{"id":179,"date":"2007-11-27T21:08:14","date_gmt":"2007-11-27T19:08:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=179"},"modified":"2008-11-07T21:20:25","modified_gmt":"2008-11-07T19:20:25","slug":"eloge-du-cinema-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=179","title":{"rendered":"Eloge du cin\u00e9ma fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"<p>On me met en demeure <em>via <\/em>le jeune Giovanni Drogo (N\u2019as-tu donc pas mieux \u00e0 faire jeune Drogo ? Surveiller ton d\u00e9sert, par exemple ?), de sortir de cette antienne pro-am\u00e9ricaine qui fait la sp\u00e9cificit\u00e9 de CineFast, et de s\u2019ouvrir enfin au cher vieux pays en vantant les m\u00e9rites du cin\u00e9ma hexagonal. Et on me jette en p\u00e2ture Melville et Sautet. <\/p>\n<p>Je veux bien m\u2019incliner, mais pas devant ces deux-l\u00e0 ! Pour des raisons fort diff\u00e9rentes, d\u2019ailleurs. Melville est pour moi un bon r\u00e9alisateur (<strong>Le Cercle Rouge<\/strong>, <strong>L\u2019arm\u00e9e Des Ombres<\/strong>) mais aussi un esth\u00e8te chiant (<strong>Le Samoura\u00ef<\/strong>, <strong>Les Enfants Terribles<\/strong>). Gotlib avait, en son temps, point\u00e9 les clich\u00e9s du cin\u00e9ma melvillien dans une Rubrique \u00e0 Brac assez bien vue. Melville a gard\u00e9 depuis sa mort une sorte d\u2019aura un peu incompr\u00e9hensible, mais bon !<\/p>\n<p>Sautet est plus dou\u00e9 (<strong>Un Mauvais Fils<\/strong>, <strong>Vincent<\/strong><strong>, Fran\u00e7ois, Paul&#8230; Et Les Autres<\/strong>, <strong>Max et les Ferrailleurs<\/strong>) mais il est &#8211; et ce n\u2019est pas de sa faute, \u00e9videmment -, l\u2019inventeur du cin\u00e9ma bourgeois \u00e0 la fran\u00e7aise qui depuis fait flor\u00e8s. Un cin\u00e9ma qui fait tout le charme de notre production germanopratine : des histoires de m\u00e9decins et d\u2019avocats, qui ont des probl\u00e8mes d\u2019adult\u00e8re de m\u00e9decins et d\u2019avocats, pour un public de m\u00e9decins et d\u2019avocats.<\/p>\n<p>Donc s\u2019il me faut d\u00e9fendre notre cin\u00e9ma, je choisirais un autre bin\u00f4me, plus proche de ma nostalgie et de mon panth\u00e9on personnel : Yves Boisset et Pierre Granier-Deferre. S\u2019agissant du premier, qui certes ne fait plus que t\u00e9l\u00e9films ou des mauvais films depuis <strong>Le Prix du Danger <\/strong>(1983, tout de m\u00eame), voil\u00e0 un r\u00e9alisateur qui a enchant\u00e9 mes ann\u00e9es 70 : <strong>Le juge Fayard dit le Sh\u00e9rif<\/strong>, <strong>Espion<\/strong><strong>, l\u00e8ve toi<\/strong>, <strong>Un Taxi Mauve<\/strong>, <strong>La Femme Flic<\/strong>, <strong>Dupont Lajoie<\/strong>, <strong>RAS<\/strong> : la liste est longue de films qui certes ne sont pas des chefs d\u2019\u0153uvre, mais forment une \u0153uvre qui tient la route. Des films \u00ab de gauche \u00bb comme on disait \u00e0 l\u2019\u00e9poque avec des com\u00e9diens formidables (l\u2019immense Dewaere, bien s\u00fbr, mais aussi Lino Ventura, Jean Carmet, Michel Piccoli, Philippe L\u00e9otard, etc.) Ses films \u00e9taient des films engag\u00e9s, mais toujours avec un sc\u00e9nario en b\u00e9ton, dialogu\u00e9s, avec de l\u2019action. Et ils n\u2019h\u00e9sitaient pas \u00e0 se colleter avec les probl\u00e8mes du temps : les agissements du SAC, la corruption des notables locaux, la guerre en Alg\u00e9rie, le racisme ordinaire\u2026 Des probl\u00e9matiques qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui, trente ans apr\u00e8s, \u00e0 voir enfin sur nos \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Pierre Granier Deferre est un peu comme Yves Boisset (sauf qu\u2019il vient de mourir !). On lui doit <strong>Adieu Poulet<\/strong>, mais aussi <strong>Le Chat<\/strong>, <strong>La Horse <\/strong>et l\u2019excellent <strong>Une Etrange Affaire <\/strong>avec Piccoli et Lanvin. Il a aussi r\u00e9alis\u00e9 ensuite un paquet de niaiseries dont l\u2019in\u00e9narrable et cultissime <strong>Toubib <\/strong>avec Alain Delon et V\u00e9ronique Jeannot. Mais pour la bonne partie de sa cin\u00e9matographie, il fut un r\u00e9alisateur rigoureux et un sc\u00e9nariste minutieux. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On me met en demeure via le jeune Giovanni Drogo (N\u2019as-tu donc pas mieux \u00e0 faire jeune Drogo ? Surveiller ton d\u00e9sert, par exemple ?), de sortir de cette antienne pro-am\u00e9ricaine qui fait la sp\u00e9cificit\u00e9 de CineFast, et de s\u2019ouvrir enfin au cher vieux pays en vantant les m\u00e9rites du cin\u00e9ma hexagonal. 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