lundi 22 janvier 2018


Topten 2017
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les films -Playlist ]

Celui qui ne répond pas aux invitations du Prince d’Avallon peut se retrouver coincé pour l’éternité dans ses brumes. Malgré mes faibles dénégations, je fus donc obligé d’honorer le rite annuel du Topten-Galette. Voici donc le résultat de ce rachitique Topten 2017, transformé en Top5 et Bottom3 :

TOPFIVE 2017

1 Certaines Femmes
2 Get Out
3 Dunkerque
4 Une Vie Violente
5 La La Land

BOTTOM 3
1 Nocturnal Animals
2 Tombé du Ciel
3 Alien:Covenant

Quant à mes petits camarades, il ont classé les films comme suit :

TOPTEN 2017

1 Le sens de la fête
2 La La Land
3 Nocturnal Animals
Dunkerque
4 Une Vie Violente
5
6 Get Out
7
8
9
10

BOTTOM 3
1 Marie Francine
2
3




lundi 22 janvier 2018


Le Livre d’Eli, nanar du jour
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Votre journée a été difficile ? Votre entretien annuel ne s’est pas déroulé comme prévu avec votre boss ?

Pas de problème, C8 a pensé à vous en diffusant ce soir, Le Livre d’Eli, le chef d’œuvre des frères Hughes.

Les avis divergeant à l’époque, entre l’eschatologie crypto-chrétienne du Framekeeper et la chronique bouffe-curé du Professore.

Néanmoins, ce Book of Eli reste un must have si vous voulez vous détendre ; rien de mieux en effet que Denzel en prophète chrétien, Mad Max style, se rafraîchissant les aisselle avec des lingettes KFC …

Pour la pizza je recommande une Hawaïenne / Quattro Stagioni avec un Ice Tea

Le livre d’Eli
C8, 21h




samedi 20 janvier 2018


Full Metal Jacket
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Quand Kubrick, en 1987, lance Full Metal Jacket, il est auréolé du succès de Shining. Pourtant, tout le monde pense qu’il arrive bien trop tard. La vague Vietnam, lancé en 1978 par Le Retour, de Hal Ashby, est en fin de cycle ; tous les grands sont passés par là et ont signé des chefs-d’œuvre : Oliver Stone, Francis Ford Coppola, Michael Cimino.

Comme tous les Kubrick, Full Metal Jacket déçoit donc de prime abord. Pas de jungle, pas d’hélico en furie sur du Wagner, pas de questionnement Nietzschéen, pas de soldat en détresse prisonnier du Viêt-minh. Au contraire, Full Metal Jacket se passe en ville (la bataille de Hue, en 1968) et est bizarrement structuré en deux parties ; une qui suit les huit semaines de classe des Marines, et l’autre où l’on retrouve deux protagonistes au Vietnam, pendant cette offensive du Têt.

Car Kubrick as une idée particulière à l’esprit ; il a détesté Officier et Gentleman, la bluette militaro-romantique de Taylor Hackford et en particulier son sergent dur mais juste. Full Metal Jacket doit régler son sort à cette mythologie.

Sa première mission va être de trouver un acteur crédible dans le rôle. Il a engagé comme consultant un vrai sergent instructeur, R. Lee Ermey, mais celui-ci ne se prive pas de dire qu’aucun des acteurs ne tient la route. D’ailleurs, il pourrait le faire, lui. Selon la légende, Kubrick lui répond gentiment non. Celui-ci lui claque alors un garde-à-vous, hurlant , que quand on parle au Drill Instructor, on se tient debout ! Kubrick, en un réflexe, s’exécute… et le recrute. Il ne le regrettera pas : Ermey est extraordinaire dans le rôle, et prouvera ensuite qu’il est capable de jouer ailleurs (Seven, Meurtres à Alcatraz, Mississipi Burning, Dead Man Walking, Toy Story !)

Le film va néanmoins être un succès et, progressivement, comme les autres Kubrick, devenir un classique tandis que la concurrence s’efface progressivement (Platoon, pour ne pas le nommer). Car comme les autres œuvres, Full Metal Jacket est riche de thématiques fortes. Voir ci-dessous.

