\u00e9savouerait pas&nbsp;(par exemple, quiconque entre chez moi par effraction m\u00e9rite la mort), il passe entre les mailles du filet de la critique bien-pensante. Des mailles pourtant assez fines pour faire la moue devant patriotisme Spielbergien du <strong>Soldat Ryan<\/strong>, <a href=\"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=888\">l\u2019enthousiasme fifties de Zemeckis (voir ici) <\/a>ou le fascisme suppos\u00e9 de Jerry Bruckheimer. <\/p>\n\n\n\n<p>Non seulement Tarantino se repait de la violence sans la moindre distance, mais il a, depuis quelques films, une f\u00e2cheuse tendance \u00e0 r\u00e9\u00e9crire histoire : sauver l\u2019Europe du nazisme (<strong>Inglorious Basterds<\/strong>), venger les noirs de l\u2019esclavage (<strong>Django<\/strong>), ou ici, r\u00e9\u00e9crire le meurtre abominable de Sharon Tate. Bizarrement, c\u2019est plus choquant cette fois-ci. Peut-\u00eatre parce qu&rsquo;ils sont encore vivants, peut-\u00eatre parce qu&rsquo;ils sont directement incarn\u00e9s ; on n\u2019aimerait pas \u00eatre \u00e0 la place de Polanski et de la famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant <strong>Once Upon a Time in Hollywood<\/strong> ressemble \u00e0 tous les autres Tarantino\u00a0; depuis <strong>R\u00e9servoir Dogs<\/strong>, on sait que c\u2019est un cin\u00e9phile\u00a0; Tarantino aime authentiquement le cin\u00e9ma, c&rsquo;est indiscutable. Mais son cin\u00e9ma s\u2019arr\u00eate \u00e0 cette cin\u00e9philie. <\/p>\n\n\n\n<p>Tarantino ne fait que d\u00e9couper des morceaux de ses films pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, et, comme un <em>scrap-book<\/em>, les coller ensemble pour en faire d\u2019autres sur ce mod\u00e8le. Ce cin\u00e9ma de copier-coller est fait avec beaucoup de talent, mais que de talent(s) g\u00e2ch\u00e9(s) ! Le g\u00e9nie de Di Caprio, la coolitude absolu de Brad Pitt, mais aussi des chefs d\u00e9co, des \u00e9clairagistes, des cameramen et bien s\u00fbr, de Tarantino lui-m\u00eame. Il sait raconter une histoire, il sait monter une sc\u00e8ne (la ferme). On comprend qu\u2019il attire les acteurs, car il ne leur donne que du caviar \u00e0 jouer, comme la sc\u00e8ne o\u00f9 Di Caprio joue un acteur qui joue un cowboy qui rate sa sc\u00e8ne puis la recommence, le tout en plan s\u00e9quence. <\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela est magnifique et passionnant mais malheureusement cela tourne \u00e0 vide&nbsp;: Tarantino n\u2019a rien \u00e0 dire. En visite sur les lieux du crime, le Professore a vu le film au <em>Cinerama Dome,<\/em> 6360 Sunset Boulevard\u2026 Mais le soir, repassait sur une obscure cha\u00eene du c\u00e2ble, entrelard\u00e9 de pubs, le <strong>Boogie Nights<\/strong> de Paul Thomas Anderson. <\/p>\n\n\n\n<p>Toute la diff\u00e9rence entre un auteur et un faiseur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rien de chang\u00e9 sous le soleil de Tarantino : \u00e0 nouveau, un film moralement r\u00e9pugnant, et une quantit\u00e9 inimaginable de talent g\u00e2ch\u00e9 \u00e0 tous les \u00e9tages. 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