{"id":1770,"date":"2012-04-05T18:12:28","date_gmt":"2012-04-05T16:12:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=1770"},"modified":"2012-04-05T18:12:28","modified_gmt":"2012-04-05T16:12:28","slug":"john-carter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=1770","title":{"rendered":"John Carter"},"content":{"rendered":"<p>Sur les bons conseils de l&rsquo;ami Conrad, <em>The Renaissance Man,<\/em> je suis all\u00e9 voir <strong>John Carter<\/strong>. Enfin, les bons conseils&#8230; Pour \u00eatre parfaitement honn\u00eate, j&rsquo;ai monnay\u00e9 ma pr\u00e9sence \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement culturel. Comme tout le monde, j&rsquo;avais vu la bande annonce, ses Jar-Jar Binks verts \u00e0 quatre bras, ses vaisseaux spatiaux en forme de libellule, et son intrigue faite du plus fin parchemin martien. De plus, les nouvelles du pays natal \u00e9taient mauvaises : Disney collait dans ces comptes 150M$ de pertes, et l&rsquo;imputaient \u00e0 ce pauvre John. C&rsquo;est salaud, mais c&rsquo;est comme \u00e7a, la compta&#8230;<\/p>\n<p>Ma motivation, si jamais il y en eu une, \u00e9tait d\u00e9sormais \u00e0 z\u00e9ro. Mais le Professore est v\u00e9nal, et acceptait donc de se faire sponsoriser. Ma place serait rembours\u00e9e si jamais le chef d&rsquo;\u0153uvre n&rsquo;\u00e9tait pas au rendez-vous. En professionnel des loisirs et du jeu d&rsquo;argent, je savais que ce pari \u00e9tait tr\u00e8s probablement gagnant, la cote du pauvre Conrad s&rsquo;\u00e9tiolait de jour en jour, et moi j&rsquo;allais ajouter un film \u00e0 ma liste qualificative du Topten. <\/p>\n<p>Gratos. <\/p>\n<p>Conrad cassait son PEL, en vue de payer les 12 euros 90 du Gaumont Parnasse, plus la somme modique de 1 euro pour m&rsquo;offrir des lunettes 3D. Encore un indice de cote \u00e0 la baisse, car comme chacun sait 3D=caca.<\/p>\n<p>Bon, bref, me voil\u00e0 donc mal install\u00e9, lunettes sur les yeux, avec une mangeuse bruyante de pop corn \u00e0 c\u00f4t\u00e9, et une hideuse bande annonce de <strong>Titanic 3D<\/strong> en ap\u00e9ritif.<\/p>\n<p>Et le film commence.<\/p>\n<p>Mal.<\/p>\n<p>Une sc\u00e8ne de bagarre sur une Libellule de Combat o\u00f9 on ne voit rien, because la 3D + confusion cin\u00e9g\u00e9nique. Et les rigolades ne tardent pas \u00e0 fuser : <\/p>\n<p>&#8211;\t\u00ab <em>Les Therns de Barsoom attaquent la cit\u00e9 d\u2019H\u00e9lium, Grand Jeddak ! <\/em>\u00bb <\/p>\n<p>Sans d\u00e9conner. <\/p>\n<p>Mais hop, un petit flash-back western. 1881, le jeune Burroughs (allusion \u00e0 l&rsquo;auteur d\u2019<em>Une Princesse de Mars<\/em>), touche un h\u00e9ritage. Des millions de dollars, et un livre, les souvenirs de son oncle, John Carter. <\/p>\n<p>Hu,Uh&#8230;<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 que commence <strong>John Carter<\/strong>, le grand film d&rsquo;aventure d&rsquo;Andrew Stanton. Et il ne va pas vous l\u00e2cher. Car \u00e0 ma grande surprise, <strong>John Carter<\/strong> va nous scotcher jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, sans pour autant se d\u00e9partir de son esth\u00e9tique <em>pulp<\/em>.