{"id":5316,"date":"2019-04-11T18:14:49","date_gmt":"2019-04-11T16:14:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5316"},"modified":"2019-04-11T18:15:42","modified_gmt":"2019-04-11T16:15:42","slug":"the-revenant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5316","title":{"rendered":"The Revenant"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, la beaut\u00e9 esth\u00e9tique peut suffire \u00e0 emporter le spectateur. &nbsp;C&rsquo;est le cas de <strong>2001<\/strong>, dont le succ\u00e8s semble aujourd&rsquo;hui invraisemblable, tant le propos est abscons, mais aussi des films de Malick, et souvent, des films de Alejandro Gonz\u00e1lez I\u00f1\u00e1rritu. Depuis <strong>Amours Chiennes&nbsp;<\/strong>il y&nbsp;a&nbsp;vingt&nbsp;ans, l\u2019esth\u00e9tisme de son cin\u00e9ma se d\u00e9ploie &nbsp;\u00e0 l\u2019inverse de ses ambitions en termes de <em>stotytelling<\/em>, qui, elles, r\u00e9tr\u00e9cissent peu \u00e0 peu. <strong>Amours Chiennes<\/strong> \u00e9tait un impressionnant m\u00e9lim\u00e9lo d\u2019intrigues dans un Mexico d\u00e9coup\u00e9 en classe sociales et reli\u00e9 par la gent canine&nbsp;; <strong>The Revenant<\/strong> est un simple <em>survival<\/em>, sans autre ambition que de faire traverser 300km de Dakota enneig\u00e9 \u00e0 son personnage.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019argument est faible, m\u00eame s\u2019il rappelle nos vieilles lectures (Jim Bridger*, le Roi des Mountain Men, de Georges Fronval), et ne suffirait pas \u00e0 nous tenir \u00e9veill\u00e9 2h36. Car nous n&rsquo;avons pas cette passion am\u00e9ricaine pour le martyre et la torture (<strong>Silence, La Passion du Christ, 24<\/strong> \u2026) <\/p>\n\n\n\n<p>Hugh Glass (Di Caprio), est le guide d\u2019une bande de trappeurs qui, \u00e0 l\u2019or\u00e9e du XIX\u00b0 si\u00e8cle, tente de rejoindre l\u2019abri d\u2019un fort dans le Dakota du Sud, l\u2019hiver venant. Mais les voil\u00e0 attaqu\u00e9s par des indiens, et Glass est abandonn\u00e9 par un autre trappeur (Tom Hardy). Laiss\u00e9 pour mort, il va pourtant faire 300 km en affrontant indien, grizzly, froid, faim et soif, chute et avalanche. Rien ne nous sera \u00e9pargn\u00e9 de ce long supplice, mais pour autant, on reste fascin\u00e9 (non par ce supplice ni par le quelconque int\u00e9r\u00eat qu\u2019on porte \u00e0 la vengeance potentielle de DiCaprio), mais par le magn\u00e9tisme pur et dur du film. Nous sommes litt\u00e9ralement <em>scotch\u00e9s <\/em>devant ce <strong>Revenant<\/strong>, qui semble incarner, de par la perfection de l\u2019image, et par la suavit\u00e9 virtuelle des mouvements qui tiennent du jeu vid\u00e9o, le futur du cin\u00e9ma, ou, en tout cas, \u00e0 quelque chose qui s\u2019en approche.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela est bien s\u00fbr l\u2019\u0153uvre d\u2019un des plus grands chef\u2019op du moment, Emmanuel Lubezki, qui a dans son cartables les chefs d&rsquo;\u0153uvres visuels de ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es (<strong>Rencontre avec Joe Black, Sleepy Hollow, Ali, Le Nouveau Monde, les Fils de l&rsquo;homme, Burn After Reading, The Tree of Life, Gravity, Birdman&#8230;<\/strong>). Un gars qui a dans &nbsp;son carnet d\u2019adresses Alejandro Gonz\u00e1lez I\u00f1\u00e1rritu, Terrence Malick, les fr\u00e8res Coen, Tim Burton et Alfonso Cuar\u00f3n ne peut pas \u00eatre tout \u00e0 fait mauvais. <\/p>\n\n\n\n<p>Et si la forme prime sur le\nfond, pour la premi\u00e8re fois, ce cin\u00e9ma d\u2019esbroufe fonctionne. <\/p>\n\n\n\n<p>On avait refus\u00e9 d\u2019aller voir <strong>The Revenant<\/strong> en salle, et aujourd\u2019hui, on s\u2019en mord les doigts. C&rsquo;est pour ce genre de spectacle bluffant qu&rsquo;on va au cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<p>*<em>Un Jim Bridger jeune est un des personnages du film.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parfois, la beaut\u00e9 esth\u00e9tique peut suffire \u00e0 emporter le spectateur. &nbsp;C&rsquo;est le cas de 2001, dont le succ\u00e8s semble aujourd&rsquo;hui invraisemblable, tant le propos est abscons, mais aussi des films de Malick, et souvent, des films de Alejandro Gonz\u00e1lez I\u00f1\u00e1rritu. 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