{"id":4571,"date":"2017-02-05T15:07:19","date_gmt":"2017-02-05T14:07:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=4571"},"modified":"2017-02-05T15:07:31","modified_gmt":"2017-02-05T14:07:31","slug":"nadal-federer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=4571","title":{"rendered":"Nadal-Federer, victoire au ralenti"},"content":{"rendered":"<p>\u00c7a y est : en cinq sets miraculeux, le Prince-Electeur de B\u00e2le vient de battre \u00e0 la r\u00e9guli\u00e8re le m\u00e9chant Baronnet de Majorque. C&rsquo;\u00e9tait dimanche dernier, la finale de l\u2019Open d\u2019Australie. On l\u2019a dit, le sport proc\u00e8de le m\u00eame dramaturgie que le cin\u00e9ma ou le th\u00e9\u00e2tre\u2026 c&rsquo;\u00e9tait particuli\u00e8rement vrai la semaine derni\u00e8re\u2026<\/p>\n<p>Car rien ne ressemble plus au tennis qu&rsquo;un tournoi de chevalerie. Cet affrontement \u00e0 distance, cach\u00e9 \u00e0 l\u2019abri d\u2019une lice (le filet) est pourtant d&rsquo;une violence impitoyable. \u00c0 cela s&rsquo;ajoute le conte de f\u00e9e : le gentil Federer, sa princesse et ses deux adorables enfants contre le m\u00e9chant Nadal, jamais souriant, la m\u00e2choire carnassi\u00e8re et perp\u00e9tuellement ferm\u00e9e (s&rsquo;il l\u2019ouvrait, en sortirait-il des vapeurs m\u00e9phitiques ?), et dont on ne connait rien de la vie extratennistique. <\/p>\n<p>Rien n&rsquo;est moins vrai, bien s\u00fbr. On dit parfois que Nadal est le plus grand joueur de tennis, et Federer, le plus grand champion. Mais leur palmar\u00e8s est comparable (14 grands chelem contre 18), et s&rsquo;il y a rivalit\u00e9, aucune haine n\u2019existe entre eux.<\/p>\n<p>Pourtant, il suffisait de regarder le spectacle dans un caf\u00e9 parisien, o\u00f9 tous, du fan de tennis \u00e0 la m\u00e9m\u00e9 de passage, s\u2019enthousiasmaient pour Federer et vouaient Nadal &#8211; inexplicablement &#8211; aux g\u00e9monies. <\/p>\n<p>Pour autant, m\u00eame si tout est bien qui finit bien, et que le conte de f\u00e9e federerien se termine comme il \u00e9tait \u00e9crit &#8211; la princesse acclamant son h\u00e9ros, ils v\u00e9curent heureux et eurent encore  beaucoup d&rsquo;enfants &#8211; quelque chose est venu g\u00e2cher cette belle histoire. <\/p>\n<p>Ce quelque chose, \u00e7a s&rsquo;appelle le ralenti. Car lors du point final, apr\u00e8s cinq jeux harassants gagn\u00e9 par le suisse, l\u2019espagnol demanda l\u2019arbitrage vid\u00e9o de cette ordalie. Nous, supporters de Federer, savions qu&rsquo;il avait gagn\u00e9. Au moyen-\u00e2ge, ou il y a quelques ann\u00e9es, aucun chevalier du tennis ne se serait abaiss\u00e9 \u00e0 demander un arbitrage. Les erreurs d\u2019arbitrage faisaient la joie ou le drame du spectateur. La part inconnue de drame cr\u00e9ait cette intense dramaturgie. <\/p>\n<p>Ceux qui suivent le foot connaissent \u00e7a. Comme par hasard, le sport le plus populaire au monde refuse de s\u2019aligner sur la vid\u00e9o. Il a compris que l\u2019intensit\u00e9 des \u00e9motions vient de l\u00e0 ; l\u2019arbitraire et pas l&rsquo;arbitrage, le chevalier f\u00e9lon qui leste sa lance pour faire tomber le preux Lancelot. La tra\u00eetrise, la main de Thierry henry, les \u00e9chantillons de sang des anglais \u00e0 Twickenham, Lance Armstrong ou Maradona&#8230;<\/p>\n<p>Le Tennis, lui, a sombr\u00e9 aux avances du ralenti. Ce ralenti impitoyable qui condamna Nadal et sacra Federer. Celui-ci, ayant retenu son \u00e9motion, se mit \u00e0 crier comme un enfant de sept ans \u00e0 qui on offrait un train \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;\u00e9tait trop tard, l\u2019\u00e9motion \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 partie. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c7a y est : en cinq sets miraculeux, le Prince-Electeur de B\u00e2le vient de battre \u00e0 la r\u00e9guli\u00e8re le m\u00e9chant Baronnet de Majorque. C&rsquo;\u00e9tait dimanche dernier, la finale de l\u2019Open d\u2019Australie. 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