{"id":5225,"date":"2018-11-08T15:53:57","date_gmt":"2018-11-08T14:53:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5225"},"modified":"2023-02-24T22:25:25","modified_gmt":"2023-02-24T21:25:25","slug":"orange-mecanique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5225","title":{"rendered":"Orange M\u00e9canique"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab <em>Il y avait moi, c&rsquo;est-\u00e0-dire Alex, et mes trois droogies, c&rsquo;est-\u00e0-dire Pete, Georgie et Dim. Nous \u00e9tions install\u00e9s au Korova Milk Bar \u00e0 nous creuser le rassoudok pour savoir o\u00f9 passer la soir\u00e9e. Au Korova on sert du Lait plus, lait plus Vellocet ou Synthemesc ou Drencrom. Nous, on en \u00e9tait au Drencrom, \u00e7a vous affute l&rsquo;esprit et \u00e7a vous met en train pour une bonne petite f\u00eate d&rsquo;ultra violence<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>En 1968, Stanley Kubrick sort du tournage \u00e9reintant de <strong>2001<\/strong>. Son projet napol\u00e9onien est tank\u00e9 par la Warner, suite \u00e0 l\u2019\u00e9chec du <strong>Waterloo <\/strong>de Serge Bondartchouk. Il s\u2019oriente alors vers un projet beaucoup plus simple : tourner rapidement, en d\u00e9cors naturels : ce sera <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong>, l&rsquo;adaptation du livre d&rsquo;Anthony Burgess. Publi\u00e9 en 1962, celui-ci a d\u00e9j\u00e0 fait scandale. Mais celui du film sera \u00e9norme. Incompris, malgr\u00e9 (ou \u00e0 cause) de son succ\u00e8s public, <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong> est toujours aussi incompris aujourd&rsquo;hui. Le film, tr\u00e8s \u00e0 la mode \u00e0 sa sortie, est forc\u00e9ment dat\u00e9 aujourd&rsquo;hui. Mais son \u00ab apologie de la violence \u00bb semble aujourd&rsquo;hui bien terne.<\/p>\n<p>En fait, <strong>Orange m\u00e9canique<\/strong> est bien plus que l\u2019objet pop, c&rsquo;est une com\u00e9die noire, un conte voltairien, au message philosophique toujours aussi puissant. D\u00e9cryptage.<\/p>\n<p><strong>Sexe et\u2026<\/strong><br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait le premier argument de vente du film : Sexe et Ultraviolence*. Ce n&rsquo;est pas pour autant que le film soit tr\u00e8s excitant. Il n&rsquo;y a pas d\u2019\u00e9rotisme dans <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong> (contrairement \u00e0 <strong>Lolita, Barry Lyndon, Shining<\/strong>). Non, il n&rsquo;y a qu&rsquo;une vision m\u00e9canique du sexe. La vision d\u2019Alex. Baiser des filles \u00e0 la chaine, d\u2019accord ou pas d\u2019accord. Prendre de la drogue et se bastonner. Puis \u00e9couter la musique du grand Ludwig van \u2026<br \/>\nMais comme souvent chez Kubrick, le sexe est l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attend pas. Malicieusement cach\u00e9 dans le d\u00e9cor, \u00e0 droite et \u00e0 gauche : chez le disquaire, o\u00f9 des jeunes filles l\u00e9chouillent des sucettes-p\u00e9nis ; au Moloko Milkbar, o\u00f9 le lait dop\u00e9 \u00e0 la drogue sort des seins d&rsquo;une statue actionn\u00e9e par une manette en forme de bite\u2026 et c&rsquo;est sans compter la femme aux chats, collectionneuse d&rsquo;art contemporain aux toiles un peu sp\u00e9ciales et aux sculptures spectaculaires\u2026 Le sexe est partout dans Orange m\u00e9canique. Mais pas le d\u00e9sir. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment de ce d\u00e9sir qu\u2019on va priver Alex, lors de la fameuse s\u00e9ance de la m\u00e9thode Ludovico. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 d\u2019ingurgiter ce qu&rsquo;il aimait avant (films violents, pornos, p\u00e9plums et d\u00e9fil\u00e9s nazis sur fond de Beethoven), Alex se voit pr\u00e9senter une vraie femme, un mannequin sublime, dont la poitrine nue fait sortir les yeux des orbites du Gardien Chef, et du pr\u00eatre de la prison. Mais Alex le violeur a \u00e9t\u00e9 d\u00e9barrass\u00e9 de ses d\u00e9sirs : il n&rsquo;en voudra pas, pire, il aura la naus\u00e9e \u00e0 la simple id\u00e9e de toucher cette poitrine. C&rsquo;est paradoxalement le moment o\u00f9 le sexe est le plus frontal que le d\u00e9sir est le moins important.<\/p>\n<p><strong><br \/>\n\u2026Ultraviolence&#8230; <\/strong><br \/>\nC\u2019\u00e9tait l&rsquo;autre argument de vente d\u2019<strong>Orange m\u00e9canique<\/strong> ; \u00e9videmment on est servis. Comme toujours chez Kubrick, Eros et Thanatos ne font qu&rsquo;un. Aujourd&rsquo;hui, cette violence parait l\u00e9g\u00e8re, mais c&rsquo;est oublier qu\u2019\u00e0 l\u2019or\u00e9e de ces ann\u00e9es 70, le film de Kubrick ouvre la voie avec d\u2019autres (Peckinpah, Penn, Fuller) d\u2019une repr\u00e9sentation plus r\u00e9aliste de la violence. Mais le th\u00e8me de la violence parcourt depuis toujours la geste Kubrickienne. Peur et D\u00e9sir. Ultra Violence et Sexe. Michel Ciment le signale dans son <em>Kubrick <\/em>et l\u2019illustre, photogrammes \u00e0 l\u2019appui : Alex saute sur le pauvre Dim comme le singe de <strong>2001 <\/strong>attaque ses cong\u00e9n\u00e8res. D\u00e8s qu&rsquo;on enl\u00e8ve l\u2019enveloppe sociale, rien n\u2019emp\u00eache la b\u00eate qui est en nous depuis la pr\u00e9histoire reprendre le dessus. <strong>Full Metal Jacket, Shining<\/strong>, le sujet est le m\u00eame : la sauvagerie, et le corset social qui tente de l\u2019emp\u00eacher.<\/p>\n<p><strong>\u2026 et Beethoven<\/strong><br \/>\nMais le pire scandale \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c&rsquo;est d\u2019associer cette violence \u00e0 la musique classique. Voil\u00e0 un voyou, et il aime Beethoven, la musique de la bourgeoisie ? Scandale ! Deuxi\u00e8me film o\u00f9 l&rsquo;auteur de <strong>2001 <\/strong>renonce \u00e0 utiliser une musique originale, <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong> magnifie chaque pi\u00e8ce utilis\u00e9e. Le viol et la bagarre d\u2019ouverture trait\u00e9e comme un ballet, sur<em> La Pie Voleuse <\/em>de Rossini. Le sexe <em>threesome <\/em>sur <em>L&rsquo;Ouverture de Guillaume Tell<\/em>. La <em>Neuvi\u00e8me Symphonie<\/em>, presque partout. Comme dit Alex, \u00ab <em>on n\u2019a pas le droit de faire \u00e7a \u00e0 Beethoven<\/em> \u00bb. Pourtant, Kubrick ne s\u2019en prive pas. C&rsquo;est en fait un double contrepoint : l\u2019oppos\u00e9 exact de la symphonie <strong>2001<\/strong>, o\u00f9 la musique magnifiait la puret\u00e9 des images. Ici, le film est presque tourn\u00e9 en 16mm, et la musique est d\u00e9natur\u00e9e par le synth\u00e9tiseur Moog de Walter Carlos&#8230; Mais c&rsquo;est aussi une musique commentatrice, qui ironise sur l\u2019histoire d\u2019Alex.