La patrouille perdue
C’est comme si, depuis le début, Kubrick faisait toujours le même film. Depuis Peur et Désir, le thème des soldats perdus irrigue son œuvre. Soit en majeur, la patrouille égarée étant le cœur de l’intrigue (Full Metal Jacket, Les Sentiers de la Gloire, Dr Folamour, et même, d’une certaine manière, l’errance d’Eyes Wide Shut …), soit en mineur (un épisode de Barry Lyndon, les astronautes perdus dans l’espace de 2001, les droogs perdus dans la campagne anglaise d’Orange Mécanique …) Mais le thème est là, toujours présent ; des hommes se perdent, au-delà de leur ligne de front, et retournent à la sauvagerie. En se trahissant eux-mêmes (Les Sentiers de la Gloire, Orange Mécanique), ou en se s’oubliant symboliquement (Bill Hartford ou Redmond Barry). Et souvent, le sexe n’est pas loin. Redmond Barry trouve l’amour auprès d’une jolie paysanne allemande, Bill Hartford expérimente sa sexualité, les soldats de 14 des Sentiers s’émeuvent devant le chant d’une prisonnière allemande. Ici, comme dans Peur et Désir, la patrouille s’égare vraiment, et finit dans les brouillards des fumigènes. Et ici aussi, on attaque et on détruit une femme, en une ultime et dérisoire incarnation de la virilité.

La femme violée
C’est présent dès le titre de Peur et Désir ! Et le thème du viol irrigue tout le film : on parle de prendre des femmes dans toute la première partie. Et pour cause : pas une femme à l’horizon dans le dortoir de Parris Island, et pour seul trou, comme le rappelle le Sgt Hartman (« l’Homme bien Dur« ), leur M-16 !*
Le thème revient au Vietnam avec les prostituées, dont l’une refuse de coucher avec un noir à cause de son trop gros sexe, mais qui est forcé d’accepter. Et l’idée revient dans la scène finale avec la sniper vietminh…

Le masque
Il y a beaucoup de masques chez Kubrick, mais ici, c’est au premier degré. Du sergent Hartman qui joue les terreurs, mais qui demande aussi, indice de son fonctionnement, au Soldat Guignol de lui montrer sa « war face », c’est à dire un visage et un cri de guerre. Un masque. La war face de Guignol n’est pas vraiment convaincante, mais elle fera pourtant l’affaire.
Un autre masque est là, c’est celui, beaucoup plus inquiétant du Soldat Baleine. Le « visage du mal » kubrickien, déjà présent dans Shining ou Orange mécanique, c’est ce regard diabolique, vu d’en-dessous, avec son petit sourire satanique. Baleine est passé dans de l’autre côté, il est déjà en enfer. Et porte sur lui le masque du diable.

L’enfer
Le final de Full Metal Jacket est dantesque, dans le sens littéral. Ce n’est pas l’apocalypse selon St Coppola ; quelques marines contre une seule sniper, mais filmé au milieu des flammes, comme si nos personnages débarquaient au beau milieu de la Divine Comédie. Métaphoriquement en enfer, ils vont presque mourir, puis avoir à prendre une décision hors de la vie, hors de la morale. Il est facile de tuer à 100m, au bout d’un fusil, mais achever quelqu’un à bout portant n’est pas aussi simple. Ce que va apprendre Guignol à ses dépens.

Paint it, black
La chanson finale des Rolling Stones n’est pas innocente. Kubrick expliquait à l’époque à Première, qu’il avait, comme dans ses autres films, traité très attentivement la musique et essayé d’éviter les anachronismes. C’est donc de la musique de 1968, de la chanson patriotique country Hello Vietnam au Paint it black final. Mais cette chanson est bien plus importante, tant elle s’applique à toute l’œuvre kubrickienne : peindre, mais en noir.

Des bas-fonds Angelinos de l’Ultime Razzia, aux désarrois sexuels de la haute bourgeoisie newyorkaise, de l’homme conquérantdans les espaces infinis, au roturier au coeur de la lutte des classes du XVIII°siècle, Kubrick n’aura fait que peindre l’humanité en noir. Son obscurité terrible (Shining), ses bassesses (Barry Lyndon), sa bêtise crasse (Dr Folamour), son absence de repères moraux (Orange Mécanique). Kubrick, c’est l’œuvre au noir. Comme il se plaisait à le dire, la vie n’est pas comme dans les films de Frank Capra.

