{"id":263,"date":"2008-07-14T22:21:43","date_gmt":"2008-07-14T20:21:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=263"},"modified":"2008-07-20T18:45:27","modified_gmt":"2008-07-20T16:45:27","slug":"un-conte-de-noel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=263","title":{"rendered":"Un Conte de No\u00ebl"},"content":{"rendered":"<p>Bon cette chronique est un peu orient\u00e9e, parce que, je l\u2019avoue, j\u2019aime Desplechin. Pire, j\u2019ai toujours aim\u00e9 Desplechin, et j\u2019ai tout vu. Je l\u2019aime depuis <strong>La Vie Des Morts<\/strong>, j\u2019ai ador\u00e9 <strong>Comment Je Me Suis Disput\u00e9<\/strong>, et j\u2019ai m\u00eame trouv\u00e9 des choses int\u00e9ressantes dans <strong>L\u00e9o<\/strong>, ou <strong>Esther Kahn<\/strong>. <\/p>\n<p>Pourtant, il repr\u00e9sente tout ce que nous d\u00e9testons chez CineFast : ce cin\u00e9ma germanopratin, bourgeois mais de gauche, emp\u00eatr\u00e9s dans ses petits probl\u00e8mes grotesques depuis Normale Sup\u2019.<\/p>\n<p>Mais une diff\u00e9rence, et de taille : Desplechin a du talent, et m\u00eame beaucoup de talent. C&rsquo;est un grand metteur en sc\u00e8ne, qui conna\u00eet les acteurs, sait les diriger, et m\u00eame s\u2019adapter (parfois) leur faibles capacit\u00e9s. C\u2019est un chef de bande, qui sait caster quand il faut, l\u00e0 ou il faut*. <\/p>\n<p>Ici, Desplechin a d\u00e9plac\u00e9 tout son cirque \u00e0 Roubaix, contre tout attente. Mais sa famille est originaire de Roubaix, et finalement, c&rsquo;est juste le d\u00e9cor qui change : un coup de TGV, et toute la mafia d\u00e9barque chez les parents (Roussillon et Deneuve) pour f\u00eater No\u00ebl. Un no\u00ebl un peu sp\u00e9cial, comme dans <em>Les Corrections<\/em>. Cette fois-ci, c&rsquo;est la m\u00e8re qui est malade. La Deneuve, m\u00e8re \u00e9gocentrique, ancienne belle blonde ayant \u00e9pous\u00e9 un vieux riche, a besoin d\u2019une transplantation de moelle osseuse. Probl\u00e8me : les donneurs ne sont pas l\u00e9gion : le fils indigne (Mathieu Amalric, g\u00e9nial comme d\u2019hab\u2019), tricard depuis cinq ans, est banni par la s\u0153ur vertueuse (Anne Consigny) pour un motif qui restera inexpliqu\u00e9. L\u2019autre donneur, c\u2019est, bingo ! le fils ado de la bonne s\u0153ur, qui sort d\u2019un s\u00e9jour en h\u00f4pital psychiatrique. Que va choisir la m\u00e8re ? Choix corn\u00e9lien, ou plut\u00f4t trag\u00e9die grecque, car la m\u00e8re s\u2019appelle Junon. Le p\u00e8re c&rsquo;est Abel, et l\u2019ado, c&rsquo;est Paul D\u00e9dalus, comme dans <em>l\u2019Ulysse <\/em>de Joyce, ou Amalric dans <strong>Comment Je Me Suis Disput\u00e9, Ma Vie Sexuelle<\/strong>. Vous suivez ? Tant mieux, parce qu\u2019il y a encore 2h30 comme \u00e7a. <\/p>\n<p>C\u2019est cruel, mais dr\u00f4le, comme la famille. Car Desplechin a non seulement du talent, mais il sait rendre universel une histoire parfaitement personnelle, ancr\u00e9e dans un milieu particulier qu\u2019il conna\u00eet tr\u00e8s bien. Ainsi ces querelles deviennent les n\u00f4tres, ces jalousies enfantines, ces rancoeurs tenaces, nous les partageons, et Desplechin tient sa dramaturgie de bout en bout, alors que le reste du film, aux mains d\u2019un autre r\u00e9alisateur moins dou\u00e9, semblerait un peu foutraque. On alterne les plans, les dialogues sont travaill\u00e9s, les com\u00e9diens s\u2019amusent, et on arrive \u00e0 passer du bon temps au milieu de cet univers au final tr\u00e8s noir. C\u2019est s\u00fbrement l\u2019un des meilleurs Desplechin, et peut \u00eatre l\u2019un des meilleurs films de l\u2019ann\u00e9e\u2026 <\/p>\n<p><em>*Une seule erreur au compteur : Emmanuelle Devos en grande bourgeoise dans <strong>Rois et Reines<\/strong>. Mais erreur r\u00e9par\u00e9e, puisqu\u2019elle reprend sa place dans le freakshow desplechien, \u00e0 sa juste place : la fofolle de service\u2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bon cette chronique est un peu orient\u00e9e, parce que, je l\u2019avoue, j\u2019aime Desplechin. Pire, j\u2019ai toujours aim\u00e9 Desplechin, et j\u2019ai tout vu. 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