{"id":1744,"date":"2012-03-26T21:56:53","date_gmt":"2012-03-26T19:56:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=1744"},"modified":"2012-03-26T21:59:02","modified_gmt":"2012-03-26T19:59:02","slug":"cloclo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=1744","title":{"rendered":"Cloclo"},"content":{"rendered":"<p>La th\u00e9orie se v\u00e9rifie ; moins on en sait, plus le biopic est bon.<\/p>\n<p>Ainsi, <strong>Cloclo<\/strong> : on a beau avoir, au mitan des ann\u00e9es soixante dix, d\u00e9coup\u00e9 les photos Claude Fran\u00e7ois dans <em>Podium<\/em> avec la voisine portugaise, port\u00e9 les m\u00eames pantalons pattes d&rsquo;eph\u2019 en velours aux mariages des cousins, vu les parents danser sur <em>Magnolias for Ever<\/em>, on ne sait rien sur le Michael Jackson fran\u00e7ais. Ma g\u00e9n\u00e9ration est pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du mythe, m\u00eame si elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e par les chansons ou les strings en cuir des Clodettes.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque (75-78), Claude Fran\u00e7ois d\u00e9tonnait dans le reste de la production : Lenorman \u00e9tait sympa, Sheila \u00e9tait gentille, et son mari Ringo, trop beau, Sardou faisait la gueule en inventant le cr\u00e9neau de chanteur engag\u00e9 de droite, Carlos faisait le rigolo avec les amis am\u00e9ricains (Dassin, Shuman), sans parler de la famille royale (Jonisylvi)&#8230;<\/p>\n<p>Mais Cloclo, c&rsquo;\u00e9tait autre chose. Trop maquill\u00e9, Claude Fran\u00e7ois avait l&rsquo;air d&rsquo;une poup\u00e9e de plastique\u00a0: GI Joe androgyne pour un spectacle <em>camp<\/em>, un <em>rocky horror show<\/em> extraterrestre avec andro\u00efde blond, plus terrifiant que le Roy Batty de\u00a0<strong>Blade Runner<\/strong>\u2026 On \u00e9tait \u00ab\u00a0impressionn\u00e9\u00a0\u00bb par les danseuses, et vaguement terrifi\u00e9 par lui. Trop beau pour \u00eatre vrai. Je me rappelle ainsi que sa mort m\u2019avait surpris, mais pas \u00e9mu.<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc la t\u00eate vide, mais pr\u00eate \u00e0 la nostalgie, que j&rsquo;ai attaqu\u00e9 le biopic de l&rsquo;ann\u00e9e dans mon cin\u00e9ma de quartier, dimanche soir.<\/p>\n<p>A vrai dire <strong>Cloclo<\/strong> a tout pour d\u00e9plaire. Comme d&rsquo;habitude (eh oui !), le biopic, d\u00fbment valid\u00e9 et produit par les fils Fran\u00e7ois, d\u00e9roule les Grands Moments du Martyr de St Claude. L&rsquo;Enfance Dor\u00e9e \u00e0 Suez, Le D\u00e9part Pr\u00e9cipit\u00e9, les D\u00e9buts Difficiles, les Premiers Succ\u00e8s, la Rencontre du Mentor (Paul Ledermann), Les Femmes de sa Vie, la D\u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;acteur-titre est exceptionnel : ici, Renier endosse tous les Claude Fran\u00e7ois avec un naturel saisissant, et comme d&rsquo;habitude, les seconds r\u00f4les font p\u00e2le figure.<\/p>\n<p>Mais, bizarrement la machine \u00e0 \u00e9nerver le Professore ne s&rsquo;enclenche pas. Car Florent Emilio Siri (<strong>Nid de Gu\u00eapes, L\u2019ennemi Intime<\/strong>) d\u00e9fend sa th\u00e8se, assez lourdement il est vrai\u00a0: la recherche du p\u00e8re. Claude Fran\u00e7ois essaie d&rsquo;abord de plaire au sien, caricature de fonctionnaire coinc\u00e9, puis tente de s\u00e9duire des p\u00e8res de substitution (Jacques Revaux, Paul Lederman) et n\u2019ose pas bluffer le p\u00e8re de la profession (Sinatra), en lui fournissant pourtant l&rsquo;une des plus grandes chansons (<em>My Way &#8211; Comme d&rsquo;habitude<\/em>).<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me finesse, Siri laisse entendre, plut\u00f4t finement pour le coup, que les chansons un peu b\u00e9b\u00eates de CF ferait mati\u00e8re d&rsquo;autobiographie. Ce qui fait qu&rsquo;il emporte la mise sur le final dont &#8211; \u00e9videmment &#8211; \u00a0on ne dira rien ici.<\/p>\n<p>Il reste \u00e0 d\u00e9m\u00ealer la part de nostalgie dans l&rsquo;appr\u00e9ciation de cet \u00e9trange biopic mutant. Une interrogation subsiste pourtant, \u00e0 la fin du film. Quel notre rapport, nous fran\u00e7ais, avec le Succ\u00e8s ? Et nous, qui pr\u00f4nons ici la perfection US face \u00e0 l&rsquo;amateurisme parfois glandeur du cin\u00e9ma fran\u00e7ais\u00a0? Avec la carri\u00e8re de Claude Fran\u00e7ois, nous faisons face \u00e0 une \u00e9trange perfection : talent, travail, abn\u00e9gation, perfectionnisme\u2026 pourquoi tant de haine, alors\u00a0? Aucun chanteur fran\u00e7ais n&rsquo;a connu un tel succ\u00e8s : 67 millions de disques vendus, 1200 concerts, et des chansons qui r\u00e9sonnent encore aujourd&rsquo;hui. Ce n&rsquo;est pas faire injure \u00e0 Sardou, \u00e0 Lenorman, Hallyday, de dire que des chansons de la m\u00eame p\u00e9riode ne tiennent pas aussi bien la rampe que celles de \u00ab\u00a0Cloclo\u00a0\u00bb, le seul v\u00e9ritable entertainer fran\u00e7ais, cumulant \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb danse, show, girls, musique\u2026 \u00e0 l&rsquo;image de Motown (dans laquelle il pompa all\u00e8grement 3\/4 de ses chansons)\u2026 Pourquoi v\u00e9n\u00e9rer tout Motown et m\u00e9priser tout Claude Fran\u00e7ois ? <em>Magnolias For Ever<\/em> ne vaut-il pas <em>It\u2019s Raining Men<\/em>\u00a0?<\/p>\n<p>Le m\u00e9rite du film est de refuser de faire l&rsquo;impasse sur les d\u00e9fauts de l&rsquo;artiste (infantilisme, mauvais go\u00fbt, m\u00e9galomanie, m\u00e9chancet\u00e9, machisme, mauvais p\u00e8re&#8230;), tout en nous r\u00e9conciliant avec le monument Claude Fran\u00e7ois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La th\u00e9orie se v\u00e9rifie ; moins on en sait, plus le biopic est bon. 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