{"id":5132,"date":"2018-07-08T19:52:26","date_gmt":"2018-07-08T17:52:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=5132"},"modified":"2018-07-06T20:30:54","modified_gmt":"2018-07-06T18:30:54","slug":"2001-lodyssee-de-lespace-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5132","title":{"rendered":"2001, L\u2019Odyss\u00e9e de l\u2019Espace"},"content":{"rendered":"<p><strong>2001<\/strong> ressort en salles, et il n&rsquo;y a pas de limites \u00e0 notre \u00e9merveillement. On l\u2019a vu 7 ou 8 fois, toujours en salle, car c\u2019est un film qui ne peut pas \u00eatre vu sur l\u2019\u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision. Et pourtant, au-del\u00e0 de la grande affaire marketing du moment (le r\u00e9\u00e9talonnage effectu\u00e9 par le fan Christopher Nolan (r\u00e9\u00e9talonnage dont on n\u2019a pas vu grand\u2019chose)), il reste toujours de l\u2019espace \u00e0 la r\u00e9flexion dans le plus grand et le plus beau film de Kubrick. Pas sur le sens qu\u2019on peut donner au film, puisque cela reste le d\u00e9bat \u00e9ternel des pro- ou anti-<strong>2001<\/strong>. Il y a deux sortes de spectateurs, face au monolithe noir de la cin\u00e9philie : ceux qui n\u2019ont rien compris et d\u00e9test\u00e9, et ceux qui n\u2019ont rien compris et ador\u00e9. <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=5104\">On a expliqu\u00e9 dans une chronique pr\u00e9c\u00e9dente qu\u2019on avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 adorer <strong>2001<\/strong> avant m\u00eame de l\u2019avoir vu.<\/a> Mais aujourd\u2019hui, nous sommes capables de faire le devoir d\u2019inventaire et de reconna\u00eetre que certaines de nos passions 80s n\u2019ont pas surv\u00e9cu \u00e0 trente ans de cin\u00e9philie : <strong>Stand By Me<\/strong> ou <strong>La Vie de Brian<\/strong>, par exemple. Mais 2001  reste un bloc noir imp\u00e9n\u00e9trable, propice \u00e0 la r\u00eaverie, \u00e0 la r\u00e9flexion et \u00e0 l\u2019analyse. S\u2019il porte en lui des obsessions habituelles de son auteur, on en d\u00e9couvre \u00e0 chaque fois de nouvelles. Inventaire.<\/p>\n<p><strong>L\u2019incommunicabilit\u00e9<\/strong><br \/>\nLe th\u00e8me transverse de Kubrick, c\u2019est s\u00fbrement <strong>L&rsquo;Odyss\u00e9e de l&rsquo;Espace<\/strong> qui l\u2019a le mieux trait\u00e9, et de la mani\u00e8re la plus extr\u00eame. A tel point que c&rsquo;est peut-\u00eatre ce qui rend le film inaccessible \u00e0 une partie du public, en le privant de personnages traditionnels, capable de v\u00e9hiculer des \u00e9motions. Et c\u2019est, paradoxalement, un sujet d\u2019\u00e9tonnement. <\/p>\n<p>Les films pr\u00e9c\u00e9dents de Kubrick avaient  des personnages normaux, m\u00eame si l\u2019incommunicabilit\u00e9 faisaient partie des d\u00e9fauts des personnages, du Commandant King Kong dans <strong>Dr Folamour<\/strong> ou d\u2019Humphrey Humphrey dans <strong>Lolita<\/strong>. Les personnages d\u2019apr\u00e8s seront dans cette m\u00eame veine (Alex, Barry Lyndon, Jack Torrance). Et l\u00e0 aussi, ils seront incarn\u00e9s. <\/p>\n<p>Mais jamais, ailleurs que dans <strong>2001<\/strong>, on trouvera pareilles coquilles vides que Dave Bowman et Frank Poole. Pourquoi ? Myst\u00e8re. M\u00eame si l\u2019humanit\u00e9 Kubrickienne se r\u00e9duit souvent \u00e0 une race d\u2019insectes observ\u00e9s \u00e0 la loupe, ici, c&rsquo;est glacial. Point de