{"id":5029,"date":"2018-04-03T13:50:29","date_gmt":"2018-04-03T11:50:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=5029"},"modified":"2018-04-04T17:20:46","modified_gmt":"2018-04-04T15:20:46","slug":"ready-player-one","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=5029","title":{"rendered":"Ready Player One"},"content":{"rendered":"<p>Steven Spielberg d\u00e9clarait autrefois que pour juger de la qualit\u00e9 d&rsquo;un film, il fallait pouvoir le regarder en entier sans le son. C\u2019est \u00e0 dire sans dialogue pour en d\u00e9voiler l\u2019intrigue, et sans musique pour y indiquer les \u00e9motions \u00e0 ressentir. Il serait int\u00e9ressant de passer <strong>Ready Player One<\/strong> \u00e0 l\u2019aune de ce filtre-l\u00e0 : il est clair que le dernier opus Spielbergien retournerait \u00e0 la table de montage, voire au stade pr\u00e9coce du d\u00e9veloppement. <\/p>\n<p>Car <strong>Ready Player One<\/strong> est totalement incompr\u00e9hensible. Cette avalanche de poursuites, bagarres, et fusillades virtuelles sur fond d\u2019\u00e9pop\u00e9e technico-fantastique (\u00ab <em>Retrouvez les  3 clefs, LA SURVIE DE L\u2019OASIS EN DEPEND !!!<\/em> \u00bb) n&rsquo;est que le clone 2010 (boost\u00e9e aux amph\u00e9tamines CGI-3D) de <strong>Tron<\/strong>, premier du nom : des <em>gamers<\/em> s\u2019introduisent dans la matrice pour affronter un grand m\u00e9chant capitaliste dirigeant la grande m\u00e9chante Corporation. Mais le film maudit de Disney avait l&rsquo;avantage de la nouveaut\u00e9, et celui d\u2019engendrer un immense sentiment po\u00e9tique*. Po\u00e9sie dont est totalement d\u00e9pourvu le Spielberg, enti\u00e8rement perdu \u00e0 son rythme fr\u00e9n\u00e9tique insoutenable.  <\/p>\n<p>Car m\u00eame si le talent du \u00ab Spielberg de l&rsquo;enfance \u00bb (E.T., I.A., Hook) transparait parfois (dans le regard des personnages 3D plus que dans les acteurs, d&rsquo;ailleurs) il n&rsquo;est pas suffisant pour insuffler des \u00e9motions \u00e0 ses personnages, leurs enjeux \u00e9tant inexistants. Pourquoi ces enfants se battent-ils dans une lutte \u00e0 la vie, \u00e0 la mort ? Pour  gagner une partie d\u2019un immense jeu vid\u00e9o qui leur permettra d\u2019h\u00e9riter d\u2019une entreprise qui vaut des milliards de dollars\u2026 Quel sorte d\u2019enjeux spielbergien est-ce l\u00e0 ? Quelle sorte de morale ? Le film h\u00e9site en permanence entre un futur dystopique \u00e0 la <strong>Minority report<\/strong> o\u00f9 le jeu vid\u00e9o est devenu le nouvel opium du peuple, et une \u00e9loge-hommage du <em>gaming<\/em>, sa culture, et ses geeks. A la fin, on conclut mi-ch\u00e8vre mi-chou que le jeu vid\u00e9o c&rsquo;est vraiment bien, mais pas le mardi et le jeudi, o\u00f9 l&rsquo;on devra se d\u00e9connecter, car \u00ab\u00a0<em>la r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est le seul endroit o\u00f9 les choses sont (SIC)&#8230; r\u00e9elles<\/em>**&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Ready Player One<\/strong> est donc triplement incompr\u00e9hensible. On ne comprend pas l&rsquo;intrigue, on ne comprend pas la morale de cette histoire, mais surtout, on ne comprend pas le projet : \u00e0 qui s&rsquo;adresse ce film ? Soit c&rsquo;est l\u2019adaptation d\u2019une \u0153uvre de litt\u00e9rature adolescente et dans ce cas, \u00e0 quoi servent les r\u00e9f\u00e9rences, pour la plupart inaudibles, aux ann\u00e9es 80*** ? Soit c&rsquo;est l\u2019hommage \u00e0 cette culture pop des quadras\/quinquas, \u00e0 laquelle Spielberg a tant particip\u00e9 et tant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, et dans ce cas, pourquoi autant de simplicit\u00e9, pour ne pas dire de b\u00eatise ? <\/p>\n<p><em>* Notamment gr\u00e2ce \u00e0 une fabuleuse direction artistique, qui manque totalement ici, vu que ce n&rsquo;est que l&#8217;empilement des tous les jeux vid\u00e9os (et de leur direction artistique aff\u00e9rente) depuis trente ans<br \/>\n** \u00ab\u00a0Because reality is real\u00a0\u00bb<br \/>\n** On voit ce que peuvent en faire les fr\u00e8res Duffer, les nouveaux Spielberg de <strong>Stranger Things<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Steven Spielberg d\u00e9clarait autrefois que pour juger de la qualit\u00e9 d&rsquo;un film, il fallait pouvoir le regarder en entier sans le son. 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