{"id":287,"date":"2008-08-24T23:14:17","date_gmt":"2008-08-24T21:14:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=287"},"modified":"2019-09-13T11:57:23","modified_gmt":"2019-09-13T09:57:23","slug":"apocalypse-now-redux-du-chef-doeuvre-au-film-amateur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=287","title":{"rendered":"Apocalypse Now Redux, du chef d&rsquo;\u0153uvre au film amateur"},"content":{"rendered":"<p>Ceux qui connaissent un peu le Professore savent qu&rsquo;<strong>Apocalypse Now <\/strong>est au pinacle de son panth\u00e9on cin\u00e9philique ; insurpassable, et inusable bloc de granit noir, que le temps lui-m\u00eame n&rsquo;arrive pas \u00e0 \u00e9roder.<\/p>\n<p>Las ! Coppola, constatant que son ex-ami Lucas* avec le remontage-reliftage-charcutage de ses <strong>Star Wars <\/strong>avaient engrang\u00e9 une petite fortune, d\u00e9cida de faire de m\u00eame avec son opus : <strong>Apocalypse Now Redux <\/strong>\u00e9tait n\u00e9. Depuis, pour notre plus grand malheur, seule cette version est disponible, aussi bien salles qu&rsquo;en DVD. <a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=1101\">Nous plaidons donc pour la r\u00e9\u00e9dition imm\u00e9diate de la version originale**<\/a> mais d&rsquo;abord, d\u00e9gonflons la baleine Redux.<\/p>\n<p>Baleine, c&rsquo;est le mot, puisque le f\u00e9lin rac\u00e9 de 2h33 est devenu un c\u00e9tac\u00e9 pesant de 3h22. Au programme : un pseudo Director&rsquo;s Cut, des sc\u00e8nes coup\u00e9es, et une version \u00ab qui explique tout \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Director&rsquo;s Cut : <\/strong>D\u00e9j\u00e0, on se moque du monde, quand on sait que la production tenta en vain de remettre de l&rsquo;ordre sur ce tournage qui s&rsquo;enlisait en Tha\u00eflande (envoyant m\u00eame le sc\u00e9nariste John \u00ab <em>Conan The Barbarian <\/em>\u00bb Milius, qui revint converti).<\/p>\n<p>Non, Coppola ne peut pas mentir : il a fait ce qu&rsquo;il voulait sur Apocalypse Now. Il vendit m\u00eame \u00e0 ses producteurs un sc\u00e9nario guerrier, avec <em>happy end<\/em>, qu&rsquo;il s&#8217;empressa de d\u00e9chirer une fois sur le plateau ; et l\u00e0 commenc\u00e8rent de longs mois d&rsquo;\u00e9criture sous marijuana, tournage, r\u00e9\u00e9criture, etc.<\/p>\n<p><strong>Sc\u00e8nes Coup\u00e9es<\/strong><br \/>\nUn autre mythe que ces sc\u00e8nes supprim\u00e9es. Supprim\u00e9es par qui !? Mais par Coppola lui-m\u00eame, jugeant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque que la sc\u00e8ne de la plantation fran\u00e7aise ne marchait pas. Pourquoi la rajouter aujourd\u2019hui, alors qu&rsquo;elle n\u2019apporte rien au film, et au contraire le dilue ? Idem pour les sc\u00e8nes de Brando rajout\u00e9es, pseudo-explicatives, sur sa transformation d&rsquo;officier exemplaire en tyran sanguinaire. On sait les difficult\u00e9s qu&rsquo;eu Coppola avec la star, qui n&rsquo;avait pas maigri comme il s&rsquo;y \u00e9tait engag\u00e9 (ce qui l&rsquo;obligea \u00e0 tourner dans le noir, pour le formidable r\u00e9sultat que l&rsquo;on sait), et qui surtout, n&rsquo;avait pas appris son texte. De ces improvisations d\u00e9lirantes, Coppola Version 1 tira un fabuleux po\u00e8me philosophique de vingt minutes. Coppola Version 2 pr\u00e9tend nous donner des explications fumeuses qui justifie plus explicitement le comportement sauvage de Kurtz. Pourtant, il n&rsquo;en est nul besoin ; les 120 premi\u00e8res minutes nous ayant suffisamment \u00e9difi\u00e9 sur l&rsquo;absurdit\u00e9 de la guerre du Vietnam.