h\u00e9ros, sauf\u2026 une intelligence artificielle. Premier indice. <\/p>\n<p>Mais il faut y regarder de plus pr\u00e8s. D\u2019abord, tous les personnages ne sont pas jou\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les personnages \u00ab normaux \u00bb comme le docteur Floyd, prototype de l\u2019am\u00e9ricain sympathique, convivial, capable de discuter cordialement avec l\u2019ennemi sovi\u00e9tique, faire le bon papa avec sa petite fille, et mener \u00ab \u00e0 la cool \u00bb une r\u00e9union de travail. Pourtant, si on analyse ces sc\u00e8nes avec pr\u00e9cision, quelque chose cloche. Floyd ment aux sovi\u00e9tiques sur \u00ab l\u2019\u00e9pid\u00e9mie \u00bb qui ravage Clavius. Pire, il fait <em>semblant<\/em> de mentir pour cr\u00e9dibiliser l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie. L\u2019\u00e9change avec sa fille a l\u2019air normal, mais en fait il veut parler \u00e0 sa femme (qui n\u2019est pas l\u00e0) et donc la conversation avec la petite fille est en fait artificielle ; il n\u2019a rien \u00e0 lui dire, et ne lui donne pas satisfaction sur le cadeau qu\u2019elle demande. (On y reviendra, car il y a un autre anniversaire dans <strong>2001<\/strong>). Sur la Lune, on retrouve le Dr Floyd, pr\u00e9sent\u00e9 comme une sommit\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9e. Il attend que l\u2019\u00e9l\u00e9ment ext\u00e9rieur soit parti (le photographe), ce qui indique que la suite est confidentielle. Et si le bon docteur parle de fa\u00e7on tr\u00e8s conviviale, dans le fond il est en train de leur donner l\u2019ordre de se taire. De se taire sur le plus grand \u00e9v\u00e8nement de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 ? Sous l\u2019apparence de la cordialit\u00e9, la dictature. <\/p>\n<p>Ensuite, il y a les astronautes. Et l\u00e0, c\u2019est une toute autre affaire. Ils ne parlent pas, ils ne se parlent m\u00eame pas entre eux*. Pourtant ils ont dix-huit mois \u00e0 faire ensemble, ces deux astronautes. On pourrait supposer qu&rsquo;ils ont des choses \u00e0 se dire, des blagues, des histoires \u00e0 raconter. Non, ils font du sport seul, mangent seuls une nourriture infecte, jouent seuls aux \u00e9checs (contre la machine !) et quand ils se mettent \u00e0 se parler, pour de vrai, c\u2019est pour comploter. Comme Floyd. <\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 aussi une sc\u00e8ne tout \u00e0 fait \u00e9tonnante d\u2019anniversaire. Comme les astronautes sont en direction de Jupiter, les communications avec la terre sont devenues impossibles. Poole re\u00e7oit donc un message enregistr\u00e9 par ses parents. Ce qu\u2019ils disent est \u00e9videmment convenu : la petite cousine s\u2019est mari\u00e9e, l\u2019autre entre \u00e0 l\u2019universit\u00e9, on pense beaucoup \u00e0 toi, etc. Mais ce qui est extraordinaire, c\u2019est l\u2019attitude de Poole. Il se couche avec un masque orange sur le visage et regarde la vid\u00e9o. Il n\u2019a strictement aucune r\u00e9action. Dans n\u2019importe quel autre film, le personnage serait amus\u00e9, \u00e9nerv\u00e9, ou exc\u00e9d\u00e9. Mais l\u00e0, tel une machine, il n&rsquo;a aucune r\u00e9action**. <\/p>\n<p><strong>La fin de l\u2019humanit\u00e9 <\/strong><br \/>\nTout cela a un sens. Quand on met \u00e7a bout \u00e0 bout, et qu&rsquo;on interroge le reste de l\u2019\u0153uvre kubrickienne, tout s\u2019\u00e9claire. Kubrick n\u2019a cess\u00e9 \u00e0 la fois de se fasciner pour les machines (dans la vie ou au cin\u00e9ma) et de questionner ce qui signifie l\u2019humanit\u00e9. Ce n&rsquo;est pas pour rien qu&rsquo;il r\u00eavait de faire <strong>I.A.