{"id":1395,"date":"2011-10-30T10:00:28","date_gmt":"2011-10-30T08:00:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=1395"},"modified":"2011-10-29T16:49:13","modified_gmt":"2011-10-29T14:49:13","slug":"les-sentiers-de-la-gloire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=1395","title":{"rendered":"Les Sentiers de la Gloire"},"content":{"rendered":"<p>Le sc\u00e9nario des <strong>Sentiers de la Gloire <\/strong>est-il vraiment sign\u00e9 Jim Thompson ? Ne serait il pas plut\u00f4t l&rsquo;\u0153uvre de Ren\u00e9 Girard, l\u2019auteur de \u00ab <em>La Violence et le Sacr\u00e9 <\/em>\u00bb ? La question peut \u00eatre pos\u00e9e, tant le sujet des <strong>Sentiers de la Gloire <\/strong>semble \u00e9pouser les th\u00e8ses du dernier philosophe m\u00e9connu des fran\u00e7ais. Pour cela, il aurait fallu le Framekeeper sous le bras, professeur agr\u00e9g\u00e9 de Girardisme, mais il r\u00e9pugne \u00e0 fr\u00e9quenter le VI\u00e8me arrondissement en dehors d&rsquo;une r\u00e9trospective Ozu. De toute fa\u00e7on, il est probablement en Corse \u00e0 l\u2019heure qu\u2019il est\u2026<\/p>\n<p>R\u00e9sumons.<\/p>\n<p>Dans ce quatri\u00e8me  film de Kubrick, et dans sa premi\u00e8re superproduction, l\u2019ensemble de la Doxa Kubrickienne est l\u00e0. (<a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=337\">Vous pouvez par ailleurs retrouver ici toutes les chroniques consacr\u00e9es \u00e0 la filmographie Kubrick<\/a>) mais pitchons d\u00e9j\u00e0 le film\u2026<\/p>\n<p>Dans <strong>Les Sentiers de la Gloire<\/strong>, le g\u00e9n\u00e9ral Mireau est charg\u00e9 de prendre une position r\u00e9put\u00e9e imprenable, la Fourmili\u00e8re. Il refuse, mais quand on lui promet une promotion, il change d&rsquo;avis. Le 701\u00b0, command\u00e9 par le Colonel Dax (Kirk Douglas) part donc \u00e0 l&rsquo;assaut, et \u00e9choue. Le G\u00e9n\u00e9ral en chef, Broulard (Adolphe Menjou) veut des coupables. Machiav\u00e9lique, Mireau lui propose quelques soldats \u00e0 fusiller pour l&rsquo;exemple.<\/p>\n<p>L\u2019un est tir\u00e9 au sort (alors qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 \u00e0 deux reprises pour bravoure), un autre parce que son lieutenant le trouve asocial, un troisi\u00e8me parce qu&rsquo;il a menac\u00e9 son sup\u00e9rieur de d\u00e9noncer sa l\u00e2chet\u00e9 lors d\u2019une patrouille qui a mal tourn\u00e9.<\/p>\n<p>Dax, assure leur d\u00e9fense en cour martiale, &#8211; il est Avocat dans le civil -, mais nos h\u00e9ros sont fusill\u00e9s.<\/p>\n<p>Conclusion inattendue dans une taverne : des soldats du 701\u00b0, huent une pauvre \u00ab prise de guerre \u00bb (c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle est pr\u00e9sent\u00e9e), une jeune allemande (Christiane Harlan, future Madame Kubrick). Seule contre cette bande d\u2019hommes d\u00e9cha\u00een\u00e9s, la jeune fille semble n&rsquo;\u00eatre bonne \u00e0 rien, \u00e0 part se faire violer (le patron de la taverne montre complaisamment sa poitrine, son \u00ab seul v\u00e9ritable atout \u00bb). Mais voil\u00e0, elle se met \u00e0 chanter, les soudards se taisent, et bient\u00f4t, sont \u00e9mus aux larmes.<\/p>\n<p><strong>La Violence et le Sacr\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>Commen\u00e7ons donc par Girard\u2026 <\/p>\n<p>Ces trois hommes, innocents aux yeux des r\u00e8glements militaires (ce sont les officiers de la cour martiale qui le disent eux-m\u00eames), sont \u00e0 l\u2019\u00e9vidence victimes d\u2019une terrible injustice. <\/p>\n<p>Chez Girard, et sa th\u00e9orie de la victime mim\u00e9tique, il faut un bouc \u00e9missaire qui \u00ab purge \u00bb la soci\u00e9t\u00e9 de ses p\u00e9ch\u00e9s. Pour que tous vivent, il faut que l\u2019un meure.  