<\/p>\n<p>C&rsquo;est quoi, le <em>pulp<\/em> ? Un papier, de mauvaise qualit\u00e9, destin\u00e9 \u00e0 l\u2019impression de romans de gare publi\u00e9s dans les ann\u00e9es 20-30. C&rsquo;est l\u00e0 que va na\u00eetre la science-fiction, les <em>Astounding Stories<\/em> et autre <em>Weird Science<\/em>. Les premiers \u00e9crivains <em>pulp <\/em>m\u00ealent science-fiction, princesses d\u00e9shabill\u00e9es \u00e0 forte poitrine, h\u00e9ros musculeux sabre \u00e0 la main, et anciennes civilisations extraterrestres. <em>Flash Gordon<\/em>, <em>John Carter<\/em>, <em>Conan le Barbare<\/em>, naissent \u00e0 ce moment-l\u00e0. Et satisfont une client\u00e8le m\u00e2le en peine d&rsquo;exotisme et d&rsquo;\u00e9rotisme. Edgar Rice Burroughs, avant <em>Tarzan<\/em>, une version \u00e9dulcor\u00e9e de l&rsquo;homme en slip panth\u00e8re, cr\u00e9e le cycle de Barsoom, les aventures de John Carter.<\/p>\n<p>Le g\u00e9nie d&rsquo;Andrew Stanton, c&rsquo;est de payer sa dette \u00e0 cet univers-l\u00e0, comme il en r\u00eavait parait-il, depuis de nombreuses ann\u00e9e&#8230; C&rsquo;est ensuite d&rsquo;en faire une tragi-com\u00e9die, tout en respectant les canons du genre. Pendant 2h, il ne l\u00e2chera rien : les costumes ringards, les \u00e9p\u00e9es en plastique, la princesse un peu trop plantureuse, et l&rsquo;acteur principal qui s&rsquo;appelle Kitsch. Il y a m\u00eame le chien, martien, \u00e0 huit pattes, qui s&rsquo;appelle Woola. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;appelle une course \u00e0 handicap.<\/p>\n<p>Mais pourtant, Stanton va cr\u00e9er un personnage, John Carter, rebelle sans cause, soldat perdu qui a d\u00e9j\u00e0 tout perdu, et n&rsquo;a aucune raison de prendre parti dans cette guerre des Bleus et des Rouges. Il va nous attendrir sur le sort de Dejah Thoris (la bombasse qui a abus\u00e9 des cheeseburgers martiens), et qui ne veut pas se marier avec son ennemi Sab Than. M\u00eame si cela am\u00e8ne la paix, car elle est convaincue que cela d\u00e9clenchera la guerre. Il va m\u00eame nous \u00e9mouvoir sur une relation p\u00e8re fille entre Thrak, les fameux Jarjarbinks martiens dont nous nous gaussions au d\u00e9but de cette chronique. Et il va, enfin, magnifiquement r\u00e9ussir \u00e0 retomber sur ses pieds dans le final. Comme chacun sait, ce qui compte, c&rsquo;est souvent la conclusion.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc un OVNI ; un film de SF \u00e0 gros budget qui n&rsquo;esp\u00e8re pas vendre de peluches ou de <em>Happy Meal<\/em>, une ode au <em>pulp<\/em> matin\u00e9e de r\u00e9flexions philosophico-\u00e9cologistes, un casting au rabais, mais avec de vrais personnages, un univers improbable mais des dialogues fins et dr\u00f4les&#8230; <\/p>\n<p>Au final, un incident industriel qui n&rsquo;aura pas trouv\u00e9 sa cible. Les fans de Burroughs sont peu nombreux (et n&rsquo;y sont pas all\u00e9s), les autres ont trouv\u00e9 la GCA un peu fort de caf\u00e9.<\/p>\n<p>Dommage, nous ne retournerons donc pas de sit\u00f4t sur&#8230; Barsoom !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les bons conseils de l&rsquo;ami Conrad, The Renaissance Man, je suis all\u00e9 voir John Carter. 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