<\/strong>, un film qui interroge l\u2019id\u00e9e m\u00eame de conscience. <\/p>\n<p>Dans ses films, l\u2019homme se transforme souvent en machine (les proc\u00e9dures m\u00e9caniques des pilotes de <strong>Folamour<\/strong>, qui m\u00e8nent au d\u00e9sastre, les officiers des <strong>Sentiers de la Gloire<\/strong> qui appliquent les ordres les plus ridicules qui soient\u2026 ou ceux de <strong>Peur et D\u00e9sir\/Full Metal Jacket<\/strong>, qui se transforment en machines \u00e0 tuer ou \u00e0 violer.) <\/p>\n<p>Il y a aussi Alex, qu\u2019on voudrait \u00ab r\u00e9parer \u00bb, ou Jack Torrance, l\u2019\u00e9crivain-traitement de texte, qui tape la m\u00eame phrase comme un ordinateur bugg\u00e9. A chaque fois que l\u2019homme devient une machine, la violence n&rsquo;est pas loin. <\/p>\n<p>Dans <strong>2001<\/strong>, le th\u00e8me se r\u00e9p\u00e8te trois fois. Une civilisation extraterrestre essaie de faire avancer les singes (puis l\u2019humanit\u00e9 actuelle) dans la grande galerie de l\u2019\u00e9volution, en lui offrant \u00e0 chaque fois un monolithe noir en guise de manuel. Pourtant, \u00e0 chaque fois, la violence l\u2019emporte. On explique \u00e0 un singe comment faire un outil ? Il s\u2019en sert pour tuer ses cong\u00e9n\u00e8res. On montre la direction de Jupiter au Dr Floyd ? Il cache la d\u00e9couverte aux russes (cela pourrait \u00eatre une arme d\u00e9cisive). Seul Bowman, en devenant \u00ab\u00a0plus-qu&rsquo;humain\u00a0\u00bb pourra \u00e9chapper \u00e0 la violence. En contrepoint, Kubrick offre un vrai personnage&#8230; \u00e0 une machine : Hal9000 a une personnalit\u00e9, des sentiments, discute gentiment avec les astronautes, s\u2019inqui\u00e8te de leur sant\u00e9. Il est d&rsquo;abord dou\u00e9 de raison, puis devient paranoiaque, puis fou, puis tueur.<\/p>\n<p>Bref, humain. <\/p>\n<p><strong>La musique<\/strong><br \/>\nSi l&rsquo;on d\u00e9passe l\u2019anecdote qui veut que Kubrick, apr\u00e8s avoir envisag\u00e9 d\u2019utiliser Pink Floyd ou Alex North pour faire la musique de son film, ait eu la r\u00e9v\u00e9lation en voyant qu\u2019un monteur avait coll\u00e9 le <em>Beau Danube Bleu <\/em>sur ses images intergalactiques, il faut s\u2019attarder sur le r\u00f4le fondamental de la musique dans <strong>L&rsquo;Odyss\u00e9e de l&rsquo;Espace<\/strong>. Car \u00e0 partir de ce film, Kubrick ne fera plus jamais appel \u00e0 un compositeur. \u00ab <em>Pourquoi prendre quelqu\u2019un alors qu\u2019on a \u00e0 sa disposition la musique de Beethoven ?<\/em> \u00bb dira-t-il quelques ann\u00e9es plus tard. <\/p>\n<p>Il y a quatre musiques dans 2001. Le th\u00e8me de la transformation, <em>Ainsi Parlait Zarathoustra<\/em>, qui est devenu l\u2019ic\u00f4ne du film, salue chaque progr\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9. La valse de Strauss, <em>Le Beau Danube Bleu<\/em>, accompagne le mouvement majestueux des vaisseaux spatiaux en orbite. L\u2019adagio de <em>Gayane<\/em>, seule \u00ab vraie musique de film \u00bb essaie de transmettre une \u00e9motion aux spectateurs ; le terrible sentiment de solitude des astronautes dans l\u2019espace. Et la musique de Ligeti (<em>Requiem<\/em> et <em>Lux Aeterna<\/em>) musique totalement contemporaine puisqu\u2019elle venait de sortir 1966 ; musique \u00ab anormale \u00bb, stridente, atonale th\u00e9matise la d\u00e9couverte du monolithe sur la Lune, puis le voyage \u00e0 travers celui de Jupiter, la \u00ab porte des \u00e9toiles \u00bb. <\/p>\n<p>Ces choix ne sont pas anodins. En effet Kubrick a une obsession pour la valse, car la valse, c\u2019est humanit\u00e9 qui tourne en rond, c\u2019est la d\u00e9cadence. (<em>Le Beau Danube Bleu<\/em> est pr\u00e9sent dans la sc\u00e8ne du bal dans les <strong>Sentiers de la Gloire<\/strong> et signe la fin du monde austro-hongrois, la valse de la <em>Pie Voleuse<\/em>, celle de l\u2019occident ravag\u00e9 par les punks d\u2019<strong>Orange M\u00e9canique<\/strong>, la <em>Jazz suite<\/em> de Chostakovitch, le d\u00e9clin du couple Hartford). Au contraire, la musique de Ligeti, c\u2019est le progr\u00e8s. Dans <strong>Shining<\/strong>, <em>Lontano<\/em> est le d\u00e9but de la m\u00e9tamorphose de Danny vers un \u00eatre sup\u00e9rieur qui terrassera Jack, le P\u00e8re-monstre. Dans <strong>Eyes Wide Shut<\/strong>, c&rsquo;est l\u2019exp\u00e9rience initiatique de l\u2019orgie (sur la <em>Musica ricercata<\/em>) qui d\u00e9truit la valse infernale Kidman-Cruise pour que le couple (austro-hongrois, dans le livre) puisse rena\u00eetre. Ici, <em>Lux Aterna<\/em> (la lumi\u00e8re \u00e9ternelle) signe le transmutation obligatoire de l\u2019humanit\u00e9 vers la Nouvelle Humanit\u00e9, incarn\u00e9e par le Bowman-f\u0153tus final.  <\/p>\n<p><strong>Le conte <\/strong><br \/>\nLa forme du conte a toujours fascin\u00e9 Kubrick, m\u00eame si ses films n\u2019ont pas toujours \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s comme tels. Le conte comique, voltairien d\u2019<strong>Orange M\u00e9canique<\/strong>, par exemple. Mais aussi le conte de f\u00e9e &#8211; fa\u00e7on petit chaperon rouge &#8211; de <strong>Shining<\/strong>. Ou le conte de no\u00ebl pour adultes d\u2019<strong>Eyes Wide Shut<\/strong>. Ici, il s\u2019agit plut\u00f4t du mythe grec, install\u00e9 hom\u00e9riquement d\u00e8s le titre. Il est vrai que les Ulysse de <strong>2001<\/strong> font p\u00e2le figure. Mais il s&rsquo;agit bien de l\u2019odyss\u00e9e de deux humains rus\u00e9s, seuls face au monstre : ici, un cyclope \u00e0 l\u2019\u0153il rouge sait tout de ces mis\u00e9rables humains et envoie des rapports d\u00e9taill\u00e9s aux Dieux rest\u00e9s sur Terre. Mais Cyclope d\u00e9raille, et, dans la tradition de la bonne trag\u00e9die grecque, devient fou. Il va bien falloir que les h\u00e9ros trouvent le moyen de tuer la b\u00eate. Ils complotent en s\u2019isolant dans une capsule. Mais &#8211; figure classique \u2013 le cyclope les surprend, et lit le plan sur leurs l\u00e8vres. Il tue Frank et les astronautes en hibernation, puis emp\u00eache Dave de revenir dans le vaisseau spatial. Pire, il se permet une blague macabre : \u00ab <em>\u00c7a m\u2019\u00e9tonnerait que tu arrives \u00e0 rentrer sans ton scaphandre<\/em> \u00bb. C\u2019est mal conna\u00eetre Ulysse: le h\u00e9ros grec a toujours plus d\u2019un tour dans son sac. Dave l\u2019archer (Bowman) fait sauter des boulons explosifs, retient son souffle, trouve un autre scaphandre, p\u00e9n\u00e8tre dans le labyrinthe rouge et blanc arm\u00e9 de son \u00e9p\u00e9e (un tournevis), puis tue le Minotaure \u00e9lectronique, qui se met alors \u00e0 chanter\u2026 une comptine. La boucle est boucl\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Les obsessions freudiennes<\/strong><br \/>\nD&rsquo;abord, il y a cette sc\u00e8ne totalement incongrue de toilettes en z\u00e9ro gravit\u00e9. Beaucoup y ont vu un trait d&rsquo;humour, mais il y a trop de sc\u00e8nes de WC chez Kubrick pour y voir de l&rsquo;innocence***. Floyd vient souvent en orbite; pourquoi doit-il lire \u00e0 nouveau les instructions ?