D\u2019o\u00f9 son explication de la trag\u00e9die biblique de Job (un homme riche, honn\u00eate, religieux, sur qui s\u2019abat soudain tous les malheurs du monde). Ici, dans les Sentiers de la Gloire, pour emmener tant de monde \u00e0 l\u2019abattoir, il faut non seulement un ennemi identifi\u00e9 (l\u2019allemand, l\u2019allemande), mais aussi g\u00e9rer l\u2019ennemi int\u00e9rieur (le tra\u00eetre). Si l\u2019offensive est rat\u00e9e, il faut trouver des coupables. Cela ne peut \u00eatre une faute collective (dans ce cas, c&rsquo;est la d\u00e9faite assur\u00e9e), c&rsquo;est forc\u00e9ment la faute de quelques-uns. Nos trois h\u00e9ros feront parfaitement l\u2019affaire, car, justement, ils sont parfaitement innocents. Car comme le dit le G\u00e9n\u00e9ral en Chef \u00ab <em>Rien de plus revigorant que de voir quelqu&rsquo;un mourir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de soi !<\/em> \u00bb, paraphrasant presque le Ernst J\u00fcnger du <em>Journal Parisien<\/em>, qui notait en 1942 : \u00ab <em>Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, mais tout ce qui nous tue nous rend encore plus fort ! <\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Mieux, ce processus s&rsquo;\u00e9tend, et Mireau est bient\u00f4t lui aussi sacrifi\u00e9 par le G\u00e9n\u00e9ral en Chef qui l&rsquo;envoie en commission d&rsquo;enqu\u00eate, quand Dax lui am\u00e8ne sur un plateau la preuve de son incomp\u00e9tence (il attaque en sous-effectif, fait tirer sur sa propre troupe par l\u2019artillerie, etc.) Pour sauver les soldats, il faut sacrifier trois soldats, pour sauver le corps des officiers, il faut sacrifier un officier\u2026<\/p>\n<p>Et personne, \u00e0 part le Colonel Dax, qui prend l\u00e0 une pose christique &#8211; r\u00f4le f\u00e9tiche chez Kirk Douglas &#8211; ne viendra s\u2019en offusquer. Kubrick ne montre d\u2019ailleurs le soutien d\u2019aucun camarade, et se complait au contraire \u00e0 mettre en sc\u00e8ne l\u2019extr\u00eame discipline qui proc\u00e8de \u00e0 leur ex\u00e9cution. Et offre ce contrepoint passionnant (car nous nous sommes \u00e9videmment mis du c\u00f4t\u00e9 des \u00ab pauvres soldats face \u00e0 la boucherie des officiers \u00bb) en inversant ce point de vue dans la conclusion : en cinq minutes, voil\u00e0 les \u00ab pauvres soldats \u00bb devenus des b\u00eates immondes face \u00e0 une femme seule, puis, nouveau retournement, agneaux \u00e9mus aux larmes par son chant. Toute la vision Kubrickienne de l\u2019humanit\u00e9 est l\u00e0. <\/p>\n<p><strong>Le faible secours des structures sociales <\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;organisation hyper structur\u00e9e de nos soci\u00e9t\u00e9s modernes, Kubrick montre qu\u2019elles ne sont d\u2019aucun secours face \u00e0 l&rsquo;injustice. Le cas des trois soldats est l\u00e9ger, mais rien n\u2019arr\u00eatera l\u2019arbitraire en train de se commettre : ni la structure militaire, pourtant ultra-r\u00e9glement\u00e9e, qui fournit un cadre juridique \u00e0 la condamnation des soldats, et, donc &#8211; th\u00e9oriquement &#8211; la possibilit\u00e9 de se d\u00e9fendre, ni m\u00eame l\u2019accumulation de preuves en leur faveur (l&rsquo;officier d&rsquo;artillerie qui a refus\u00e9 de tirer sur ses troupes sans ordre \u00e9crit, et qui obtient gain de cause). De m\u00eame, la religion ne sera d\u2019aucun secours (que l&rsquo;on soit croyant ou non, rien ne change l&rsquo;absurdit\u00e9 de la mort). On retrouvera le th\u00e8me du pr\u00eatre inutile dans <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong>. <\/p>\n<p><strong>La