<\/p>\n<p><strong>L\u2019hypocrisie sociale et la corruption<\/strong><br \/>\n<strong>Orange M\u00e9canique<\/strong> est d\u2019abord une charge noire contre une soci\u00e9t\u00e9 occidentale (et en particulier l\u2019Angleterre) en pleine d\u00e9liquescence. Les \u00e9lites ne savent plus \u00e0 quel saint se vouer ; la police, la prison ne sont plus la solution pour contenir la d\u00e9linquance. Le verrou de l&rsquo;ordre et de la morale a saut\u00e9 dans toutes les strates de la soci\u00e9t\u00e9 ; les flics se comportent comme des voyous (on finit m\u00eame par recruter les <em>droogs <\/em>d&rsquo;Alex dans la Police), les politiciens sont corrompus, de droite comme de gauche. M\u00eame les vieux se comportent comme les jeunes. Le clochard, tabass\u00e9 au d\u00e9but par Alex, se plaint qu&rsquo;on ne respecte plus les personnes \u00e2g\u00e9es. Mais lui-m\u00eame inverse les r\u00f4les \u00e0 la fin. La vieille dame aux chats donne des cours de Yoga, mais dit des obsc\u00e9nit\u00e9s, et en accroche au mur. Le Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, cens\u00e9 repr\u00e9senter la justice et l&rsquo;ordre, n&rsquo;est en fait que chaos et opportunisme derri\u00e8re une fa\u00e7ade \u00e9l\u00e9gante. Les partis de gauche n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 instrumentaliser Alex &#8211; jusqu&rsquo;\u00e0 le pousser au suicide &#8211; pour faire avancer la Cause.<br \/>\nLe gardien-chef de prison est tr\u00e8s strict, tr\u00e8s vieille Angleterre ; mais il n&rsquo;\u00e9coute pas les sermons de l\u2019aum\u00f4nier, ou est troubl\u00e9 par les formes sculpturales du mannequin. Les parents, professent \u00e0 tout bout de champ amour parental et filial mais refusent pour de basses raisons financi\u00e8res d\u2019accueillir leur fils. Dans ce monde pourri, Alex fait office de martyr. C&rsquo;est normal, <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong> est un conte augustinien.<\/p>\n<p><strong>Saint-Augustin et le libre arbitre<\/strong><br \/>\nOn trouvera dans le film une \u00e9trange incarnation de la th\u00e9orie de Saint Augustin. Au cinqui\u00e8me si\u00e8cle, le penseur chr\u00e9tien nous dit que Dieu a confi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;homme le choix de faire le Bien. Et que nous avons donc la libert\u00e9&#8230; de faire le Mal. C&rsquo;est notre choix. Ce que nous dit Kubrick, dans la continuit\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne doit pas priver quelqu\u2019un de ce libre arbitre, au risque de payer de tr\u00e8s lourdes cons\u00e9quences. Appliqu\u00e9 au jeune <em>droog <\/em>Alex, la m\u00e9thode Ludovico est tout le contraire du message augustinien : Alex est soign\u00e9 pour faire le Bien, et uniquement le Bien. Il en devient malade, sans d\u00e9sir, sans famille, battu et humili\u00e9 comme Job. Sauf que lui le m\u00e9rite ? Non, dit Kubrick, on ne doit pas faire cela, m\u00eame \u00e0 une telle cr\u00e9ature. Et, c&rsquo;est comme par hasard un pr\u00eatre, seul v\u00e9ritable opposant \u00e0 la m\u00e9thode Ludovico, qui administre \u00e0 Alex, (et donc au spectateur), ce message. Paradoxalement, Kubrick ridiculise pourtant l\u2019aum\u00f4nier d\u00e8s sa sc\u00e8ne introductive, o\u00f9 il lui fait surjouer son sermon. Pourtant c\u2019est le seul personnage positif de cette farce, le seul qui n\u2019ait pas d\u2019agenda cach\u00e9, le seul qui ne soit pas hypocrite. Il n&rsquo;applaudit pas la d\u00e9monstration de la m\u00e9thode, il se dresse contre le politicien v\u00e9reux. En vain, \u00e9videmment.