{"id":2312,"date":"2013-01-14T13:55:29","date_gmt":"2013-01-14T11:55:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=2312"},"modified":"2013-01-14T13:57:20","modified_gmt":"2013-01-14T11:57:20","slug":"the-master","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=2312","title":{"rendered":"The Master"},"content":{"rendered":"<p>Depuis <strong>Boogie Nights<\/strong> et <strong>Magnolia<\/strong>, les deux films extraordinaires qui le propuls\u00e8rent au sommet artistique d\u2019Hollywood, Paul Thomas Anderson n\u2019a cess\u00e9 de nous proposer un cin\u00e9ma certes brillant, mais \u00e2pre au go\u00fbt.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est dommage.<\/p>\n<p>Si <strong>Boogie Nights<\/strong> \u00e9tait un film passionn\u00e9ment humain, <strong>Magnolia <\/strong>une d\u00e9coupe chorale de la famille am\u00e9ricaine, <strong>Punch Drunk Love<\/strong> marque le d\u00e9but d\u2019un cin\u00e9ma andersonien \u00ab de l\u2019art pour l\u2019art \u00bb : une com\u00e9die romantique peu dr\u00f4le et peu romantique. <strong>There Will Be Blood<\/strong> est l\u2019ach\u00e8vement <em>arty <\/em>de ce proc\u00e9d\u00e9, avec un chef d&rsquo;\u0153uvre graphique, aride comme un coup de trique. <\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame pour <strong>The Master<\/strong>.<\/p>\n<p>Paul Thomas Anderson a \u00e9norm\u00e9ment de talent, \u00e7a se voit. Il travaille beaucoup, \u00e7a se voit aussi. Mais son cin\u00e9ma, sans aucune empathie envers ses personnages, sans la moindre concession au <em>storytelling<\/em>, reste quelque chose de gla\u00e7ant : on regarde, on est fascin\u00e9s, mais on ne ressent rien.<\/p>\n<p>Paul Thomas Anderson n&rsquo;est pas le premier cin\u00e9aste d\u00e9miurge, plong\u00e9 dans une \u0153uvre plus grande que lui. Il n&rsquo;est pas le premier \u00e0 contempler l&rsquo;humanit\u00e9 sous un microscope aseptis\u00e9, mais m\u00eame Welles, Altman, Malick, Bergman se raccrochent \u00e0 un personnage, \u00e0 une histoire.<\/p>\n<p>Et il y a mati\u00e8re, dans <strong>The Master<\/strong>. \u00c0 commencer par ce personnage \u00e0 la d\u00e9rive, dans lequel Joaquin Phoenix a mis tout son talent et peut-\u00eatre toute son \u00e2me. Philip Seymour Hoffman, (le Lancaster Dodd scientologue) d\u00e9livre une performance peut-\u00eatre encore plus extraordinaire, car moins outr\u00e9e. Dans la double fascination des deux, la s\u00e9duction physique de l&rsquo;un, la s\u00e9duction morale de l&rsquo;autre, il y avait s\u00fbrement mati\u00e8re \u00e0 s&rsquo;apitoyer un peu sur ce mat\u00e9riau humain qu&rsquo;Anderson \u00e9tale devant nous. Car le reste est tr\u00e8s p\u00e9dagogue : m\u00e9thodes d\u2019endoctrinement, manipulations psychologiques, le sc\u00e9nariste-r\u00e9alisateur a travaill\u00e9 son r\u00e9quisitoire.<\/p>\n<p>Mais pourtant, Paul Thomas Anderson ne l\u00e2che rien. Au contraire, il \u00e9tale ses plans virtuoses, impeccablement \u00e9clair\u00e9s et film\u00e9s, et grave des images inoubliables : le bateau sous le Golden Gate Bridge, la Moto dans le D\u00e9sert, viendront rejoindre quelque part dans notre cerveau le Piano qui Tombe de <strong>Punch Drunk Love<\/strong>, les Derricks en flammes de <strong>There Will Be Blood<\/strong>, les Grenouilles de <strong>Magnolia<\/strong>. Tout comme les performances d&rsquo;acteurs, servi par des plans s\u00e9quences \u00e9tourdissants. Paul Thomas Anderson n&rsquo;aime pas truquer, il ne coupe rien, impose, comme on le verra \u00ab de ne pas cligner des yeux \u00bb ; ses com\u00e9diens sont donc lanc\u00e9s dans le vide \u00e0 200 \u00e0 l\u2019heure, comme le funambule entre les deux tours du World Trade Center.<\/p>\n<p><strong>The Master<\/strong> est incroyablement beau, fascinant, bien vu sur les d\u00e9rives sectaires, mais ne  parle qu&rsquo;\u00e0 notre cerveau.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis Boogie Nights et Magnolia, les deux films extraordinaires qui le propuls\u00e8rent au sommet artistique d\u2019Hollywood, Paul Thomas Anderson n\u2019a cess\u00e9 de nous proposer un cin\u00e9ma certes brillant, mais \u00e2pre au go\u00fbt. Et c&rsquo;est dommage. 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