L’Idiot
Il y a beaucoup d’idiots chez Kubrick : George Peatty, le cocu de l’Ultime Razzia, Humbert Humbert de Lolita, le Général Turgidson de Dr Folamour, ou les parents d’Alex dans Orange Mecanique. Mais Joker est une incarnation plus subtile de la bêtise, de l’inconscience humaine. Si Joker est le pire des idiots, c’est parce qu’il est avant tout un garçon intelligent et cultivé, qui s’engage librement là où tant d’autres sont obligés d’aller à la guerre. Par goût de l’aventure, lui qui veut – moitié sérieux, moitié provocateur – découvrir une grande civilisation et être le premier de son quartier à avoir un mort à son actif.**

Mais Full Metal Jacket peint aussi une forme de résilience amorale. Joker devra affronter la réalité lors de la scène finale, et sera rattrapé par sa bêtise, mais il n’en tirera aucune rédemption. C’est le miroir inversé de la scène de la jonque dans Apocalypse Now.

Willard est le chœur grec de la tragédie du Vietnam. En achèvant un blessé, à la stupéfaction des GIs qui l’accompagnent, il est l’acteur conscient du chaos mais il en tire pour autant une morale, à la fois pour euxJe vous avais bien dit de ne pas vous arrêter ») et pour le spectateur (« Je vous avais dit de ne pas vous engager dans cette guerre stupide»). Joker, lui, est l’idiot utile. Il voulait rester un observateur narquois et distant, mais voilà que ses hommes l’obligent à mettre les mains dans le merdier : il devra achever personnellement la sniper vietminh, aux dépens de sa santé mentale, mais sans en tirer un quelconque enseignement moral.

Et par conséquent, dans le final, dantesque lui aussi (des ombres marchent à la surface incendiée d’un monde détruit) Joker sera, tel l’Alex d’Orange Mécanique, guéri.

Retourné à l’âge d’enfant, il pourra chanter tel un boy scout, la marche de Mickey Mouse aux doubles sens guerriers***. Qu’est-ce que l’armée, qu’est-ce que la guerre, sinon l’autorisation donnée aux grands garçons de retourner à une forme de bêtise enfantine ?

Joker pourra désormais vivre « dans un monde de merde », mais il sera vivant.
Et il n’aura plus peur.

*« Tonight, you pukes will sleep with your rifles. You will give your rifle a girl’s name because this is the only pussy you people are going to get. »

** « I wanted to see exotic Vietnam… the crown jewel of Southeast Asia. I wanted to meet interesting and stimulating people of an ancient culture… and kill them. I wanted to be the first kid on my block to get a confirmed kill! »

*** « We’ll have fun, we’ll meet new faces.
We’ll do things and we’ll go places.
All around the world were marching.
Who’s the leader of the club,
That’s made for you and me?
M-I-C-K-E-Y M-O-you-S-E!
Forever man has held a banner
High, high, high. High! »




vendredi 19 janvier 2018


La Terre des Pharaons
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Il faut bien l’admettre, La Terre des Pharaons, c’est Howard Hawks, et pourtant, c’est pas génial. D’ailleurs, ça n’a pas marché non plus en 1955. On voit bien que le film n’est qu’un prétexte pour aller tourner en Egypte aux frais de la Warner. L’anglais Jack Hawkins en pharaon Khéops est à peu près aussi crédible que si on castait Isabelle Huppert dans Les Hommes préfèrent les Blondes.

Et le film met du temps à décoller car il ressemble – très en avance pour le coup – à un docudrama sur la construction des pyramides, avec la belle voix fifties du doublage français (« Mââââlheur à toââââa, reine d’Egyyyypte !!! »)

Mais voilà, la deuxième partie arrive et le film commence : une nouvelle épouse, un complot. Avec une jeune débutante, belle comme un astre, et méchante comme une pie : Joan Collins.

La princesse Nellifer veut l’or du pharaon ; le pharaon veut garder cet or pour l’au-delà. C’est-à-dire enterré avec dans sa tombe. Le complot est vite éventé et la vengeance sera terrible dans la dernière scène du film.