<\/p>\n<p><strong>Le masque <\/strong><br \/>\nLe masque est certes un th\u00e8me r\u00e9current chez Kubrick**. Mais il est particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong>. Les <em>droogs <\/em>portent des masques de nez-phallus pendant leurs m\u00e9faits. Mais le vrai masque, c&rsquo;est le visage de protagonistes, et le jeu outr\u00e9 des acteurs qui les incarnent***. Le visage de l\u2019\u00e9crivain handicap\u00e9 (Patrick Magee), est \u00e0 la fois un masque r\u00e9el (le visage doucereux masquant ses complots futurs) et un masque de com\u00e9die (la jouissance de la vengeance). Car c&rsquo;est bien de cela dont il s\u2019agit. Qu\u2019est-ce qui se cache derri\u00e8re un visage ? L\u2019outrageux maquillage des \u00ab gens des m\u00e9dias \u00bb de la sc\u00e8ne au Moloko Milkbar ou celui, rat\u00e9, de la m\u00e8re d\u2019Alex, le rire diabolique de son fils, les faux sourires timides des adolescentes qui rejoindront dans cinq minutes le lit dudit Alex\u2026 ? On voit bien le motif ; derri\u00e8re le visage, le masque, l\u2019apparence, c&rsquo;est exactement le contraire qu&rsquo;il faut lire. Le politicien de droite utilisera sans vergogne la racaille qu&rsquo;il pr\u00e9tend combattre, le politicien de gauche utilisera le <em>lumpen prol\u00e9tariat<\/em> \u00e0 n\u2019importe quel prix. Les gentils parents chercheront d\u2019abord leur int\u00e9r\u00eat p\u00e9cuniaire. Les <em>droogs<\/em> serviles d\u2019Alex se vengeront de lui d\u00e8s qu&rsquo;il aura le dos tourn\u00e9. Seul surnage le pr\u00eatre, ridiculis\u00e9, et Alex, le h\u00e9ros de cette histoire qui se pr\u00e9sente lui-m\u00eame comme un martyr du conte philosophique voltairien qu&rsquo;on appelle <em>L\u2019Orange M\u00e9canique. <\/em>Tel Candide, il a err\u00e9 de par le monde. Sa bosse une fois roul\u00e9e, il vient nous raconter ses malheurs : \u00ab <em>Allez-y, faites-moi la peau, bande de fumiers et de l\u00e2ches. Je m&rsquo;en fous, j&rsquo;ai pas envie de vivre, surtout dans un monde aussi d\u00e9gueulasse que celui-ci.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est cela le message de Kubrick, le programme qui irrigue tous ses films. Nous pr\u00e9tendons \u00eatre des hommes, on nous a confi\u00e9 ce pr\u00e9cieux libre-arbitre, et pour autant, nous nous conduisons souvent comme des b\u00eates****. Pour une fois, Kubrick t\u00e9moigne un minimum d\u2019empathie pour son personnage, probablement parce que c&rsquo;est le plus r\u00e9ellement, authentiquement, m\u00e9chant de sa filmographie.<\/p>\n<p>Est-ce pour cela qu\u2019<strong>Orange M\u00e9canique<\/strong> est toujours incompris ?<\/p>\n<p>Mais au fond, Kubrick a-t-il jamais \u00e9t\u00e9 compris ?<\/p>\n<p><em><br \/>\n* \u00ab L&rsquo;histoire d\u2019un jeune homme qui s\u2019int\u00e9resse principalement au viol, \u00e0 l\u2019ultraviolence, et \u00e0 Beethoven \u00bb<br \/>\n** Il en a m\u00eame fait un film : <strong>Eyes Wide Shut<\/strong><br \/>\n*** Signalant au passage la volont\u00e9 comique de l\u2019\u0153uvre<br \/>\n**** H\u00e9ritage que reprend volontiers un David Fincher<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Il y avait moi, c&rsquo;est-\u00e0-dire Alex, et mes trois droogies, c&rsquo;est-\u00e0-dire Pete, Georgie et Dim. 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