{"id":5303,"date":"2019-03-15T19:03:43","date_gmt":"2019-03-15T18:03:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5303"},"modified":"2019-03-15T19:03:43","modified_gmt":"2019-03-15T18:03:43","slug":"marie-stuart-reine-decosse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5303","title":{"rendered":"Marie Stuart, Reine d\u2019Ecosse"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des films qui sont hypnotiques, araign\u00e9es tissant lentement leur toiles et finissant par vous \u00e9touffer par leur talent. <strong>Marie Stuart, Reine d\u2019Ecosse<\/strong>, qui n&rsquo;est pas exempt de d\u00e9fauts, est de ceux-l\u00e0. <\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but du film de Josie Rourke est tr\u00e8s \u00e9nervant\u00a0: venant du monde du th\u00e9\u00e2tre, elle adapte le sc\u00e9nario de Beau Willimon (<strong>House of Cards<\/strong>) fa\u00e7on <em>arty\u00a0<\/em>: poses hi\u00e9ratiques mimant les tableaux de Georges de La Tour, effets de costumes post-modernes, au milieu de sc\u00e8nes plus classiques, \u00a0ce qui finit par ressembler \u00e0 un m\u00e9lange douteux de r\u00e9alisme\u00a0et de posture. Mais comme Mrs Rourke ne franchit pas vraiment le gu\u00e9, c&rsquo;est aga\u00e7ant. Ce que r\u00e9ussit <strong>la Reine Margot<\/strong> \u00e9choue ici, faute de conviction cin\u00e9matographique tr\u00e8s sure. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais petit \u00e0 petit, au rythme de la musique ent\u00eatante de Max Richter, le film s\u2019impose. D\u2019abord en focalisant sur la perdante, Marie Stuart, Reine d\u2019Ecosse et pr\u00e9tendante au tr\u00f4ne d\u2019Angleterre, contre l\u2019h\u00e9ro\u00efne habituelle, Elisabeth I\u00e8re. La reine vierge d\u2019Angleterre, est habituellement pr\u00e9sent\u00e9e comme la courageuse unificatrice protestante du royaume, contre les m\u00e9chants complots catholiques, de Bloody Mary (Tudor, sa demie s\u0153ur) \u00e0 Marie Stuart, sa cousine. \u00a0Tout cela \u00e9tant fortement document\u00e9 dans le cin\u00e9ma Hollywoodien, d\u2019<strong>Elizabeth : l&rsquo;\u00c2ge d&rsquo;or<\/strong> aux <strong>Tudors<\/strong>, en passant par <strong>L&rsquo;Invincible Armada<\/strong> avec Laurence Olivier et Vivien Leigh ou <strong>La Reine Vierge<\/strong> avec Jean Simmons et Stewart Granger.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u00e0, c&rsquo;est comme si on assistait \u00e0 <em>Secrets d\u2019Histoire<\/em>, avec St\u00e9phane Bern r\u00e9habilitant l\u2019indomptable Marie Stuart contre la m\u00e9chante Elisabeth. Nous laisserons au Prince d\u2019Avalon le soin de tirer le vrai du faux historique, car l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas l\u00e0. Nous sommes au cin\u00e9ma, et Josie Rourke r\u00e9ussit \u00e0 b\u00e2tir, avec l\u2019aide de deux incroyables actrices, de v\u00e9ritables personnages. Avec Saoirse Ronan dans le r\u00f4le de Marie, et l\u2019incroyable Margot Robbie*, dans celui d\u2019Elizabeth, la r\u00e9alisatrice b\u00e2tit un v\u00e9ritable antagonisme de cin\u00e9ma, avec leurs forces, leurs faiblesses, et leurs doutes. On sort progressivement du film scolaire pour atteindre, dans une sc\u00e8ne de rencontre (invent\u00e9e) dans une buanderie, \u00e0 l&rsquo;essentiel de la trag\u00e9die ; alors que leur d\u00e9tresse commune devrait les rassembler, Marie agit au contraire de ses int\u00e9r\u00eats et cause sa perte. <\/p>\n\n\n\n<p><em>* Margot Robbie a interpr\u00e9t\u00e9 en quelques ann\u00e9es une incroyable galerie de personnages, en premier ou second r\u00f4le\u00a0: reine frigide dans <strong>Marie Stuart, Reine d\u2019Ecosse<\/strong>, white trash enlaidie dans <strong>Moi, Tonya<\/strong>, teenager d\u00e9jant\u00e9e dans <strong>Suicide Squad<\/strong>, top model dans <strong>Le Loup de Wall Street<\/strong>\u2026 S\u00e9rie en cours<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a des films qui sont hypnotiques, araign\u00e9es tissant lentement leur toiles et finissant par vous \u00e9touffer par leur talent. 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