C’est à vrai dire le seul souvenir que j’avais la Terre des Pharaons version Eddy Mitchell / Dernière Séance. Et aussi une anecdote, qui vient probablement de l’excellent Hollywood sur le Nil, le récit du tournage par Noel Howard. Les soldats égyptiens, qui faisaient office de figurants, en avait marre de tracter des fausses pierres en chantant à la gloire de Pharaon sous 40° Celsius. Mais il fallait une phrase pour simuler le chant. « Fuck Warner Bros » fit rapidement l’unanimité…




lundi 15 janvier 2018


Catherine Deneuve
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... -Les gens ]

« Oui, j’aime la liberté. Je n’aime pas cette caractéristique de notre époque où chacun se sent le droit de juger, d’arbitrer, de condamner. Une époque où de simples dénonciations sur réseaux sociaux engendrent punition, démission, et parfois et souvent lynchage médiatique. Un acteur peut être effacé numériquement d’un film, le directeur d’une grande institution new-yorkaise peut être amené à démissionner pour des mains aux fesses mises il y a trente ans sans autre forme de procès. Je n’excuse rien. Je ne tranche pas sur la culpabilité de ces hommes car je ne suis pas qualifiée pour. Et peu le sont.» […]

« Non, je n’aime pas ces effets de meute, trop communs aujourd’hui ». […]

« J’ai enfin signé ce texte pour une raison qui, à mes yeux, est essentielle : le danger des nettoyages dans les arts. Va-t-on brûler Sade en Pléiade ? Désigner Léonard de Vinci comme un artiste pédophile et effacer ses toiles ? Décrocher les Gauguin des musées ? Détruire les dessins d’Egon Schiele ? Interdire les disques de Phil Spector ? Ce climat de censure me laisse sans voix et inquiète pour l’avenir de nos sociétés. »

Dans Libération, aujourd’hui




dimanche 14 janvier 2018


Southland Tales
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

On se demandait pourquoi Southland Tales, le film du génie qui nous avait donné Donnie Darko et The Box, était resté lettre morte alors qu’il avait fait l’ouverture du Festival de Cannes. Il semble pourtant que le Snake nous avait alerté : simplement parce que Southland Tales n’est pas bon. Il a raison le Snake, le film est raté, complètement raté.

C’est intéressant a posteriori de voir ce genre de film pour comprendre que le nanar n’est jamais loin du chef-d’œuvre. Car l’ambition de Richard Kelly est immense, dans ce film ou ailleurs.

Dans Southland Tales, il veut raconter une histoire à la Philip K. Dick. Le temps a été déréglé par une nouvelle source d’énergie, et il est possible que deux avatars de votre petite personne en même temps. Kelly y agrège toutes les obsessions californiennes : fin du monde/porno/extrême droite.

Même si tout cela est très brillant, même si la fin fournit une forme de compréhension générale, le reste est bien trop abscons pour qu’on y prête attention. On saisit aussi l’intention humoristique, mais ça ne marche pas, car on n’arrive pas à s’accrocher à un personnage ou à une histoire.

On attend le prochain, Richard ?




dimanche 14 janvier 2018


El Presidente
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Quand on cherche à démontrer ce que le cinéma doit être, il y a El Presidente (La Cordillera en argentin). Une pure merveille de cinéma, caché dans un film argentin, coincé dans les profondeurs du programme du MK2, entre Coco, Paddington2 et Pitch Perfect3.

On n’y serait pas allé si le Prince d’Avalon ne nous y avait fortement invité, avec une prestation all-inclusive VTC-ciné-resto : on vient vous chercher, on vous emmène au restaurant et on vous redépose après. Avec une telle proposition, on aurait volontiers accepté La Promesse de l’Aube.

Mais peu importe, s’il s’agit de cinéma. Le cinéma, un art qui semble s’être perdu au début du XXIe siècle, qui collait côte à côte des plans et demandait aux spectateurs de réfléchir à que ça pouvait bien vouloir dire.

Dans El Presidente, l’intrigue est épaisse : on part sur une histoire de plombier, et ensuite on passe au bureau du président argentin Hernán Blanco (le chouchou Ricardo Darín). Au spectateur de se débrouiller avec ça. Et puis nous voilà au Chili, au sommet de la cordillère, pour… un sommet des pays d’Amérique du Sud. Et puis une fille du presidente qui ne va pas bien.

