{"id":1219,"date":"2011-07-18T18:17:22","date_gmt":"2011-07-18T16:17:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=1219"},"modified":"2024-07-17T16:38:33","modified_gmt":"2024-07-17T14:38:33","slug":"a-la-maison-blanche-season-finale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cinefast.com\/?p=1219","title":{"rendered":"A la Maison Blanche, season finale"},"content":{"rendered":"<p>Voil\u00e0, c&rsquo;est fini. (Je ne sais pas ce qui m&rsquo;arrive, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que Jean-Louis Aubert a pris le contr\u00f4le de mon cerveau). Mais c&rsquo;est vrai, <strong>The West Wing<\/strong>, c&rsquo;est fini, apr\u00e8s sept ann\u00e9es de bons et loyaux services, deux mandats Bartlet, et 155 \u00e9pisodes : la Maison Blanche a occup\u00e9 108h de nos vies.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la force des s\u00e9ries.<\/p>\n<p>Un film peut vous envahir, vous suivre toute la vie, mais c&rsquo;est rare. Une s\u00e9rie est l\u00e0 chaque semaine, et les personnages deviennent vos amis, vos fr\u00e8res, vos amants. Tant et si bien qu&rsquo;on reluque Dona Moss, qu&rsquo;on admire CJ Cregg, et qu&rsquo;on voudrait faire le m\u00eame boulot que Josh Lyman, mais qu&rsquo;on a du mal \u00e0 citer les com\u00e9diens (Janel Moloney, Allison Janney, Bradley Whitford)&#8230;<\/p>\n<p>Si <strong>A la Maison Blanche <\/strong>est immense succ\u00e8s, c&rsquo;est d&rsquo;abord parce qu\u2019elle a su durer, et surtout se terminer en beaut\u00e9, ce qui distingue le chef d&rsquo;\u0153uvre t\u00e9l\u00e9 du <em>vulgum pecus<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.cinefast.com\/?p=191\">comme nous l&rsquo;avions expliqu\u00e9 ici.<\/a><\/p>\n<p>Ce dernier \u00e9pisode en est l\u2019exemple m\u00eame. Sans abuser de sa position de force : en 42 mn, comme les autres \u00e9pisodes, (pas d\u2019\u00e9pisode double comme dans d\u2019autres s\u00e9ries), <strong>A La Maison Blanche <\/strong>va tirer son bouquet final. Au menu, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une nouvelle administration (un candidat a gagn\u00e9, je ne vous dirais pas qui !), et le d\u00e9part de l\u2019administration Bartlet. Il y a d\u00e9j\u00e0 de quoi dire, dans cette transition extr\u00eamement brutale, o\u00f9 l\u2019on enl\u00e8ve toute trace de l\u2019ancien pr\u00e9sident en quelques heures, et o\u00f9 une \u00e9quipe s\u2019installe, cartons \u00e0 la main, pendant le m\u00eame temps. Mais <strong>A La Maison Blanche <\/strong>ne perd pas son c\u00f4t\u00e9 <em>Cheese Burger extra large<\/em>, puisqu\u2019il y associe d\u2019autres intrigues : l\u2019adaptation de la famille du nouveau pr\u00e9sident (et les consignes de s\u00e9curit\u00e9 aff\u00e9rentes) et une derni\u00e8re et douloureuse d\u00e9cision \u00e0 prendre pour le Pr\u00e9sident Bartlet. Mais surtout, l\u2019\u00e9pisode joue avec la nostalgie. C&rsquo;est nous aussi qui quittons l\u2019aile ouest de la Maison Blanche, et la s\u00e9rie, tr\u00e8s malignement, nous repasse dans toutes les pi\u00e8ces, et nous repr\u00e9sente une derni\u00e8re fois les personnages, m\u00eames les plus insignifiants\u2026<\/p>\n<p>Un dernier \u00e9pisode beau et triste \u00e0 la fois, qui vient cl\u00f4turer une histoire d\u2019amour qui dure depuis sept ans, entre le public am\u00e9ricain et cette s\u00e9rie. Car m\u00eame si les audiences ont fini par chuter,<strong> The West Wing <\/strong>est rest\u00e9e une valeur s\u00fbre aupr\u00e8s des CSP+, et donc un aimant \u00e0 spots publicitaires.