{"id":1306,"date":"2011-09-03T10:52:52","date_gmt":"2011-09-03T08:52:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=1306"},"modified":"2011-09-03T10:52:52","modified_gmt":"2011-09-03T08:52:52","slug":"tabous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=1306","title":{"rendered":"Tabou(s)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Tabous <\/strong>s&rsquo;appelle en anglais <strong>Towelhead<\/strong>, t\u00eate de serviette, en un mot : bougnoule. \u00c7a aurait \u00e9t\u00e9 plus clair, mais probablement que l&rsquo;ami Fulci ne l&rsquo;aurait pas achet\u00e9 (en plus de la bouche purpurine de Summer Bishil), et que je ne l&rsquo;aurais donc pas vu.<\/p>\n<p>Tabous est le nouveau paradoxe d&rsquo;Alan Ball : sc\u00e9nariste d&rsquo;<strong>American Beauty<\/strong>, cr\u00e9ateur de la fabuleuse s\u00e9rie <strong>Six Feet Under<\/strong>, mais aussi de <strong>True Blood<\/strong>, on a du mal \u00e0 imaginer ces diff\u00e9rentes cr\u00e9ations dans la t\u00eate du m\u00eame artiste. Autant <strong>Six Feet Under<\/strong> \u00e9tait subtil, autant <strong>American Beauty<\/strong> et <strong>Tabous <\/strong>ne le sont pas. Les deux films sont d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s semblables ; la haine de la Banlieue Am\u00e9ricaine y est tout aussi pr\u00e9sente qu&rsquo;inexpliqu\u00e9e, le sexe y est tout aussi r\u00e9pressif, et, les m\u00eames causes produisant les m\u00eames effets, les quadra US sont des grands frustr\u00e9s qui ne r\u00eavent que de se taper de nubiles adolescentes.<\/p>\n<p>Pourtant, contrairement \u00e0 <strong>American Beauty<\/strong>, je m&rsquo;y suis int\u00e9ress\u00e9 jusqu&rsquo;au bout. Il y a dans <strong>Tabous <\/strong>une ambition toute autre que d&rsquo;y enfiler des clich\u00e9s.<\/p>\n<p>Pourtant il y en a des clich\u00e9s : Jasira, adolescente de 13 ans, fille d&rsquo;un couple americano-libanais, vit chez sa m\u00e8re. Devant le comportement libidineux de son compagnon, la m\u00e8re d\u00e9cide plut\u00f4t de se s\u00e9parer de sa fille et de l&rsquo;envoyer chez le p\u00e8re libanais, ing\u00e9nieur \u00e0 la NASA, \u00e0 Houston. Rifat Maroun est une caricature du type qui veut s&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 tout prix. Banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e dans le jardin, Vierge Marie dans la bagnole, mais devant sa t\u00e9l\u00e9, Rifat esp\u00e8re secr\u00e8tement que Saddam gazera tous les yankees.(L&rsquo;intrigue se d\u00e9roule en 1991, pendant la premi\u00e8re Guerre du Golfe). Intol\u00e9rant, raciste, rien ne lui est \u00e9pargn\u00e9. En face, ce n&rsquo;est pas mieux : Travis Vuoso, (excellent, comme toujours Aaron Eckhart) est un pur produit <em>redneck <\/em>: r\u00e9serviste, patriote, mari frustr\u00e9 face \u00e0 une \u00e9pouse frigide&#8230; Au milieu de la bataille, le couple de gauche qui \u00e9coute forc\u00e9ment <em>Edie Brickell and the Bohemians<\/em> (Toni Colette et Matt Letscher) et qui veut faire le bien, m\u00eame malgr\u00e9 elle, de la pauvre Jasira. La Nouvelle Lolita subit certes le racisme texan (towelhead !) Mais va surtout d\u00e9couvrir sa sexualit\u00e9 et comprendre le pouvoir qu&rsquo;elle peut exercer sur les hommes&#8230;<\/p>\n<p>Nous avons donc d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, un d\u00e9cor d&rsquo;op\u00e9rette et des personnages \u00e0 la limite de la caricature, mais au service d&rsquo;un propos des plus rafra\u00eechissants : et si la sexualit\u00e9 \u00e9tait quelque chose de positif ? Et si malgr\u00e9 un p\u00e8re abusif, un beau-p\u00e8re peloteur, un voisin mateur, on pouvait survivre ? Rien que pour \u00e7a, et pour la candeur de l&rsquo;actrice principale, <strong>Tabous <\/strong>vaut le d\u00e9tour. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tabous s&rsquo;appelle en anglais Towelhead, t\u00eate de serviette, en un mot : bougnoule. \u00c7a aurait \u00e9t\u00e9 plus clair, mais probablement que l&rsquo;ami Fulci ne l&rsquo;aurait pas achet\u00e9 (en plus de la bouche purpurine de Summer Bishil), et que je ne l&rsquo;aurais donc pas vu. 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