{"id":2949,"date":"2014-01-17T00:21:36","date_gmt":"2014-01-16T23:21:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=2949"},"modified":"2014-01-17T00:21:44","modified_gmt":"2014-01-16T23:21:44","slug":"friday-night-lights","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=2949","title":{"rendered":"Friday Night Lights"},"content":{"rendered":"<p>Allez, un peu de sociologie US ! Les am\u00e9ricains se sont cr\u00e9\u00e9 deux sports terriblement anglais, le foot am\u00e9ricain (succ\u00e9dan\u00e9 du rugby) et le baseball (un cricket simplifi\u00e9). Deux sports similaires \u00e0 leurs albionesques ain\u00e9s, mais surtout, \u00f4 grand surtout, <em>absolument pas anglais<\/em>. Tellement idiomatiques qu&rsquo;ils sont inexportables, tandis que le football a conquis la plan\u00e8te. <\/p>\n<p>Ces deux sports ne repr\u00e9sentent pas la m\u00eame id\u00e9e de l&rsquo;Am\u00e9rique : le baseball, c&rsquo;est un regard nostalgique et pass\u00e9iste. Ses grands h\u00e9ros sont morts : Joe di Maggio, Babe Ruth. C&rsquo;est aussi un sport plus intellectuel, cote est, avec ses <em>yankees <\/em>new yorkais et ses <em>red sox<\/em> bostoniens, si chers \u00e0 Stephen King. <\/p>\n<p>Le foot am\u00e9ricain, c&rsquo;est une certaine id\u00e9e du futur. Un sport brutal, puissant, viril : le sport du heartland, du sud, du Texas. Bien plus qu&rsquo;un sport. L&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;Am\u00e9rique se fait d&rsquo;elle-m\u00eame. Une id\u00e9e presque fasciste, d\u2019ailleurs. Un sport martial, ressemblant \u00e0 une forme de service militaire, et qui produirait de futurs guerriers. Et en face, des cheerleaders. De jolies jeunes filles sportives et \u00e9lanc\u00e9es. Le lieu commun, maintes fois illustr\u00e9 &#8211; ou critiqu\u00e9 par le cin\u00e9ma US &#8211; le capitaine de l&rsquo;\u00e9quipe \u00e9pouse la cheftaine des cheerleaders. Un r\u00eave hitl\u00e9rien en somme, o\u00f9 le meilleur de l&rsquo;Am\u00e9rique s&rsquo;unit pour le meilleur de l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est tout le propos de <strong>Friday Night Lights<\/strong>. Un cadeau de l&rsquo;ami Phiphi (qu\u2019on a connu moins branch\u00e9 sport). Un cadeau empoisonn\u00e9, parce qu\u2019\u00e9videmment, maintenant on ne dort plus.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce que <strong>Friday Night Lights<\/strong> ? Un petit miracle, en v\u00e9rit\u00e9. En 45 minutes d&rsquo;\u00e9pisode, \u00e0 la fois une ode \u00e0 ce sport majestueux, \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique, \u00e0 ses valeurs (honn\u00eatet\u00e9\/courage\/sens du collectif) et une d\u00e9nonciation sans fard de ces exc\u00e8s. Hooliganisme, passion irraisonn\u00e9 pour ce sport, violence, dopage, racisme.<\/p>\n<p>Le pitch est \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un tr\u00e8s grand film admir\u00e9 ici : <strong>Le Plus Beau Des Combats<\/strong>. La m\u00eame histoire transpos\u00e9e par Peter Berg dans la petite cit\u00e9 texane (fictive) de Dillon. Les <em>Panthers<\/em>, l&rsquo;\u00e9quipe <em>high school<\/em> se lance dans une nouvelle saison avec pour objectif de gagner le championnat du Texas. Ce qui devrait \u00eatre facile, avec leur quarterback star Jason Street, qui va s\u00fbrement passer pro l&rsquo;an prochain. A <em>piece of cake<\/em> pour le nouvel entra\u00eeneur Eric Taylor (Kyle Chandler), qui d\u00e9barque \u00e0 Dillon avec femme (la sublime Connie Britton de <strong>Spin City<\/strong>, maintenant cougar sublime) et fille (Aimee Teegarden). Mais lors du premier match, Jason est gravement bless\u00e9 lors d&rsquo;un choc. Va-t-il finir paralys\u00e9 ? Et comment va faire le coach, d\u00e9j\u00e0 sous pression, pour gagner le championnat ? <\/p>\n<p>Le coup de g\u00e9nie de <strong>Friday Night Lights<\/strong>, c&rsquo;est celui-l\u00e0. Poser sa cam\u00e9ra sur un championnat minable aux enjeux minuscules (gagner le championnat de l&rsquo;\u00e9tat l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;une quatri\u00e8me ou cinqui\u00e8me division de foot en France) et montrer \u00e0 quel point c&rsquo;est un enjeu terrible pour tous les personnages. Pour le coach, qui refuse de pactiser avec le diable (agent v\u00e9reux, dopage\u2026 ), pour une certaine \u00e9thique du sport. Pour la femme du coach, oblig\u00e9e de subir obligation sur obligation li\u00e9es au m\u00e9tier de son mari\u2026 Ou la fille du coach, 15 ans, qui se fait menacer par un supporter parce que d&rsquo;un p\u00e8re a perdu un match. Ou pour le jeune et maladroit nouveau quarterback, Matt Saracen, charg\u00e9 de remplacer la star adul\u00e9e, tout en g\u00e9rant d&rsquo;autres probl\u00e8mes comme un p\u00e8re en Irak et une grand-m\u00e8re au bord de l\u2019Alzheimer.  <\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e7a, <strong>Friday Night Lights<\/strong>, un m\u00e9lange de <strong>Fr\u00e8res Scott<\/strong> pour la chronique familiale, et <strong>L&rsquo;Enfer du Dimanche<\/strong> pour la critique acerbe du sport pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des am\u00e9ricains. Car rien n&rsquo;est esquiv\u00e9 : corruption, drogue, racisme, n\u00e9potisme, conflits d&rsquo;ego, impunit\u00e9 des joueurs tant qu&rsquo;ils gagnent, et mise au ban s&rsquo;ils perdent.<\/p>\n<p><strong>Friday Night Lights<\/strong> emprunte la technique de camouflage de <strong>A la Maison Blanche<\/strong> : derri\u00e8re cette \u00e9loge du mode de vie US qui a permis \u00e0 NBC de faire durer la s\u00e9rie pendant 5 saisons, se cache une critique en r\u00e8gle de la face noire de l\u2019Am\u00e9rique, ses corsets moraux et religieux, sa corruption rampante, et la d\u00e9cadence qui guette. <\/p>\n<p><strong>Friday Night Lights<\/strong> est tout simplement magnifique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Allez, un peu de sociologie US ! Les am\u00e9ricains se sont cr\u00e9\u00e9 deux sports terriblement anglais, le foot am\u00e9ricain (succ\u00e9dan\u00e9 du rugby) et le baseball (un cricket simplifi\u00e9). 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