****  C&rsquo;est, l\u00e0 encore, l&rsquo;illustration de la d\u00e9shumanisation programm\u00e9e : si les singes mangent la viande \u00e0 pleine dent, les humains mangent une fausse nourriture : faux repas en pur\u00e9e multicolores, faux sandwich dans la navette. Manger comme des nouveaux n\u00e9s, faire caca, ces pr\u00e9occupations scatologiques sont totalement enfantines. Or, un b\u00e9b\u00e9 s\u2019appr\u00eate \u00e0 na\u00eetre&#8230;<\/p>\n<p>Et justement, il y a deux formes dans <strong>2001<\/strong>, le rond et le pointu. Les seins et les phallus. Pendant tout le film, des choses pointues p\u00e9n\u00e8trent des formes rondes.Vaisseaux spatiaux en forme de fl\u00e8che, capsules et navettes rondes, roue en orbite p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e par leur fente centrale&#8230; <\/p>\n<p>Et \u00e0 la fin, surgit le plus incroyable b\u00e9b\u00e9 du cin\u00e9ma. Il sera pass\u00e9 par plusieurs ut\u00e9rus. La station sur la lune, ovo\u00efde rouge sang, les capsules f\u0153tus o\u00f9 complotent les jumeaux Frank et Dave, contre papa Hal 9000. Dans le voyage final, on r\u00e9gresse \u00e0 nouveau. Bowman passe de l\u2019\u00e2ge d\u2019homme \u00e0 celui de mourant en quelques minutes. A chaque plan, un Bowman plus jeune surprend son double plus vieux, puis en contre-champ, le plus jeune a disparu. <\/p>\n<p>Il ne reste alors plus \u00e0 un Bowman centenaire que de lever le doigt de la chapelle Sixtine (Dieu touchant son cr\u00e9ateur, ici le monolithe) pour rena\u00eetre \u00e0 nouveau : un f\u0153tus \u00e9nigmatique, qui lance le regard face cam\u00e9ra le plus troublant qui ait jamais \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de voir au cin\u00e9ma\u2026.<\/p>\n<p><em>*Dave et Frank parlent normalement dans une seule sc\u00e8ne, celle de l\u2019interview t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 ; la fausse cordialit\u00e9, la coolitude assum\u00e9e du st\u00e9r\u00e9otype m\u00e2le am\u00e9ricain, est pour les medias, l\u2019ext\u00e9rieur, la soci\u00e9t\u00e9. On voit bien les autres personnages am\u00e9ricains de Kubrick qui entrent dans ce moule schizophr\u00e8ne : le Joker, les soldats de Folamour, Jack Torrance ou Bill Hartford.<br \/>\n** D\u2019ailleurs il ne r\u00e9pond pas ce message&#8230;<br \/>\n*** Une le\u00e7on de morale morbide dans <strong>Shining<\/strong>, un suicide dans <strong>Full Metal Jacket<\/strong>, Mrs Kidman qui s&rsquo;essuie dans <strong>Eyes Wide Shut<\/strong><br \/>\n*** copyright James Malakansar <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2001 ressort en salles, et il n&rsquo;y a pas de limites \u00e0 notre \u00e9merveillement. On l\u2019a vu 7 ou 8 fois, toujours en salle, car c\u2019est un film qui ne peut pas \u00eatre vu sur l\u2019\u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision. 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