Évidemment le cerveau du cinéphile, complotiste comme chacun sait, cherche à relier les fils : la fille ? L’ex-gendre ? La conseillère ? La fille dans la chambre ? Et les Américains dans tout ça ? Et le plombier ? Pendant deux heures, le cerveau fonctionne à plein régime ; on ne peut pas dire ce soit le cas des films qu’on va voir ce moment. Et comme tout est sans couture apparente (jeu des acteurs, mise en scène, cadrages, musique, toute la technique reste invisible), Santiago Mitre, le réalisateur, a tout loisir de jouer avec nos nerfs. Le président est au bord d’une falaise : il va se faire pousser dans le vide ? Au bord d’une fenêtre ? Les Américains vont le tirer comme un lapin, comme à Dallas ? À chaque fois, Mitre s’avance. Profite de tous ces films qu’on a vus et qui propose des solutions au mystère. Et il s’arrête, pile au moment où ça pourrait devenir plus sérieux. Et met les spectateurs en tension jusqu’à la conclusion finale.

Jouer avec le cerveau du spectateur, ça s’appelle simplement le cinéma…




jeudi 4 janvier 2018


American Epic
posté par Professor Ludovico dans [ Documentaire ]

Petit bijou de documentaire (avec quelques longueurs*), si on aime la musique américaine, la vraie : le blues, la country, le jazz, le gospel, le hillbilly, le tex-mex.

Dans les années 20, l’essor des gramophones créé un véritable marché qui ne peut être absorbé par la variété traditionnelle, ou le jazz de la côte est. Les compagnies de disques vont donc chercher à enregistrer la musique là où elle est faite (le centre du pays), pour la vendre ensuite là où elle n’est pas encore diffusée (le centre du pays).

De sorte que des scouts se mettent à sillonner l’Amerikana, ce cœur de l’Amérique et enregistrent la musique locale : les Appalaches (The Carter Family), le Mississipi (Charley Patton, Mississipi John Hurt, Howlin’ Wolf), le Tennessee, la Caroline du Sud, l’Alabama, le Texas (Lydia Mendoza)…

Les disques vont alors se répandre dans toute l’Amérique des années trente, être oubliés, puis redécouverts (notamment lors du Folk revival par Bob Dylan). Puis, par importation, jusqu’en Angleterre, ils vont tomber dans les oreilles toute ouïe des Rolling Stones, d’Eric Clapton, d’Alexis Korner et du british blues

Si on aime l’Amérique, la musique, ou les deux, American Epic est un indispensable.

* Et encore, c’est la version courte que propose Arte… mais on aurait pu se passer des commentaires hagiographiques des descendants de ces musiciens célèbres, et avantageusement les remplacer par des musiciens actuels.

American Epic
En replay sur Arte jusqu’au 8 janvier 2018




lundi 1 janvier 2018


Topten 2017
posté par Professor Ludovico dans [ Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Cette année est tragique. Comment faire l’habituel Topten alors qu’on a vu 20 films cette année? Et que dans ces vingt films, on a revu deux films (Orange Mécanique, Mulholland Drive), vu un chef d’œuvre de… 1940 (La Dame du Vendredi) ? Que dans ces 20films, on en a détesté cordialement 6 (Nocturnal Animals, Tombé du Ciel, Hhhh, Blade Runner 2049, Les Derniers Jedi, Alien:Covenant) ?

La conclusion est simple : le Professore Ludovico n’aime plus le cinéma. En tout cas, le cinéma qui sort en salles en ce moment…

C’est tout simplement cette franchise fatigue décrite par les médias américains, le ras-le-bol de ce cinéma en collants nylon, en dessin animés moralisateurs, en franchises interminables, dont toute originalité est bannie (normal, quand on y investit deux cent millions).

De fait, il est plus simple de fournir la liste des films vus en 2017 :

1 Manchester by the Sea
2 Orange mecanique
3 La La land
4 Nocturnal animals
5 David lynch the art life
6 Certaines femmes
7 Tombé du ciel
8 Mulholland Drive
9 Get out
10 Hhhh
11 Dunkerque
12 Les Fantômes d’Ismaël
13 Le Caire Confidential
14 Que Dieu nous pardonne
15 Une vie violente
16 Blade Runner 2049
17 La Dame du Vendredi
18 Borg McEnroe
19 Star Wars les derniers Jedi
20 Alien Covenant

S’il fallait faire ressortir quelques bons films, il n’y a pas à chercher loin : Manchester by the Sea, Get Out, Dunkerque, Certaines Femmes, La La Land.