d\u00e9cadence Mitteleuropa<\/strong><\/p>\n<p>Dans <strong>les Sentiers de la Gloire<\/strong>, on trouve une valse de Strauss, beaucoup moins c\u00e9l\u00e8bre que celle de <strong>2001<\/strong>, mais qui remplit un r\u00f4le similaire : montrer une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 son apog\u00e9e mais qui court \u00e0 sa perte (les ors des palais austro-hongrois XIX\u00e8me, pendant de la perfection technologique de l&rsquo;humanit\u00e9 du XXI\u00e8me si\u00e8cle). La <em>Mitteleuropa<\/em>, ses bals, et ses militaires en tenue d&rsquo;op\u00e9rette, ou les cadres froids, technos et inhumains de <strong>2001 <\/strong>dansent sur la m\u00eame valse. Il faudra un \u00e9v\u00e9nement d&rsquo;envergure (une guerre, un monolithe E.T.) pour changer d&rsquo;\u00e8re.<\/p>\n<p>Comme dans <strong>2001<\/strong>, Kubrick joue de la perfection des alignements. Palais XVIII\u00e8me film\u00e9s au cordeau, d\u00e9fil\u00e9s et alignement militaires film\u00e9s volontairement \u00ab dans l\u2019axe \u00bb, premiers travellings arri\u00e8re qui formeront sa marque de fabrique, tout cela est oppos\u00e9 \u00e0 la brutalit\u00e9 de l\u2019offensive, qui elle est film\u00e9e de cot\u00e9, sans h\u00e9ro\u00efsme aucun. Les singes d\u2019un cot\u00e9, la sauvagerie de l\u2019homme, film\u00e9 en opposition des \u00ab \u0153uvres de civilisation \u00bb, palais ou vaisseaux spatiaux. Mais on meurt dans la boue dans toutes les guerres, dans <strong>Les Sentiers de la Gloire<\/strong>, dans <strong>Barry Lyndon<\/strong>, dans <strong>Full Metal Jacket<\/strong>. <\/p>\n<p><strong>La patrouille perdue<\/strong><\/p>\n<p>Etrange obsession. La patrouille perdue, c&rsquo;est le th\u00e8me du \u00ab brouillon \u00bb <strong>Peur et D\u00e9sir<\/strong>, premier film maudit, dont Kubrick essaya de d\u00e9truire toutes les copies, tant il jugeait l\u2019\u0153uvre indigne de lui. Peur et D\u00e9sir ? Etrange comme ce simple titre peut pourtant d\u00e9finir toute l\u2019\u0153uvre Kubrickienne. De quoi parle <strong>Fear and Desire <\/strong>? D\u2019une patrouille qui se perd en territoire ennemi, rencontre une ennemie, et veut la violer\u2026 <strong>Full Metal Jacket <\/strong>? Une patrouille se perd dans Hu\u00ea et manque d\u2019\u00eatre d\u00e9cim\u00e9e par une sniper vietminh. Rattrap\u00e9e, les <em>Marines <\/em>\u00e9voquent la possibilit\u00e9 de la violer, puis finalement l\u2019ach\u00e8vent\u2026 <strong>Dr Folamour <\/strong>? Un avion perd ses codes en territoire ennemi, est incapable d\u2019interpr\u00e9ter un message de retour, et d\u00e9clenche l\u2019apocalypse nucl\u00e9aire parce qu\u2019un colonel a des \u00ab probl\u00e8mes d\u2019\u00e9rection \u00bb. <strong>Les Sentiers de la Gloire <\/strong>? Une patrouille se perd, et tue par erreur un camarade ; cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9clenchera la condamnation d\u2019un des trois soldats, tandis qu\u2019on \u00e9voque la possibilit\u00e9 de violer la jeune allemande \u00e0 la fin\u2026 ces co\u00efncidences n\u2019en sont pas ; la peur et le d\u00e9sir sont \u00e9troitement li\u00e9s chez Kubrick. Une fois effray\u00e9 par la m\u00e9thode Ludovico, Alex n\u2019a plus de d\u00e9sir, m\u00eame pour une tr\u00e8s belle femme nue, dans <strong>Orange M\u00e9canique<\/strong>. Bill Hartford patrouille lui aussi les \u00ab yeux grands ouverts \u00bb dans la nuit new-yorkaise, qui est \u00e0 la fois la nuit des d\u00e9sirs, mais aussi la nuit de la terreur, celle de sa parano\u00efa, mais celle aussi de la vraie violence (la bande de hooligans, les libertins masqu\u00e9s, le type qui le suit). Bill sombre dans la peur plut\u00f4t