<\/p>\n<p>Pire enfin, est peut-\u00eatre le traitement r\u00e9serv\u00e9 au h\u00e9ros, le Capitaine Willard, \u00ab qui <em>voulait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment un mission, et qui pour ses p\u00e9ch\u00e9s, en recut une<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Willard est l&rsquo;un des plus int\u00e9ressants personnages de fiction de ces 30 derni\u00e8res ann\u00e9es. Cynique, mais finalement juste dans le chaos de la guerre, marin professionnel sur une barque emplie d&rsquo;amateurs, et qui pourtant, tel un h\u00e9ros grec, devra rencontrer sa Gorgone Kurtzienne pour s&rsquo;accomplir. C&rsquo;est assur\u00e9ment LE grand r\u00f4le de Martin Sheen (avec The West Wing, dans un autre genre), o\u00f9 son physique \u00e0 la fois falot et d\u00e9termin\u00e9 en fait le point de vue id\u00e9al du film. D&rsquo;abord pr\u00e9sent\u00e9 comme un type suicidaire lors d&rsquo;une sc\u00e8ne d&rsquo;ouverture d&rsquo;anthologie, il appara\u00eet pourtant rapidement comme le seul type sens\u00e9 au milieu de cet ab\u00eeme qu&rsquo;est devenu le Vietnam. D\u00e8s lors, le spectateur le suivrait jusqu\u2019aux 9 cercles de l&rsquo;enfer, ce qui ne manque pas d&rsquo;arriver.<\/p>\n<p>Mais Redux, par deux sc\u00e8nes idiotes, d\u00e9truit la statue patiemment \u00e9difi\u00e9e par la version originale. Une sc\u00e8ne d&rsquo;orgie avec des playmates*** qui vient \u00e0 tort humaniser le personnage, et pire, la sc\u00e8ne du surf vol\u00e9 \u00e0 Kilgore, qui en fait soudainement le complice rieur de ses compagnons d&rsquo;infortune. Dans la version d&rsquo;origine, Coppola avait plut\u00f4t tendu ses efforts vers une difficile relation officier d&rsquo;active &#8211; conscrits branleurs. Tout cet \u00e9difice s&rsquo;\u00e9croule dans le sourire complice de Sheen.<\/p>\n<p>Quiconque a eu le bonheur de pratiquer le cin\u00e9ma en amateur sait la difficult\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire un sc\u00e9nario qui 1) Se tienne 2) Soit int\u00e9ressant 3) Soit mat\u00e9riellement r\u00e9alisable. Et comme on est l\u00e0 pour se faire plaisir, il est tr\u00e8s difficile de couper au montage une sc\u00e8ne qui tient \u00e0 coeur, surtout si on y a consacr\u00e9 beaucoup d&rsquo;efforts \u00e0 la tourner.<\/p>\n<p>Dans le cin\u00e9ma pro, c&rsquo;est \u00e0 cela que servent les producteurs : donner des limites, des contraintes, couper quand il le faut, bref, savoir dire non. Malgr\u00e9 un mythe fran\u00e7ais persistant, le producteur n&rsquo;est pas un Dark Vador castrateur de pauvres artistes d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s. C&rsquo;est d\u2019abord un d\u00e9couvreur de talents, et ensuite l&rsquo;accoucheur de leurs \u0153uvres.<\/p>\n<p>Apocalypse Now Redux, priv\u00e9 de l&rsquo;indispensable cadre fourni par une production (Coppola \u00e9tant en l&rsquo;occurrence seul \u00e0 bord), transforme son chef d&rsquo;\u0153uvre en bouillie amateuriste.<\/p>\n<p><em>*ex-ami car brouill\u00e9s depuis la p\u00e9riode d&rsquo;Apocalypse Now, comme en t\u00e9moigne la petite vacherie cryptique : Harrison Ford en officier b\u00e9gayeur et maladroit dans la sc\u00e8ne du briefing : le colonel Lucas<\/em><\/p>\n<p>**<em>enfin originale, c\u2019est vite dit, puisqu&rsquo;il existait d\u00e9j\u00e0 plusieurs versions (g\u00e9n\u00e9rique de fin noir, g\u00e9n\u00e9rique avec explosions, etc.)<\/em><\/p>\n<p><em>*** dont l&rsquo;unique objet \u00e9tait, pour Coppola, d\u2019arriver \u00e0 baiser l&rsquo;une de ces authentiques playmates de Playboy, ce qu\u2019il fit. <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ceux qui connaissent un peu le Professore savent qu&rsquo;Apocalypse Now est au pinacle de son panth\u00e9on cin\u00e9philique ; insurpassable, et inusable bloc de granit noir, que le temps lui-m\u00eame n&rsquo;arrive pas \u00e0 \u00e9roder. 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