{"id":3546,"date":"2015-04-22T23:30:38","date_gmt":"2015-04-22T21:30:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=3546"},"modified":"2015-04-22T23:30:38","modified_gmt":"2015-04-22T21:30:38","slug":"dear-white-people","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=3546","title":{"rendered":"Dear White People"},"content":{"rendered":"<p>C&rsquo;est quand on croit que le cin\u00e9ma est mourant qu&rsquo;il se remet sur pied. Tandis que <strong>les Vengeurs Deux<\/strong> sortent en salle et que <strong>L\u2019Homme de Fer Trois<\/strong> passe en boucle sur Canal+, et que, subs\u00e9quemment, nous nous blottissons au fond de la tranch\u00e9e pour ne regarder que des s\u00e9ries (<strong>Mad Men-BreakingBad-Game of Thrones<\/strong>), <strong>Dear White People<\/strong> sort du bois. Et pas de n\u2019importe quel bois : celui dont on fait <strong>Metropolitan<\/strong>, <strong><a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=2160\">Damsels in Distress<\/a>, Nola Darling n&rsquo;en Fait qu&rsquo;\u00e0 sa T\u00eate<\/strong>. C\u2019est-\u00e0-dire le meilleur du cin\u00e9ma C\u00f4te Est, <em>Ivy League<\/em>, qui nous a donn\u00e9 le Spike Lee des bons jours, et Whit Stillman tous les jours.<\/p>\n<p><strong>Dear White People<\/strong>, c&rsquo;est un petit film qui n\u2019a l\u2019air de rien, une petite com\u00e9die de fac. Un sujet qui, trait\u00e9 autrement, pourrait tout aussi bien donner <strong>American Pie<\/strong> ou <strong><a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=1341\">Social Network<\/a><\/strong>. Dear White People ne fait ni l\u2019un ni l\u2019autre, car c&rsquo;est l\u2019\u0153uvre d\u2019un cin\u00e9aste naissant : Justin Simien. <\/p>\n<p>Le pitch, anecdotique, se r\u00e9sume en deux phrases. A Winchester, une fac collet mont\u00e9 de la C\u00f4te Est, la guerre raciale fait rage, m\u00eame si elle se joue \u00e0 fleurets mouchet\u00e9s. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 les blancs, s\u00fbrs d\u2019eux-m\u00eames, de l\u2019autre les noirs, tous riches, mais s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9s quand m\u00eame. Et au sein de cette communaut\u00e9 noire, la r\u00e9volte gronde : les extr\u00e9mistes communautaristes, men\u00e9s par la s\u00e9duisante activiste Samantha, qui lance br\u00fblot sur br\u00fblot dans son \u00e9mission culte \u00ab <em>Dear White People<\/em> \u00bb, une allusion aux \u00ab <em>Dear Black People<\/em> \u00bb de l\u2019animateur radio ultraconservateur Rush Limabugh. De l&rsquo;autre, le courant r\u00e9formiste, pilot\u00e9 par Troy, le propre fils du Doyen mais aussi \u2026 l\u2019amant de Sam. <\/p>\n<p>L&rsquo;essentiel est l\u00e0 : un <strong>Jules et Jim<\/strong> de com\u00e9die, o\u00f9 tous les personnages se pi\u00e8gent dans les st\u00e9r\u00e9otypes o\u00f9 ils eux-m\u00eames se sont enferm\u00e9s\u2026 Troy, le fils \u00e0 papa Oreo (comme les fameux g\u00e2teaux : black \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, blanc \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur), la r\u00e9volt\u00e9e m\u00e9tisse qui cache quelque chose derri\u00e8re cette peau mul\u00e2tre. Car tout le monde en prend pour son grade, et pas seulement les blancs. Mais comme chez Spike Lee, Justin garde ses meilleures fl\u00e8ches pour sa propre communaut\u00e9 : derri\u00e8re les mots tout n&rsquo;est qu\u2019affaire de prise de pouvoir. Simien d\u00e9nonce les propres clivages internes, li\u00e9s \u00e0 la noirceur plus ou moins prononc\u00e9e de la peau. Autre preuve que le racisme existe partout, m\u00eame au sein de sa propre communaut\u00e9, il y a toujours pire qu\u2019un noir : un noir homosexuel.<\/p>\n<p>Cerise sur le g\u00e2teau : Simien est aussi un grand styliste. Au mitan de Wes Anderson et de Whit Stillman, chaque plan de <strong>Dear White People<\/strong> est millim\u00e9tr\u00e9, au cadrage comme au  rythme, pour obtenir l&rsquo;effet comique attendu. <\/p>\n<p>Justin Simien est un futur grand cin\u00e9aste. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est quand on croit que le cin\u00e9ma est mourant qu&rsquo;il se remet sur pied. 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