que de suivre le conseil final de sa femme : \u00ab Fuck \u00bb. De m\u00eame, Barry Lyndon est pr\u00eat \u00e0 toutes les violences pour le sexe ; affronter en duel un militaire de carri\u00e8re pour s\u00e9duire une cousine, affronter la noblesse du royaume pour conqu\u00e9rir puis garder Lady Lyndon. Non cher Stanley, tout \u00e9tait l\u00e0 dans votre premi\u00e8re \u0153uvre. C&rsquo;est s\u00fbrement empli d\u2019effroi que vous avez d\u00e9truit les bobines\u2026. <\/p>\n<p><strong>La musique, commentateur ironique<\/strong><\/p>\n<p>Tout le monde le sait, la musique est un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 part enti\u00e8re de la chor\u00e9graphie Kubrickienne. C\u2019est surtout vrai pour sa p\u00e9riode \u00ab Couleur \u00bb, quand il d\u00e9cide de se passer de musique originale et piocher directement dans le r\u00e9pertoire (<strong>2001 <\/strong>et suivants). Mais des pr\u00e9mices se trouvent d\u00e9j\u00e0 dans ses premi\u00e8res \u0153uvres. Dans <strong>Les Sentiers de la Gloire<\/strong>, cela commence m\u00eame d\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique : une Marseillaise tonitruante, qui se conclue par un bizarre accord mineur : tout est dit. Le Patriotisme, royaume du mode Majeur, mais surtout \u00ab <em>dernier refuge de la canaille <\/em>\u00bb, selon le Colonel Dax, se termine en Mineur : la guerre, la souffrance, et la mort. Mais il y a aussi l\u2019introduction d\u2019un pattern typiquement Kubrickien : la musique populaire qui sert \u00e0 cl\u00f4turer le film.  Ici, une chanson traditionnelle allemande, chant\u00e9e du bout des l\u00e8vres par la prisonni\u00e8re allemande, et qui retourne le c\u0153ur des soldats. Une chance que n&rsquo;aura pas son \u00e9quivalente vietminh dans <strong>Full Metal Jacket<\/strong>. Le film se conclue lui aussi, par deux chansons populaires : <em>Mickey Mouse<\/em>, et <em>Paint it, Black<\/em>.<\/p>\n<p>On retrouve ce principe presque partout chez Kubrick (<em>We&rsquo;ll Meet Again<\/em>, \u00e0 la fin de <strong>Dr Folamour<\/strong>, <em>Singing in the Rain <\/em>dans  <strong>Orange m\u00e9canique<\/strong>, <em>Home<\/em>, dans <strong>Shining<\/strong>, la <em>Jazz Suite <\/em>de Chostakovitch dans <strong>Eyes Wide Shut<\/strong>)\u2026 Cette petite musique, c&rsquo;est \u00e9videmment un proc\u00e9d\u00e9, une fa\u00e7on de sortir le spectateur de la salle de cin\u00e9ma, d\u2019all\u00e9ger le pathos qui accompagne souvent un Kubrick. Mais c&rsquo;est aussi une fa\u00e7on de marquer le spectateur \u00e0 jamais (plus facile de chantonner <em>We\u2019ll Meet Again <\/em>que le <em>Requiem <\/em>de Ligeti). C&rsquo;est enfin la petite musique de la vie ; au travers de ces chansons populaires, et de leurs paroles \u00e0 double sens, on conclue le film d\u2019une morale sarcastique. Non, nous ne rencontrerons plus jamais \u00e0 la fin de <strong>Dr Folamour<\/strong>, car la Terre est ray\u00e9e de la carte, et nous ne chanterons peut-\u00eatre pas sous la pluie en pensant \u00e0 Gene Kelly, terrifi\u00e9 par le sort qu\u2019Alex (Et Kubrick) ont d\u00e9sormais r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 cette chanson. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sc\u00e9nario des Sentiers de la Gloire est-il vraiment sign\u00e9 Jim Thompson ? Ne serait il pas plut\u00f4t l&rsquo;\u0153uvre de Ren\u00e9 Girard, l\u2019auteur de \u00ab La Violence et le Sacr\u00e9 \u00bb ? La question peut \u00eatre pos\u00e9e, tant le sujet des Sentiers de la Gloire semble \u00e9pouser les th\u00e8ses du dernier philosophe m\u00e9connu des fran\u00e7ais. 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