Mais en réalité j’ai plutôt regardé du cinéma… à la télévision :

1 The War Room
2 It Follows
3 Le Dernier Samaritain
4 Chaine Conjugales
5 La 317eme Section
6 Les Cavaliers
7 10, Cloverfield Lane
8 Wyatt Earp
9 The Bling Ring
10 That Thing You Do
11 La Rivière Rouge
12 Phase IV
13 Que La Fête Commence
14 The Neon Demon
15 Pulp A Film About Life
16 Full Metal Jacket
17 Heat
18 Vietnam Un Adroit Mensonge
19 Joan Didion : Le Centre Ne Tiendra Pas
20 Cuirasse Potemkine
21 Usual Suspects
22 Alamo
23 Touchez Pas Au Grisbi
24 Brick
25 Terre Des Pharaons
26 All About Eve

C’est là que j’ai vu les meilleurs films cette année (j’enlève les classiques) : It Follows et Brick

Mais c’est surtout des séries que j’ai regardées ; pas moins de 37 saisons, soit près de 400 heures de programme, l’équivalent de 200 films ! CQFD. Les voici :

1 Narcos
2 The Walking Dead saison 2
3 Show Me a Hero
4 Rocky Horror Picture Show – Lets Do The Time Warp Again
5 22.11.63
6 House Of Cards
7 Les Borgias
8 Legion
9 Stranger Things
10 Twin Peaks
11 Westworld
12 The Promise
13 The Night Of
14 Girls
15 The Leftovers
16 Missions
17 The Walking Dead Saison 3
18 The Walking Dead Saison 4
19 The Handmaid’s Tale
20 Game Of Thrones
21 Casual S3
22 Wolf Hall
23 The Wire saison 1
24 The State
25 Halt And Catch Fire
26 The Deuce
27 Vietnam
28 Curb You Enthusiasm saison 1
29 Corpus Christi
30 Stranger Things Saison 2
31 Cosmos S01
32 Curb You Enthusiasm Saison 2
33 The Wire Saison 2
34 Un Village Francais
35 Top Of The Lake
36 The Expanse
37 The Unbreakable Kimmy Schmidt

Tout n’est pas bon, mais il y a eu beaucoup de grands moments : l’évènement Westworld, les chefs d’œuvre The Night Of et Handmaid’s Tale, la dernière ligne droite Game of Thrones et Un Village Français, la fin émouvante de Halt&Catch Fire, et des surprises tardives comme Top of the Lake ou Wolf Hall

C’est ici désormais que se passe la fiction adulte, intéressante, avec des thématiques fortes, intelligentes, des personnages solides et émouvants, des intrigues passionnantes : bref l’émotion est là, sur le petit écran, accessible au bout de la télécommande, de la souris, n’importe où, n’importe quand, et n’importe comment…

C’est une guerre. Une guerre que le cinéma ne peut plus gagner.




dimanche 31 décembre 2017


Le Tigre du Bengale
posté par Professor Ludovico dans [ A vos DVD -Les films ]

Le syndrome du cinéphile est bien connu : c’est la manie du completiste. Je veux avoir vu tous les Hitchcock. Tous les Clouzot. Tous les Fritz Lang. Et c’est ça qui amène à regarder Le Tigre du Bengale (et d’autres fadaises), malgré les notes peu encourageantes de la Bible (Les Films de A à Z, de Jean Tulard)…

Ce Tigre est une curiosité : l’un des derniers films de Fritz Lang, tourné en 1959 en décors naturels (et ça donne envie d’aller en Inde !) mais avec des acteurs occidentaux pour jouer des Indiens… En allemand ! C’est tout simplement énorme.

Comme le scénario, un peu à l’eau de rose : un architecte allemand tombe amoureux d’une danseuse indienne convoitée par son maharadjah de commanditaire. Seetha va-t-elle s’enfuir avec lui ? Ou rester avec Chandrah ? On s’ennuie ferme à ce roman photo tout droit sorti de Femmes d’Aujourd’hui. Et en plus, il faut regarder Le Tombeau Hindou, pour connaitre la fin de ces trépidantes aventures.

Sauf à vrai dire pendant la danse traditionnelle (plutôt du modern jazz) interprétée par ladite Seetha. Debra Paget en collant chair, on ne s’en est pas remis.




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