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;incroyable coup de poker tent\u00e9 par Aaron Sorkin : faire une s\u00e9rie p\u00e9dagogique, haut de gamme, d\u00e9mocrate, \u00e0 une heure de grande \u00e9coute sur une des <em>Big Four <\/em>: NBC. Et ce, en plein r\u00e8gne r\u00e9publicain, 11 septembre, <em>War on Terror<\/em>, Irak et Afghanistan. On peut m\u00eame avancer que cette s\u00e9rie fut un baume au c\u0153ur des d\u00e9mocrates pendant ces huit ann\u00e9es. Une autre pr\u00e9sidence \u00e9tait possible : l\u00e0, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 ! Martin Sheen, l&rsquo;homme, fut parmi les premiers \u00e0 d\u00e9noncer la politique de Bush, comme s&rsquo;il incarnait, dans la r\u00e9alit\u00e9 cette fois, le Pr\u00e9sident Bartlet. Ce coup de poker, Sorkin l&rsquo;a r\u00e9ussi en attaquant l&rsquo;Am\u00e9rique par son point faible : le <em>feelgood movie<\/em>.<\/p>\n<p>Car ce qui peut appara\u00eetre insupportable au n\u00e9ophyte, dans les premiers \u00e9pisodes de <strong>The West Wing<\/strong>, c&rsquo;est en fait sa force : cette insupportable na\u00efvet\u00e9, cette beaut\u00e9, tant int\u00e9rieure qu&rsquo;ext\u00e9rieure, des personnages. Dans <strong>The West Wing<\/strong>, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Comme par hasard, <strong>A la Maison Blanche <\/strong>se positionne comme l&rsquo;anti-<strong>24<\/strong>, la s\u00e9rie r\u00e9ac et r\u00e9publicaine de la Fox. Le Pr\u00e9sident est t\u00eatu, et col\u00e9rique, mais il est juste et brillant. Ses collaborateurs sont beaux et id\u00e9alistes. Tellement travailleurs qu&rsquo;ils n\u2019ont m\u00eame pas le temps de baiser leur secr\u00e9taire (\u00e7a viendra) Il n&rsquo;ont pour id\u00e9al que la R\u00e9publique et l&rsquo;Am\u00e9rique. M\u00eame les r\u00e9publicains sont des gens bien.<\/p>\n<p>On pourrait sourire, nous les fran\u00e7ais sarcastiques, devant tant de patriotisme niais. Mais est-on si diff\u00e9rent ? Le Professsore se permet d&rsquo;avancer ici sa th\u00e9orie f\u00e9tiche sur les rapports USA-France : si l&rsquo;on se d\u00e9teste et l&rsquo;on s&rsquo;appr\u00e9cie autant, c&rsquo;est peut-\u00eatre qu&rsquo;on est pareils, non ? Car en cette p\u00e9riode de 14 juillet, comment nier l&rsquo;\u00e9vidence ? Qui continue (seul pays en Europe, \u00e0 notre connaissance) \u00e0 faire d\u00e9filer ses soldats le jour de la f\u00eate nationale ? Qui fait un drame quand une politique en conteste le bien-fond\u00e9 ? Ou que trois footballeurs ne chantent pas la Marseillaise ? Qui veut exporter dans le monde entier son TGV, son paquebot France, son Rafale, son Minitel, ou sa fili\u00e8re hippique ? Qui est aussi fi\u00e8re d\u2019elle-m\u00eame, de son histoire, m\u00eame la plus t\u00e9n\u00e9breuse (Napol\u00e9on) ? Qui ? L&rsquo;Am\u00e9rique \u00e9videmment, qui croit dur comme fer en sa \u00ab <em>Destin\u00e9e Manifeste <\/em>\u00bb. Il y a cent ans, nous gouvernions le monde, avec les anglais. Qui croit encore pouvoir le gouverner ? Nous, pas les anglais.<\/p>\n<p>Sorkin, en jouant \u00e0 la fois de la fibre patriote, et du m\u00e9lo, s&rsquo;est tout simplement ouvert les portes d&rsquo;une des plus grandes cha\u00eenes US. Ensuite, il a braqu\u00e9 l\u2019\u00e9pici\u00e8re et fait tout ce qu&rsquo;il voulait, c&rsquo;est \u00e0 dire une formidable le\u00e7on de politique, de diplomatie, d&rsquo;\u00e9conomie, \u00e9tal\u00e9e sur un cursus de 7 ans, en 155 le\u00e7ons de 40mn.