{"id":5152,"date":"2018-07-19T14:23:54","date_gmt":"2018-07-19T12:23:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=5152"},"modified":"2018-07-19T14:23:54","modified_gmt":"2018-07-19T12:23:54","slug":"persona","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5152","title":{"rendered":"Persona"},"content":{"rendered":"<p>On continue de profiter de l\u2019\u00e9t\u00e9 pour visiter les cath\u00e9drales de la cin\u00e9philie. Apr\u00e8s <strong>Th\u00e9or\u00e8me, Persona<\/strong>. Ingmar Bergman. L\u00e0 o\u00f9 <strong><a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=5114\">Th\u00e9or\u00e8me <\/a><\/strong>est un immonde verbiage marxisto-catholique, <strong>Persona<\/strong>, qui charrie pourtant des obsessions semblables et est film\u00e9 \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, se pr\u00e9sente au contraire comme un diamant noir, un linceul blanc. Et c\u2019est un noir intense \u00e0 l\u2019encre de Chine, c\u2019est un blanc immacul\u00e9 comme la mort. Au milieu, tout le reste est gris, c\u2019est-\u00e0-dire nous, nos \u00e2mes troubl\u00e9es, nos imperfections d&rsquo;insectoides humains.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la perfection graphique de chaque plan, Bergman ose tout ce qui est interdit au cin\u00e9ma : le contrechamp sauvage, le zoom impromptu, la sc\u00e8ne jou\u00e9e deux fois d&rsquo;affil\u00e9e, les plans inserts abscons : une araign\u00e9e, un cadavre, une bite&#8230;<\/p>\n<p>Tout cet exercice exp\u00e9rimental serait assez vain, s\u2019il n&rsquo;\u00e9tait au service d&rsquo;un propos. En l\u2019occurrence, la crise existentielle que traversent la (ou les) protagonistes. A savoir, une actrice devenue subitement muette (Liv Ullmann) et son infirmi\u00e8re (Bibi Andersson), qui, forc\u00e9ment, parle pour deux. <\/p>\n<p>Petit \u00e0 petit, se noue une relation pour le moins ambigu\u00eb entre la patiente et l\u2019infirmi\u00e8re. Une affection, une admiration, qui va tourner au quiproquo lesbien. Puis, au mitan du film, surgit une incroyable confession, qui fait basculer le film. <\/p>\n<p>Tout le dispositif cin\u00e9matographique bergmanien sert \u00e0 exprimer cette intention ; l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 des images questionne ce que le spectateur est <em>r\u00e9ellement <\/em>en train de regarder, et met litt\u00e9ralement le spectateur <em>au centre<\/em> de la folie rampante des personnages. <\/p>\n<p>Le film se conclut \u00e9galement de mani\u00e8re abrupte, laissant le public \u00e0 ses interrogations et \u00e0 ses doutes. <\/p>\n<p>L\u2019impact de <strong>Persona <\/strong>fut immense ; on retrouve ses traces chez Altman (<strong>3 Femmes<\/strong>), Lynch (<strong>Mulholland Drive<\/strong>) et bien s\u00fbr, Woody Allen, qui v\u00e9n\u00e8rait Bergman. Mais on peut aussi rep\u00e9rer des traces tardives, trente ans plus tard, dans le Kubrick d\u2019<strong>Eyes Wide Shut<\/strong> : une confession semblable, celle de Kidman, fait basculer Cruise dans la folie. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On continue de profiter de l\u2019\u00e9t\u00e9 pour visiter les cath\u00e9drales de la cin\u00e9philie. Apr\u00e8s Th\u00e9or\u00e8me, Persona. Ingmar Bergman. L\u00e0 o\u00f9 Th\u00e9or\u00e8me est un immonde verbiage marxisto-catholique, Persona, qui charrie pourtant des obsessions semblables et est film\u00e9 \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, se pr\u00e9sente au contraire comme un diamant noir, un linceul blanc. 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