<\/p>\n<p>Prix du p\u00e9trole, r\u00f4le du s\u00e9nat, liens sordides avec l&rsquo;Arabie Saoudite, 11 septembre, obstruction parlementaire, Isra\u00ebl, <em>Minutemen<\/em>, <em>Filibustering<\/em>, Projection Mercator, 5\u00e8me amendement, Cour Supr\u00eame, Primaire du New Hampshire, manipulation des journalistes&#8230; Dans chaque \u00e9pisode,<strong> A la Maison Blanche<\/strong> abordait au moins deux de ces sujets, parfois tr\u00e8s ardus, et les rendait simples. Une formidable le\u00e7on de t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Au del\u00e0 de l\u2019ambition \u00e9norme de <strong>The West Wing<\/strong>, sa r\u00e9ussite s\u2019explique par une maestria incroyable des codes t\u00e9l\u00e9visuels, ma\u00eetris\u00e9s aussi bien par le p\u00e8re g\u00e9niteur (Aaron Sorkin), que la famille d\u2019accueil (John Wells, devenu <em>showrunner <\/em>apr\u00e8s le burn-out de Sorkin)<\/p>\n<p>En cr\u00e9ant ces personnages formidables (les 5 \u00ab <em>Bartlet Men <\/em>\u00bb d\u2019origine (Leo, Josh, Toby, CJ, Sam), en sachant g\u00e9rer les d\u00e9parts de stars (Rob Lowe, pourtant l\u2019As de c\u0153ur de la saison 1, par Joshua Malina), en sachant faire monter ou descendre alternativement des personnages (Charlie et Zoey), <strong>A La Maison Blanche<\/strong> a r\u00e9ussi l\u00e0 o\u00f9 beaucoup ont \u00e9chou\u00e9 (<strong>Lost, 24<\/strong>\u2026)<\/p>\n<p>Mais surtout, ultime tabou, les producteurs\/sc\u00e9naristes de <strong>The West Wing <\/strong>ont os\u00e9 briser le moule originel de la s\u00e9rie, respectant en cela le rythme des institutions am\u00e9ricaines. Puisque Bartlet ne pouvait \u00eatre r\u00e9\u00e9lu, son personnage devait c\u00e9der la place \u00e0 un autre personnage principal, le candidat d\u00e9mocrate Matt Santos (formidable Jimmy Smits revenu d\u2019entre les morts de <strong>NYPD Blue<\/strong>) et son tout nouveau conseiller, Josh Lyman. Oser propulser un des seconds r\u00f4les sur le devant de la sc\u00e8ne, cr\u00e9er un nouveau personnage principal, mettre dans l\u2019ombre (tout en les conservant \u00e0 proximit\u00e9) le reste du cast, voil\u00e0 le chef d&rsquo;\u0153uvre de m\u00e9canique de pr\u00e9cision qu\u2019a r\u00e9ussi <strong>A la Maison Blanche<\/strong>*.<\/p>\n<p>Aura-t-on le courage, un jour, de revoir tout <strong>The West Wing <\/strong>? On ne sait.<\/p>\n<p>Il le faudrait, pourtant.<\/p>\n<p><em>*On imagine les n\u00e9gociations interminables avec les acteurs, si chatouilleux de leurs pr\u00e9cieuses secondes d\u2019apparition \u00e0 l\u2019\u00e9cran. <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voil\u00e0, c&rsquo;est fini. (Je ne sais pas ce qui m&rsquo;arrive, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que Jean-Louis Aubert a pris le contr\u00f4le de mon cerveau). Mais c&rsquo;est vrai, The West Wing, c&rsquo;est fini, apr\u00e8s sept ann\u00e9es de bons et loyaux services, deux mandats Bartlet, et 155 \u00e9pisodes : la Maison Blanche a occup\u00e9 108h de nos vies. C&rsquo;est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-1219","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-series-tv"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1219","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1219"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1219\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6662,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1219\/revisions\/6662"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1219"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1219"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cinefast.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1219"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}